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Cancer de la prostate : le type de gras consommé après le traitement est important

ICI Radio-Canada · mis à jour 9 sept.

Le risque de décès serait plus élevé pour les hommes consommant plus de graisses saturées et animales..

Graisses saturées et risque

Une étude menée par des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université Harvard, publiée en 2026, révèle que les hommes ayant survécu à un cancer de la prostate non métastatique (un cancer localisé qui ne s’est pas propagé à d’autres organes) doivent surveiller leur consommation de graisses saturées. Ces graisses, principalement d’origine animale comme celles présentes dans la viande rouge, les produits laitiers gras ou le beurre, sont associées à une augmentation de la mortalité globale chez ces patients. Plus précisément, les hommes consommant le plus de graisses saturées présentent un taux de mortalité supérieur de 24 % à ceux en consommant le moins. Sur une période de dix ans, ce risque se traduit par 26,4 % de décès chez les premiers contre 23,4 % chez les seconds, soit environ trois décès supplémentaires pour 100 hommes. Cette hausse de la mortalité s’explique surtout par une augmentation des décès liés aux maladies cardiovasculaires (comme les crises cardiaques ou les AVC) et à d’autres cancers non prostatiques. Le professeur David P. Labbé, coauteur de l’étude, précise que ces graisses saturées ne favorisent pas directement une récidive ou une aggravation du cancer de la prostate, mais augmentent le risque de mourir d’autres causes.

Graisses mono-insaturées bénéfiques

L’étude montre que les graisses mono-insaturées, présentes dans des aliments comme l’huile d’olive, les avocats, les fruits à coque (amandes, noix) ou les graines (lin, courge), ont un effet inverse. Une consommation plus élevée de ces graisses est associée à une baisse de la mortalité, principalement en réduisant les décès par maladies cardiovasculaires. Selon les modèles statistiques, remplacer environ 5 % des calories quotidiennes issues de graisses saturées par des graisses mono-insaturées pourrait diminuer le taux de mortalité globale de 20 %. Ces résultats suggèrent que ces graisses pourraient jouer un rôle protecteur pour la santé à long terme des patients. Cependant, les auteurs soulignent que leur étude établit des associations (des liens observés) et non une relation de cause à effet directe. Autrement dit, elle ne prouve pas que les graisses mono-insaturées réduisent la mortalité, mais montre que les hommes qui en consomment davantage ont tendance à vivre plus longtemps.

Graisses végétales vs animales

Les chercheurs ont également observé que le remplacement des graisses d’origine animale (comme celles des viandes ou des produits laitiers) par des graisses d’origine végétale (provenant de légumineuses, céréales ou huiles végétales) est associé à une baisse de la mortalité globale. Un modèle statistique indique que remplacer environ 10 % des calories quotidiennes issues de graisses animales par des graisses végétales pourrait réduire le taux de mortalité de 16 %. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots) et certains aliments comme les noix ou les graines sont des sources de protéines végétales et de graisses saines. Les auteurs précisent que ces résultats ne doivent pas être interprétés comme une recommandation d’éliminer totalement les produits animaux, mais plutôt comme une invitation à diversifier les sources de graisses dans l’alimentation. La professeure Lorelei Mucci, coautrice de l’étude, rappelle que la santé cardiovasculaire et globale est un aspect clé des soins pour les patients atteints d’un cancer de la prostate, d’autant plus que certains traitements peuvent avoir des effets négatifs sur le métabolisme ou le système cardiovasculaire.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude s’appuie sur le suivi de 5 000 hommes atteints d’un cancer de la prostate non métastatique pendant une période médiane de 12,8 ans, avec des données recueillies sur plus de 30 ans. Parmi ces participants, 3 000 sont décédés, dont 800 de maladies cardiovasculaires, 500 d’autres cancers et 440 du cancer de la prostate. Les chercheurs ont pris en compte divers facteurs influençant la survie, tels que l’âge, le stade de la tumeur, le traitement reçu, le tabagisme, l’activité physique ou le poids corporel. Les conclusions ont été publiées dans le *JAMA Network Open*, une revue scientifique de référence. Les auteurs insistent sur le fait que leurs résultats ne constituent pas une preuve absolue, mais une tendance à observer. Ils recommandent une approche globale pour les patients, incluant un poids santé, une activité physique régulière et l’arrêt du tabac, en plus d’une alimentation équilibrée. Au Canada, environ 300 000 hommes vivent avec un cancer de la prostate.

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