PISA 2025 and school rankings: are we asking the right questions about schooling?
Les résultats de l’enquête PISA 2025 confirment un recul généralisé des performances scolaires dans les pays de l’OCDE, y compris en France, où les baisses en mathématiques et en lecture atteignent des niveaux inédits. Mais au-delà des classements, ces données soulèvent une question plus fondamentale : que devient l’école dans une société où l’accès à l’éducation ne garantit plus, à lui seul, l’acquisition des compétences nécessaires pour s’adapter aux défis du XXIe siècle ? L’enjeu n’est plus seulement quantitatif, mais qualitatif, interrogeant la capacité des systèmes éducatifs à transformer le temps passé en apprentissage effectif et durable.
Quels sont les chiffres exacts de la baisse des performances en France selon PISA 2025 ?
Entre 2022 et 2025, la France a enregistré une chute de 18 points en lecture et de 16 points en mathématiques, portant son score moyen à 456 points en lecture (contre 461 pour la moyenne de l’OCDE) et 458 en mathématiques (contre 463). En sciences, la France se situe à 483 points, soit presque exactement la moyenne de l’OCDE (482).
Pourquoi les comparaisons internationales comme PISA sont-elles utiles, et pourquoi ne suffisent-elles pas à expliquer les performances d’un pays ?
Les classements PISA permettent d’identifier des tendances globales et des trajectoires de réforme, mais ils ne rendent pas compte des spécificités locales ni des mécanismes concrets qui transforment les ressources éducatives en compétences. Leur utilité réside davantage dans la formulation de questions pertinentes que dans la proposition de modèles à reproduire. Par exemple, une politique efficace dans un pays peut échouer ailleurs en raison de différences contextuelles.
Quel rôle jouent les inégalités sociales dans le déclin des performances scolaires en France ?
Contrairement à une idée reçue, les difficultés du système éducatif français ne concernent pas uniquement les élèves défavorisés : elles touchent aussi les élèves issus de milieux favorisés et, dans certains cas, les meilleurs élèves. Cette double problématique — inégalités persistantes et niveau général insuffisant — révèle un dysfonctionnement structurel, où l’accès universel à l’école ne s’accompagne pas d’une démocratisation qualitative des apprentissages.
En quoi l’intelligence artificielle redéfinit-elle les attentes envers l’école, selon l’article ?
L’IA transforme radicalement les modalités d’acquisition des savoirs en offrant des solutions instantanées (traductions, résumés, exercices résolus), ce qui pourrait minimiser l’importance de certaines connaissances factuelles. Pourtant, PISA souligne que les compétences en déclin — comme l’évaluation critique de l’information ou la comparaison de sources — sont précisément celles qui deviennent indispensables dans un environnement saturé de données. L’école doit donc désormais former à apprendre à apprendre, plutôt qu’à accumuler des savoirs statiques.
Ce que ça pourrait changer
Ces résultats pourraient accélérer une remise en question des politiques éducatives centrées sur les moyens financiers ou les réformes successives, au profit d’une approche plus systémique où l’efficacité dépend de la capacité des acteurs à observer, expérimenter et ajuster leurs pratiques. À l’ère de l’IA, l’enjeu n’est plus seulement de mesurer les performances, mais de garantir que l’école forme des individus capables de s’adapter à un monde en mutation permanente. Cela pourrait aussi conduire à une réévaluation des indicateurs de succès, au-delà des classements internationaux.

