Éditions — Économie
Éditions intégrales des articles Économie publiés sur Napseflow.
Le siècle du « rêve chinois »
Après le « siècle de l’humiliation » puis les erreurs de Mao Zedong, la Chine a finit par rattraper son retard de développement sur l'Occident à une vitesse incroyablement rapide. Après l'urbanisation de masse, la maîtrise de toutes les filières industrielles et la fin de l'extrême pauvreté, l'Empire du milieu entend désormais être une « civilisation écologique » et a réalisé de vrais progrès en ce sens. Si les critiques occidentales sur le manque de libertés et l'aliénation sociale restent vraies, l'expression de « rêve chinois » n'est pas infondée. Pour le journaliste allemand Fabian Scheidler, il est temps de s'intéresser réellement à la Chine, au-delà des clichés, et de comprendre en quoi consiste le « socialisme aux caractéristiques chinoises ».
Régis Debray, Pierre Assouline, Antoine Gallimard – « Lectures d’hier, lectures de demain ? »
L'ère de la littérature est-elle terminée ? Pour Régis Debray, elle régnait en maître à l'époque de la « graphosphère », où l'écriture était le medium privilégié de représentation et d'expression. Elle a été reléguée à une place subalterne avec l'émergence de la « vidéosphère » : le livre cesse le support principal de l'imaginaire collectif. Cette dépréciation de la littérature a des implications en cascade sur la société, la création et l'esthétique, que l'oeuvre de Régis Debray s'est attachée à explorer. Il revient sur ces transformations en compagnie de Pierre Assouline, écrivain et journaliste, et d'Antoine Gallimard, éditeur, dans une conférence animée par Alban Cerisier.
Au Vietnam, la scène punk en dialogue avec les autorités communistes : reportage
Contrairement à de nombreux pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est, le Vietnam n’a pas connu les soulèvements de la génération Z, en dépit de son système autoritaire et des inégalités persistantes. À Hanoï, capitale du pays profondément marquée par l’empreinte communiste, la jeunesse des scènes underground apparaît plus patiente et légitimiste que radicale et portée à la révolte. Reportage.

IA, paresse et masochisme
<p><em>Les réseaux sociaux et les médias regorgent désormais de textes et d'images générés par IA, notamment pour dénoncer les dérives de nos sociétés. Mais le faire en s’appuyant sur ces outils, c’est un peu comme éteindre un incendie avec de l’essence. Entre gaspillage, plagiat et aliénation, le recours systématique à l’IA pose question. Et si la vraie résistance, c’était d’abord de s’en passer quand elle n'est pas indispensable?</em></p>
Moldavie : derrière le rapprochement avec l’Union européenne
Le 15 juin 2026, la Moldavie et l’Union européenne (UE) ont formellement entamé les négociations en vue d’une adhésion. Déterminée à conduire son pays sur une voie européenne, la Présidente moldave Maia Sandu milite activement pour une adhésion rapide. Si la guerre en Ukraine et les tentatives russes d’ingérence ont accentué la volonté européenne d’offrir des perspectives d’adhésion à la Moldavie, des difficultés persistent. La population moldave voit d'un mauvais oeil l'engagement européen en Ukraine et la fin du gaz russe, perçu comme un facteur de renchérissement des prix de l'énergie et d'accroissement de l'inflation. Si la Moldavie affiche une volonté transpartisane de rester neutre, les derniers fonds européens impliquent une refonte de sa politique de Défense qui la rapproche de facto de l'OTAN.

États baltes: trois pays mobilisés face à la menace russe
<p>Depuis 2022 et la rupture radicale du lien Russie-Europe provoquée par la décision du Kremlin de procéder à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont en première ligne des tensions qui traversent l’Europe. Les Baltes ont désormais coutume de dire que, s’ils ne sont pas en guerre, ils ne sont plus tout à fait en paix non plus.</p>

