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Économie

Régis Debray, Pierre Assouline

LVSL · mis à jour 3 août

L'ère de la littérature est-elle terminée ? Pour Régis Debray, elle régnait en maître à l'époque de la « graphosphère », où l'écriture était le medium privilégié de représentation et d'expression. Elle a été reléguée à une place subalterne avec l'émergence de la « vidéosphère » : le livre cesse le support principal de l'imaginaire collectif.

La littérature en déclin

Régis Debray, intellectuel et philosophe français, évoque une époque révolue où la littérature dominait l’imaginaire collectif : la « graphosphère », une période où l’écrit était le principal vecteur de culture et de transmission des idées. Selon lui, cette ère s’est achevée avec l’avènement de la « vidéosphère », marquée par la prédominance de l’image et des médias audiovisuels, reléguant le livre à une place secondaire. Cette transformation, qui s’est opérée progressivement, a des conséquences profondes sur la société, notamment en modifiant la manière dont les individus perçoivent le monde et se cultivent. La conférence organisée par la Fondation Res Publica en décembre 2025 à la Bibliothèque nationale de France (BnF) a exploré ces enjeux, réunissant Debray avec Pierre Assouline, écrivain et journaliste, et Antoine Gallimard, éditeur majeur en France.

Les ères culturelles

La « graphosphère » désigne une période historique où l’écriture et le livre occupaient une place centrale dans la diffusion des savoirs et des récits. Régis Debray utilise ce terme pour évoquer une époque où la lecture était le principal moyen d’accès à la culture, avant l’essor des médias audiovisuels. Avec la « vidéosphère », l’image, la télévision et désormais les réseaux sociaux sont devenus les supports privilégiés de l’information et de l’imaginaire. Cette transition a entraîné une dévalorisation relative de la littérature, qui n’est plus le medium dominant pour façonner les représentations collectives. La conférence de décembre 2025 a permis d’analyser ces changements et leurs impacts sur la création artistique et la société.

Un débat à la BnF

Le colloque intitulé « Lectures d’hier, lectures de demain ? », organisé les 16 et 17 décembre 2025 à la Bibliothèque nationale de France (BnF), a réuni Régis Debray, Pierre Assouline et Antoine Gallimard pour discuter de l’avenir de la littérature. Animé par Alban Cerisier, cet événement a abordé les défis posés par la « vidéosphère » et la place du livre dans un monde dominé par les écrans. La BnF, institution majeure du patrimoine culturel français, a servi de cadre à ce débat, soulignant l’importance de la réflexion sur la transmission des savoirs. Le Vent Se Lève, média organisateur de l’événement, a diffusé les conférences en ligne pour en élargir l’audience.

Les intervenants clés

Régis Debray est un philosophe, écrivain et ancien diplomate français, connu pour ses travaux sur les médias et la culture. Pierre Assouline, écrivain et journaliste, est une figure reconnue du paysage littéraire français, auteur de plusieurs romans et essais. Antoine Gallimard, héritier et dirigeant du groupe Gallimard, est l’un des éditeurs les plus influents en France, avec un catalogue riche de milliers d’ouvrages. Leur rencontre lors de cette conférence a permis d’aborder la question de la littérature sous trois angles : celui de l’intellectuel, du journaliste et de l’éditeur. Leurs échanges ont mis en lumière les tensions entre tradition et modernité dans le domaine culturel.

Ce que ça pourrait changer

La marginalisation de la littérature au profit des médias audiovisuels a des répercussions sur la société dans son ensemble. Régis Debray souligne que cette évolution affecte non seulement la création artistique, mais aussi la manière dont les individus pensent, s’informent et se cultivent. La *« vidéosphère »* favorise une consommation passive et fragmentée de l’information, au détriment d’une réflexion approfondie et linéaire, typique de la lecture. Cette transformation pose des questions sur l’avenir de l’éducation, de la démocratie et de la transmission des savoirs. La conférence de décembre 2025 a permis d’explorer ces défis et leurs implications pour les générations futures.

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