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Économie

Le vote Mélenchon, un vote utile mais pour qui?

Telos · mis à jour il y a 16 j

À moins d’un an de la présidentielle, les sondages placent Jean-Luc Mélenchon en position de disputer à Édouard Philippe l’accès au second tour face à Marine Le Pen. Mais si le leader de LFI peut revendiquer le «vote utile» à gauche, les projections du second tour renversent la proposition: sa qualification assurerait une victoire de madame Le Pen.

Sondages 2027

Trois instituts de sondage ont publié en août 2026 les intentions de vote pour l'élection présidentielle française de 2027. Leurs résultats sont très proches : Marine Le Pen (Rassemblement National) est quasi certaine de se qualifier pour le second tour. Dans le cas où le centre serait représenté par un seul candidat, Édouard Philippe (Horizons), Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) pourrait aussi se qualifier. Cependant, si Édouard Philippe est seul face à Le Pen au second tour, sa victoire est possible, tandis que celle de Mélenchon semble très improbable. Les chiffres montrent que Le Pen l'emporterait dans les deux scénarios, mais avec des écarts différents selon son adversaire.

Vote utile ambigu

Jean-Luc Mélenchon présente son vote comme un vote utile pour la gauche, affirmant que voter pour lui au premier tour maximiserait les chances de qualification de la gauche au second tour. Cependant, les sondages indiquent que si Mélenchon se qualifie, il affronte presque systématiquement Marine Le Pen au second tour, et perdrait face à elle. Ainsi, voter Mélenchon au premier tour serait un vote utile… mais uniquement pour Marine Le Pen. En effet, les électeurs de gauche souhaitant empêcher l'élection de l'extrême droite devraient éviter de voter pour Mélenchon, car cela augmenterait les risques de victoire de Le Pen.

Fracture à gauche

Le faible score de Mélenchon s'explique en partie par la division de la gauche. Les électeurs de Raphaël Glucksmann (Parti Socialiste) ne se reportent que à 26 % sur Mélenchon au second tour, préférant souvent s'abstenir ou ne pas choisir entre lui et Le Pen. Cette rupture est durable : 30 % des électeurs de Glucksmann n'expriment même pas d'intention de vote en cas de duel entre Mélenchon et Le Pen. Les électeurs de centre-gauche et du centre refusent massivement de soutenir Mélenchon, le considérant comme un danger pour la démocratie. Cette division affaiblit Mélenchon et renforce Le Pen.

Défis pour Philippe

Édouard Philippe, candidat du centre, doit relever un défi majeur pour l'emporter : élargir son électorat. Seuls un tiers des électeurs de Mélenchon du premier tour voteraient pour lui au second tour, et à peine plus de la moitié des électeurs de Bruno Retailleau (Les Républicains) feraient de même. De plus, 30 % des électeurs de Glucksmann restent indécis. Pour gagner, Philippe doit donc convaincre une partie des électeurs de gauche et de droite modérée, ce qui est un challenge redoutable selon l'article. Sa victoire dépendra de sa capacité à rassembler au-delà de son camp.

Ce que ça pourrait changer

Les reports de voix entre les deux tours révèlent une mécanique électorale défavorable à Mélenchon. En cas de qualification de Mélenchon au second tour, les électeurs de Glucksmann et du centre-gauche préfèrent souvent s'abstenir plutôt que de voter pour lui, par crainte de l'extrême droite. À l'inverse, Édouard Philippe bénéficie d'un report plus important des voix de Retailleau, mais reste en difficulté face à Le Pen. Cette dynamique montre que le *front républicain* (alliance contre l'extrême droite) est affaibli, et que la gauche est profondément divisée, ce qui profite à Marine Le Pen.

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