Souveraineté économique: une voie polonaise?
<p>En Pologne, le parti conservateur et eurosceptique Droit et Justice (PiS) est en proie à un conflit interne sur sa ligne politique. Cette lutte intestine oppose les tenants de la ligne traditionnelle, nationale-populiste de Jaroslaw Kaczynski, aux partisans de l’ancien Premier ministre Mateuz Morawiecki désirant attirer un électorat plus centriste, jeune et urbain sur une ligne plus libérale en matière économique. Ces polémiques révèlent une tension qui traverse toute l’Europe: la recherche d’une souveraineté économique opérationnelle, distincte à la fois du souverainisme rhétorique et de l’intégration libérale orthodoxe.</p>
L’Union européenne, obstacle ou sous-marin pour l’internationale trumpiste ?
L’extrême droite gouverne déjà plusieurs pays, domine la vie politique dans d’autres et influence désormais les principales décisions de l’Union européenne. Les partis conservateurs traditionnels abandonnent progressivement le « cordon sanitaire » qui les séparait des mouvements à leur droite, et construisent avec eux des majorités parlementaires de plus en plus systématiques. Au sein de l'Union européenne, Ursula von der Leyen s'appuie désormais sur le groupe parlementaire dirigé par Giorgia Meloni, qui progresse jusque dans l'antre de la Commission. Dans le même temps, Donald Trump, lui, ne cache pas sa volonté de soutenir une extrême droite européenne qui lui est vassalisée, malgré toute sa rhétorique souverainiste. Analyse de ces recompositions, à l'heure où la question européenne a quasiment disparu du débat public .

Les fantômes de Tchernobyl
<p>Catastrophe majeure du XXe siècle, l’accident nucléaire survenu en 1986 a été depuis lors un enjeu de communication, à la fois en Union soviétique, puis dans les pays qui en sont issus, et dans le monde. Pendant plus de vingt ans, l’histoire de la catastrophe est restée taboue, sinon déformée. Des films récents, en contrepoint de livres, ont transformé cet événement unique en un fantôme visuel à partir des premières traces visibles de cette époque, apportées par les premiers reportages de la télévision soviétique.</p>
« L’Islam politique au service de l’impérialisme ? » La Turquie au sein de l’OTAN
La Turquie, qui a accueilli le sommet de l'OTAN début juillet, dispose de la deuxième armée de l'Alliance. Son rôle stratégique dans un ordre mondial dominé par les États-Unis l'emporte depuis longtemps sur les inquiétudes liées à son manque de normes démocratiques. Mais il y a plus : en Turquie, impératifs de sécurité extérieure et autoritarisme interne ont eu tendance à se renforcer plutôt qu'à s'opposer. Par Oğul Tuna, traduction par Alexandra Knez.

La grande peur des technologies de rupture
<p>À chaque grande vague d’innovation, une angoisse récurrente s’empare de l’opinion publique: celle de l’obsolescence de l’homme, de la destruction massive des emplois et, <em>in fine</em>, de la fin du travail. Pourtant, l’histoire économique nous enseigne avec constance que ces craintes, bien que légitimes et souvent douloureuses à court terme, se heurtent systématiquement à une réalité plus complexe et fondamentalement créatrice de valeur. Mieux, l’histoire nous apprend comment identifier les effets indésirables et les risques, et comment les minimiser tout en bénéficiant des apports positifs de la technologie.</p>
L’Odyssée, Nolan, Hollywood : un triangle d’impossibilité ?
L’adaptation de L’Odyssée par Christopher Nolan n’est ni un chef-d’œuvre ni une catastrophe industrielle. Quelques fulgurances y côtoient des choix esthétiques qui en amoindrissent la portée. Des interprétations originales du mythe grec sont bridées par les limites formelles de l'oeuvre. Pris dans les contradictions de « l’auteurisme hollywoodien », le britanno-américain accouche d’un film bâtard.

