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PISA 2025 : l’IA est-elle responsable de la baisse des résultats ?

Source unique·il y a 10 j

Les résultats décevants de l’enquête PISA 2025, marquée par une chute historique des performances en mathématiques et en lecture, alimentent un débat récurrent : l’intelligence artificielle générative en serait-elle la cause ? Pourtant, l’analyse des données révèle une chronologie troublante, où la dégradation des compétences précède l’essor de ces outils. L’enjeu n’est donc pas tant d’incriminer l’IA que de comprendre comment son usage, selon qu’il se substitue ou soutient l’effort cognitif, redéfinit les contours de l’apprentissage moderne.

Dans quelle mesure la baisse des résultats PISA 2025 est-elle directement liée à l’IA générative ?

Les données de l’OCDE montrent que la dégradation des performances en mathématiques (-22 points) et en lecture (-28 points) entre 2015 et 2025 s’inscrit dans une tendance antérieure à la généralisation de l’IA générative. La chute des résultats en France, par exemple, s’amorce avant la pandémie de Covid-19, bien avant que les outils d’IA ne deviennent accessibles. L’IA ne peut donc être tenue pour responsable de cette baisse, même si son usage massif soulève des questions sur la qualité de l’apprentissage.

Quels pays obtiennent les meilleurs résultats PISA 2025 malgré des stratégies d’IA très différentes ?

Parmi les systèmes éducatifs les plus performants, le Japon, la Corée, Singapour et l’Estonie se distinguent. Pourtant, leurs approches de l’IA divergent radicalement : le Japon et l’Estonie affichent une utilisation faible des chatbots, tandis que Singapour intègre massivement ces outils. L’OCDE souligne que ces pays partagent en revanche une gestion rigoureuse de la distraction numérique en classe, avec moins de 10 % d’élèves déclarant que leurs camarades sont distraits par des appareils numériques, contre 28 % en moyenne dans l’OCDE.

Quel type d’usage de l’IA semble le plus préjudiciable aux résultats scolaires ?

L’OCDE établit une corrélation entre l’usage intensif de l’IA (plusieurs fois par semaine) et des résultats inférieurs à ceux des utilisateurs modérés (1 à 2 fois par mois). Les élèves qui n’utilisent jamais l’IA obtiennent en moyenne de meilleurs scores, mais cette association ne prouve pas un lien causal direct. L’enjeu réside surtout dans la distinction entre les usages qui remplacent l’effort cognitif (résumer, rédiger) et ceux qui le soutiennent (fournir des indices, des explications), ces derniers étant associés à de meilleures performances.

Pourquoi l’OCDE insiste-t-elle sur la nécessité de préserver l’effort cognitif malgré l’IA ?

L’OCDE rappelle que l’apprentissage exige une régulation active de l’effort mental, notamment pour les tâches complexes. L’IA, en facilitant l’accès aux réponses, risque de réduire la nécessité de mobiliser des processus cognitifs profonds (compréhension, argumentation, résolution de problèmes). Les pays performants, comme le Japon ou la Corée, semblent y parvenir en limitant les distractions numériques et en encadrant strictement l’usage des outils d’IA, afin que ces derniers restent des supports plutôt que des substituts à l’apprentissage.

Ce que ça pourrait changer

Cette analyse invite à repenser les politiques éducatives autour de deux axes : d’abord, la régulation des usages numériques pour limiter les distractions et préserver l’attention ; ensuite, la formation des élèves à un usage critique et stratégique de l’IA, où la technologie sert l’apprentissage sans en réduire la charge cognitive. À défaut, le risque est une fragmentation des compétences, où les élèves maîtrisent des outils mais peinent à développer une pensée autonome et structurée.

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