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SCIENCES

Anna Serra, nutritionniste : « À 60 ans, un plat de lentilles aux légumes et à l’huile d’olive peut être nutritionnellement plus intéressant que de nombreux produits que l'on considère pourtant comme

Source unique·il y a 11 j

Alors que les super-aliments et compléments nutritionnels inondent le marché sous couvert de promesses santé, une nutritionniste relativise leur suprématie en mettant en lumière des plats traditionnels, comme les lentilles aux légumes et à l’huile d’olive. À 60 ans, leur équilibre nutritionnel pourrait surpasser celui de nombreux produits labellisés, soulevant une question cruciale : et si la clé d’une alimentation saine résidait moins dans l’innovation marketing que dans la simplicité des recettes ancestrales ? Cette remise en perspective interroge les fondements mêmes de notre rapport à la nutrition à l’âge mûr.

En quoi un plat de lentilles aux légumes et à l’huile d’olive peut-il être nutritionnellement plus intéressant que des super-aliments à 60 ans ?

Selon la nutritionniste Anna Serra, ce plat combine des protéines végétales de haute qualité, des fibres, des vitamines et des antioxydants, le tout dans une matrice alimentaire équilibrée et peu transformée. Contrairement à certains super-aliments souvent hypés pour des composés isolés (comme les baies de goji ou les graines de chia), il offre une synergie nutritionnelle difficile à reproduire artificiellement, tout en étant accessible et peu coûteux.

Quels sont les critères qui font de ce plat un choix privilégié pour les seniors ?

Anna Serra souligne que les lentilles apportent des protéines complètes, essentielles pour lutter contre la sarcopénie (perte musculaire liée à l’âge), tandis que l’huile d’olive, riche en acides gras mono-insaturés, soutient la santé cardiovasculaire. Les légumes ajoutent des micronutriments et des fibres, favorisant la satiété et la santé intestinale, deux enjeux majeurs après 60 ans.

Pourquoi les super-aliments sont-ils souvent surévalués dans les discours nutritionnels contemporains ?

La nutritionniste pointe du doigt une tendance à isoler des composants spécifiques (comme les antioxydants ou les oméga-3) pour les présenter comme des solutions miracles, alors que leur efficacité dépend largement du contexte alimentaire global. Ces produits, souvent chers et peu accessibles, négligent l’importance de la matrice alimentaire, qui influence l’absorption et l’efficacité des nutriments.

Ce que ça pourrait changer

Cette remise en cause des super-aliments pourrait inciter à réévaluer les recommandations nutritionnelles pour les seniors, en privilégiant des régimes traditionnels et durables plutôt que des produits marketing. Elle invite aussi à interroger la pertinence des allégations santé sur les emballages, souvent basées sur des études isolées plutôt que sur des preuves globales. Enfin, elle rappelle que l’accès à une alimentation équilibrée reste un enjeu de santé publique, bien au-delà des tendances éphémères.

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