Désinformation dans le secteur agri-agro: ça n’arrive pas qu’aux autres!
<p>Désinformation, complotisme, ingérences étrangères: ces phénomènes ne concernent pas uniquement la santé, le climat ou les conflits internationaux. Le secteur agricole et agroalimentaire est lui aussi devenu une cible privilégiée de campagnes de manipulation de l’information. Entre instrumentalisation des mobilisations agricoles, diffusion de théories complotistes et attaques contre des entreprises, ces opérations cherchent à influencer les opinions et à fragiliser des filières déjà sous tension.</p>

Les progrès de l’IA mettent en tension les systèmes éducatifs
<p>À quoi bon transmettre des connaissances que la machine restitue mieux et plus vite? La question traverse le débat éducatif depuis l’arrivée d’internet, et on en conclut souvent que, puisque toute la connaissance est accessible, l’école ne doit plus dispenser des savoirs mais se concentrer sur les compétences, l’esprit critique et la capacité à chercher l’information. Cet argument a trouvé dans l’IA générative une seconde jeunesse. Cette philosophie inverse pourtant le rapport réel entre savoirs et compétences, et la dernière mutation de l’IA, avec sa bascule vers l’autonomie, rend cette inversion plus malencontreuse que jamais: superviser une machine qui travaille seule exige précisément ce que l’on propose de moins enseigner.</p>

IA: la promesse à l’épreuve des marchés
<p>L’introduction en Bourse annoncée d’OpenAI et d’Anthropic pourrait marquer un tournant majeur dans le financement de l’intelligence artificielle. En exposant directement les champions de l’IA générative au jugement des marchés, elle mettra à l’épreuve un modèle économique fondé sur des investissements colossaux et des promesses de rentabilité.</p>
« Lectures d’aujourd’hui » – Régis Debray, Laëtitia Riss, Côme Leymarie, Amaury Nauroy
L'ère de la littérature est-elle terminée ? Pour Régis Debray, elle régnait en maître à l'époque de la « graphosphère », où l'écriture était le medium privilégié de représentation et d'expression. Elle a été reléguée à une place subalterne avec l'émergence de la « vidéosphère » : le livre cesse le support principal de l'imaginaire collectif. Cette dépréciation de la littérature a des implications en cascade sur la société, la création et l'esthétique, que l'oeuvre de Régis Debray s'est attachée à explorer. Laëtitia Riss, rédactrice en chef du Vent Se Lève, Amaury Nauroy, écrivain et éditeur, et Côme Leymarie, doctorant, reviennent sur ces transformations aux côtés de Régis Debray.

Plus-values à la succession: éviter la double imposition
<p>Le débat sur la taxation des plus-values latentes lors des successions et des donations est revenu au premier plan. Pour certains économistes, le mécanisme actuel, qui efface ces plus-values lors de la transmission, constituerait un «trou noir» fiscal: des gains accumulés au fil des années ne sont jamais imposés au titre de l’impôt sur le revenu, et la fiscalité des transmissions ne corrige qu’imparfaitement cette sous-taxation des revenus du capital. Ce diagnostic doit être nuancé, et les solutions avancées sont contestables aussi bien en principe qu’en pratique.</p>

Israël: une société qui s’interroge sur son avenir
<p>Israël traverse une période charnière de son histoire. Si la guerre, les tensions régionales et les crises diplomatiques occupent l’avant-scène, les interrogations les plus profondes concernent désormais les fractures internes qui traversent la société israélienne. Entre dynamisme économique, polarisation politique, montée des extrémismes religieux et défis démocratiques, le pays s’interroge sur son avenir et sur les fondements de son unité nationale.</p>
Contrôler les sondages pour mieux les défendre ? L’histoire ambigüe de la régulation française
Proliférant à chaque élection, les sondages sont désormais omniprésents dans la vie politique. Outre leur rôle de carburant au commentaire médiatique, se pose la question de leur influence sur les électeurs. Cette crainte alimente depuis longtemps un débat sur la nécessité de les interdire. La France a préféré, depuis une cinquantaine d'années, faire le choix de la régulation. Ce cadre légal a surtout servi à légitimer les sondages face aux critiques, comme le démontre le sociologue Hugo Touzet dans L'opinion. Une enquête sur le travail des sondeurs (éditions de l'EHESS, 2025), dont cet extrait est issu.

