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DROIT

Démission : la renonciation à la clause de non-concurrence notifiée hors délai oblige à payer la contrepartie. Par Alexandre Frech, Avocat.

Source unique·il y a 6 j

La gestion des clauses de non-concurrence lors d’une démission soulève une question de timing : jusqu’à quand l’employeur peut-il renoncer à son application sans déclencher l’obligation de verser la contrepartie financière ? Un arrêt rendu en 2026 par la chambre sociale clarifie les échéances, révélant que la rigueur des délais contractuels prime sur les marges de manœuvre, y compris en période de crise sanitaire. Cette décision met en lumière les risques juridiques et financiers liés à une mauvaise appréhension des procédures de départ.

Quel est le critère déterminant pour apprécier la validité d’une renonciation à la clause de non-concurrence en cas de démission ?

Le critère central est la date de notification de la rupture et non celle de la fin du préavis. L’employeur doit notifier sa renonciation au plus tard à l’une des deux dates suivantes : le terme du délai contractuel (ici, 15 jours à compter de la notification de la rupture) ou la date effective de départ du salarié. Passé l’un ou l’autre, la contrepartie financière devient due, même si la renonciation est envoyée avant la fin du préavis.

Pourquoi l’argument de l’état d’urgence sanitaire avancé par l’employeur a-t-il été rejeté par la Cour ?

La Cour a considéré que la faculté de renonciation prévue par le contrat ne constituait pas une résiliation de convention au sens de l’ordonnance du 25 mars 2020. Cette distinction est cruciale : les règles de prorogation des délais liées à l’état d’urgence ne s’appliquent qu’aux résiliations de contrats, et non aux options unilatérales comme la levée d’une clause de non-concurrence.

Quelles sont les conséquences financières pour l’employeur s’il notifie sa renonciation hors délai ?

L’employeur doit verser la contrepartie financière pour toute la durée de la clause de non-concurrence, sans possibilité de modulation par le juge. Cette indemnité, assimilée à un salaire différé, génère également des congés payés afférents. Une négligence de quelques jours peut ainsi entraîner un passif disproportionné, surtout pour des clauses longues (jusqu’à deux ans) avec des montants substantiels.

Comment les entreprises peuvent-elles sécuriser leur gestion des clauses de non-concurrence lors des départs ?

Deux mesures sont recommandées : d’abord, auditer les clauses en vigueur pour identifier le point de départ des délais de renonciation et, si nécessaire, le modifier pour les contrats futurs. Ensuite, intégrer systématiquement la question de la non-concurrence dans la procédure de traitement des départs, en notifiant par écrit l’arbitrage (maintien ou renonciation) dès réception de la démission, avant même la fin du préavis.

Ce que ça pourrait changer

Cette jurisprudence renforce la nécessité pour les employeurs de traiter les clauses de non-concurrence comme une urgence procédurale, sous peine de coûts financiers imprévus. Pour les salariés, elle offre une sécurité juridique accrue, mais exige une vigilance immédiate au moment du départ. À plus long terme, elle pourrait inciter les entreprises à revoir leurs pratiques contractuelles pour éviter des contentieux coûteux, tandis que les salariés gagneront en clarté sur leurs droits dès la notification de leur démission.

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