Quelle jeunesse est prête à embarquer avec Jean-Luc Mélenchon?
<p>En vue de la présidentielle de 2027, la Fondation Jean Jaurès propose une enquête sur l’état de de gauche, ensemble qui représente 29 % de l’électorat. En construisant quatre groupes différents, le chercheur Antoine Bristelle explore les différentes familles de la gauche et leurs tropismes électoraux en se fondant sur les systèmes de valeurs et des aspirations qui animent chacun d’eux. Une analyse stimulante en soi, et en particulier sur ce qu’elle laisse voir ou supposer des attitudes politiques des jeunes générations.</p>
Le Brexit a laissé entrevoir à l’UE ce que pourrait être son propre avenir
Le 23 juin 2016 est souvent présenté comme le jour où le Royaume‑Uni s’est écarté du courant dominant en votant pour la sortie de l’Union européenne. Mais, dans les faits, la politique britannique avait simplement de l’avance, l’UE devenant petit à petit l'outil de l'extrême-droite pour mener leur politique anti‑immigration.

EPR2: pendant que Paris et Bruxelles se disputent sur le marché, la vraie question est ailleurs
<p>La presse s’est fait l’écho, début juillet, d’un bras de fer entre Paris et Bruxelles sur les futurs réacteurs EPR2. La France veut autoriser EDF à conclure des contrats de long terme de gré à gré avec des industriels et des fournisseurs concurrents ; la Direction générale de la concurrence préfère que tous les volumes transitent par la Bourse de l’électricité, afin de placer tous les acheteurs sur un pied d’égalité. Ce désaccord est réel, et il n’est pas anodin. Mais il fait écran à une question plus lourde: celle de la formule de rémunération des réacteurs eux-mêmes.</p>

Rester humain face à l’IA générative: ce que nous apprennent les jeunes travailleurs
<p>Une enquête menée auprès de jeunes professionnels en France, au Maroc et au Sénégal montre que l’IA générative n’affecte pas seulement les tâches. Elle reconfigure les conditions dans lesquelles un travail peut être habité, revendiqué et reconnu comme sien. Ce que font ces travailleurs face à ce bouleversement constitue une leçon managériale que les organisations auraient intérêt à entendre.</p>
En crise, l’industrie automobile européenne se tourne vers la guerre
Restructurations, licenciements, usines qui ferment : l’industrie automobile européenne vacille et se reconvertit dans l’armement. Elle choisit les profits pour ses actionnaires, la crise technologique et la guerre, alors que la prospérité et la paix sont possibles .

Lois fin de vie: l’essentiel est d’être au clair sur nos intentions
<p>Il aura donc fallu presque quatre ans pour que la société française parvienne à se doter d’une nouvelle législation sur la fin de vie, conciliant développement des soins palliatifs et ouverture d'un droit à l'aide à mourir. Ce long cheminement a permis de dépasser plusieurs blocages éthiques, philosophiques et pratiques. Au-delà des controverses, ces lois dessinent un équilibre inédit entre autonomie individuelle, solidarité envers les plus vulnérables et responsabilité collective.</p>

L’autodestruction de la démocratie du public
<p>La démocratie représentative traverse une crise dont les symptômes sont désormais visibles partout en Occident. L’œuvre de Bernard Manin permet d’en démêler les raisons, à partir de ce qu’il avait appelé la «démocratie du public». L’affaiblissement des partis, la personnalisation du pouvoir et la transformation du paysage médiatique alimentent une dynamique de polarisation qui fragilise les fondements du débat démocratique. Face à ce constat, peut-on refonder les conditions de la délibération et du pluralisme?</p>
Les géants de la tech vont-ils subir le sort de l’industrie du tabac ?
Les géants du numérique - Meta, Google et Apple - se heurtent à une contestation populaire croissante. Ils enchaînent les revers judiciaires majeurs, pour violation des droits des consommateurs. Au point que certains comparent les big tech à la situation de l'industrie du tabac quelques décennies plus tôt, qui a connu un rapide déclin suite à une multitude de procès. Pourtant, les profits du secteur de la tech demeurent intactes, tout comme son influence, en décorrélation totale avec ses difficultés juridiques. Par Rob Larson, traduction Alexandra Knez.

L’avenir incertain de la démocratie américaine
<p>À l’heure où les États-Unis ne sont plus unanimement considérés comme une démocratie libérale, l’évolution de leur régime politique engage bien davantage que leur seul destin national. L’ouvrage de Ran Halevi met en perspective les atteintes récentes aux principes démocratiques américains et interroge la capacité des institutions et des contre-pouvoirs à enrayer un processus de délitement dont les conséquences concernent l’ensemble des démocraties occidentales.</p>

Corsaires du numérique: l’IA et le privilège d’irresponsabilité
<p>L’ascension fulgurante des géants de l’IA tient moins au seul jeu de l’innovation qu’à une logique plus brutale, consistant à convertir en ressource disponible ce qui leur préexistait, puis à imposer leurs propres produits comme une réalité à laquelle chacun est tenu se conformer. Souvent dépeints par leurs pourfendeurs comme des pirates, les nouveaux «seigneurs de la tech», dont Sam Altman et Dario Amodei sont les figures de proue, s’apparentent en réalité davantage à des corsaires.</p>

Le Pen, Bayrou et Mélenchon face aux juges: trois destins différents, une même motivation
<p>En 2026, la justice française a rendu ses verdicts dans trois affaires de détournement de fonds publics relatif à l’emploi d’assistants au Parlement européen. Marine Le Pen a été condamnée, François Bayrou relaxé, et Jean-Luc Mélenchon non mis en examen. Derrière ces décisions contrastées se cachent des différences d’ampleur, de preuves et d’implication personnelle. Ces affaires révèlent aussi le peu de considération des responsables politiques français pour les activités du Parlement européen, et leur tendance à en faire le marchepied de leurs ambitions présidentielles.</p>
Contre le « chacun sa clim », planifier la fraîcheur
À chaque canicule meurtrière, le débat public s’enferme dans un cadre étriqué : « faut-il s’acheter une clim ? ». En réduisant l’enjeu vital de l’adaptation à une question d’équipement individuel, la question est dépolitisée et déléguée au marché. Pourtant, ces hécatombes silencieuses le rappellent : rester au frais ou suffoquer n’est pas une fatalité météorologique, mais un fait social et politique, brutalement déterminé par les inégalités. La fraîcheur ne peut plus être abandonnée au marché du chacun-pour-soi ; elle doit devenir un bien commun, à planifier et à partager, un véritable droit à la fraîcheur. Car derrière le mirage de la fuite privée, qui refroidit les salons tout en réchauffant la rue, c’est une infrastructure sociale et publique qu’il faut désormais construire.

Pourquoi la politique française ne peut plus se penser à la seule échelle nationale
<p>Dans un monde profondément interdépendant, les problèmes auxquels sont confrontés les citoyens restent vécus localement et nationalement, mais leurs causes comme leurs solutions se situent souvent à plusieurs échelles. Or le débat politique français continue largement de fonctionner comme si la nation constituait un espace autonome, au sein duquel la volonté politique pouvait librement déterminer les résultats économiques, sociaux ou environnementaux.</p>

La tentation espagnole
<p>Vue de Quimper, Paris ou Briançon, l’Espagne fait envie. Certes pas pour les températures qui y sévissent mais parce qu’au-delà des Pyrénées, la croissance économique est enviable, 2,8% contre 0,8% en France, le chômage baisse et le déficit budgétaire est repassé en dessous de 3% du PIB. Mais comment nos amis espagnols s’y prennent-ils donc? C’est bien simple, entend-on ici ou là: ils ont ouvert les vannes de l’immigration et augmenté les salaires.</p>
Les racines du trumpisme s’étendent dans toute l’histoire des États-Unis
Trump est à la fois une rupture et une continuité. Sur le plan intérieur, il veut revenir sur les acquis de la révolution des droits civiques et restaurer le pouvoir sans entraves des entreprises. À l’étranger, il utilise la même logique impériale que celle qui a dominé tous les gouvernements avant lui. Par Brian Becker, cofondateur du Parti pour le socialisme et la libération. En partenariat avec Lava Media.

La stratégie de puissance de la Turquie
<p>La Turquie accueillera les 7 et 8 juillet un sommet de l’OTAN, dont elle est membre depuis 1952. Mais cette continuité masque des évolutions significatives. La nouvelle politique étrangère développée en Turquie depuis l’accession des islamistes au pouvoir en 2002, et qui s’est affirmée à partir de 2015, a opéré une révision de ses relations internationales. Ankara est maintenant d’autant plus confronté aux bouleversement en cours au Moyen-Orient que sa nouvelle politique en a fait sa priorité.</p>

Ils veulent donner un permis de tuer à la police ?!
Le gouvernement Renaissance-LR va-t-il voter avec le soutien du RN une loi créant un permis de tuer pour la police ? Le lien vers la pétition : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334 Notre vidéo sur l'impunité des violences policières sur Osons Comprendre : https://www.osonscomprendre.com/video/violences-policieres-pourquoi-limpunite-gagne-presque-toujours/

Fable 5: IA de réserve et cyber-résistance adaptative
<p>L’épisode Fable 5, cette IA de la société Anthropic suspendue quelques semaines par l’Administration américaine, pose des questions de fond. Il ne s’agit pas seulement de se demander si un modèle d’IA peut être rendu sûr, mais de savoir si la diffusion même d’un modèle à capacité maximale, indépendamment de la qualité de ses garde-fous, ne constitue pas en soi un facteur d’aggravation de la menace qu’il prétend contenir. Ce problème a une structure bien identifiée dans le domaine biologique : c’est celle de l’<em>antibiorésistance</em>.</p>
Autonomie de la Corse : jusqu’où ira la rupture avec l’égalité devant la loi ?
« Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français ». Lors de la nuit du 4 août 1789, les députés des États Généraux abolissent officiellement les privilèges et unifient les conditions juridiques du royaume. Le programme de la Révolution ne souffre alors d’aucune ambiguïté : la rupture avec la société d’ordres passe par l’égalité, non seulement des individus mais aussi des territoires devant la loi. Deux siècles plus tard, flotterait-il un parfum d’Ancien Régime au Palais Bourbon ? Le 23 juin, la majorité des députés vient d’y proclamer l’existence d’une « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ayant développé un lien singulier à la terre corse » et de s'exp

Le phénomène RN
<p>La montée irrésistible du RN a suscité pléthore de réflexions, et pourtant on peine à rendre raison de ce phénomène. Peut-être parce qu’on a longtemps manqué d’outils pour le penser, peut-être aussi parce que le premier réflexe est resté la stigmatisation. Depuis quelques années, on voit émerger des analyses qui tentent enfin de s’en prendre au cœur du sujet. Le livre de Patrick Lehingue et Bernard Pudal offre une utile synthèse de ces travaux et ouvre quelques pistes.</p>
À qui profite la prolifération des « start-up » dans l’Éducation nationale ?
Avec l'adoption du budget 2026, ce sont 4032 postes d'enseignants qui ont été supprimés. Dans un contexte assumé de réduction budgétaire, l’Education Nationale figure parmi les ministères touchés par les arbitrages gouvernementaux. Mais un secteur se porte très bien : celui des start-up spécialisées dans l’enseignement. Elles s'appellent Projet Voltaire, Spicee, Edumalin, ou encore Sondo. Si leur utilité demande encore à être démontrée, elles bénéficient de subventions massives. Et une nébuleuse d'acteurs, oscillant entre le Ministère de l'Education nationale et cette nébuleuse privée, en fait désormais la promotion. Au risque de conflits d'intérêts, masqués par un discours technophile ?

Mieux définir le «masculinisme» pour le combattre efficacement
<p>Le terme de «masculinisme» s’est imposé ces dernières années pour désigner des discours qui font l’apologie des violences envers les femmes, qui appellent à la réduction de leurs droits ou à leur subordination aux hommes. La diffusion de ces discours et les dangers qu’ils représentent font désormais l’objet d’une préoccupation largement partagée. Une définition précise et circonscrite de ces phénomènes est indispensable à une action efficace. Pourtant, les travaux sur le sujet adoptent des définitions vagues et extensives, comme l’illustre un récent rapport du Sénat.</p>

Pologne-Ukraine: derrière l’alliance militaire, la discorde mémorielle
<p>En retirant au président Zelensky l’Ordre de l’Aigle blanc, le président nationaliste polonais, Karol Nawrocki, a déclenché une «guerre des décorations» entre Pologne et Ukraine. L’alliance polono-ukrainienne, structurante pour l’effort de guerre de Kiev, est aujourd’hui fissurée sur le plan mémoriel, politique et économique. L’union sacrée autour de l’Ukraine est-elle en danger à l’est de l’Europe?</p>

Les banques centrales indépendantes prennent plus de risques, et non moins
<p>Selon la théorie de la «domination budgétaire», les banques centrales soumises à des pressions politiques sont plus susceptibles d’être poussées à prendre des positions risquées, tandis que celles qui sont indépendantes y résistent. Mais de nouvelles estimations suggèrent le contraire. Pourquoi?</p>

Faut-il installer la clim partout en France ?
Pour ou contre la climatisation ? Notre thèse : la gauche écologique devrait aujourd'hui défendre la clim', mais pas n'importe quelle clim. Découvrez comment la climatisation peut même être - si elle est bien utilisée - une alliée du climat. Notre site : https://www.osonscomprendre.com Plus de 100 vidéos claires, sourcées et bien illustrées pour se repérer dans les grands enjeux : climat, énergie, politique, économie. Sources détaillées à venir.
Lancement du projet Prospective Europe
Bolivie : rétrospective du soulèvement
Au pouvoir depuis novembre 2025, le gouvernement de Rodrigo Paz (centre-droit) a fait face à une vague de sièges et de grèves qui ont paralysé le pays durant près de deux mois. En cause : la politique de suppression des subventions et de libéralisation impulsée par l'exécutif bolivien. Des barrages routiers, formés par des millions de paysans, pour la plupart indigènes, ont encerclé La Paz et se sont maintenus dans cinq des neuf départements de la Bolivie : Santa Cruz, Oruro, Potosí, Chuquisaca et Cochabamba. La revendication centrale des manifestants était claire : obtenir la démission du président. Si un accord a été trouvé entre les protestataires et le président, le mouvement est le symptôme d'une lame de fond qui continuera de parcourir la Bolivie.
Automobile et Mobilités routières : s’engager pleinement dans la décarbonation

L’Arménie, test concret pour l’Europe stratégique
<p>L’Arménie oblige la France et l’Union européenne à répondre à une question simple : que vaut une politique européenne de souveraineté lorsqu’un petit État, longtemps dépendant de la Russie, cherche réellement à s’en dégager?</p>

La climatisation est-elle l’apanage des réacs?
<p>La canicule de juin 2026 a révélé une France divisée face à la climatisation. Entre ceux qui y voient une hérésie écologique, à bannir pour éviter d’aggraver la situation, et ceux qui la considèrent comme un équipement nécessaire, qui manque cruellement aux populations les plus vulnérables, le débat s’envenime. Et si la climatisation n’était ni une trahison ni une solution miracle, mais simplement un outil parmi d’autres pour s’adapter à un climat déjà bouleversé?</p>
Pérou : de quoi Roberto Sánchez est-il le nom ?
Keiko Fujimori, candidate de l'extrême droite et fille de l'autoritaire Alberto Fujimori (président de 1990 à 2000), est donnée gagnante du scrutin présidentiel. Face à la minceur de l'écart (seulement 40.000 voix d'avance) et aux irrégularités qui semblent avoir entaché le scrutin, Roberto Sánchez exige le recomptage des votes. Ancien ministre du Commerce extérieur de Pedro Castillo, président historique du parti de gauche Juntos por El Peru, il est parvenu à fédérer une partie importante des territoires qui avaient permis la victoire de Pedro Castillo en 2021. Toutefois, si cette candidature s’inscrit pleinement dans la continuité de l'ancien leadership, elle en révèle également ses limites, à la fois géographique et programmatique - témoignant d’une recomposition plus complexe des rapports de force sociologiques et géographiques, loin d’un cliché entre une opposition de Lima face au Sud andin.

