Will Tullet, historien des odeurs : « On apprend aux enfants à lire et à compter, il faut aussi leur apprendre à sentir »
L’olfaction, souvent reléguée au rang de sens secondaire dans les apprentissages scolaires, pourrait pourtant jouer un rôle clé dans le développement cognitif et sensoriel des enfants. Will Tullet, figure émergente de l’histoire des odeurs, plaide pour une éducation olfactive aussi structurée que l’enseignement de la lecture ou des mathématiques. Son plaidoyer soulève une question plus large : pourquoi une compétence aussi fondamentale que la perception des odeurs reste-t-elle absente des programmes éducatifs, et quels enjeux culturels et scientifiques cela révèle-t-il ?
Quelle est la proposition centrale de Will Tullet concernant l’éducation olfactive ?
Will Tullet, qualifié d’historien des odeurs, défend l’idée d’intégrer l’apprentissage de l’olfaction dans les programmes scolaires, au même titre que la lecture ou le calcul. Il estime que cette compétence sensorielle, aujourd’hui négligée, pourrait enrichir la perception du monde des enfants et favoriser une relation plus consciente avec leur environnement.
En quoi l’olfaction est-elle un sens sous-estimé dans nos sociétés modernes ?
Selon Tullet, les sociétés contemporaines accordent peu d’importance à l’éducation olfactive, contrairement à d’autres cultures ou époques où les odeurs jouaient un rôle central dans la communication, la médecine ou même la spiritualité. Cette omission reflète une forme de réductionnisme sensoriel, où le sens de l’odorat est perçu comme moins fiable ou moins utile que la vue ou l’ouïe, alors qu’il est pourtant essentiel à la mémoire et à l’identification.
Quels arguments Tullet avance-t-il pour justifier l’intégration de l’olfaction dans l’éducation ?
Tullet s’appuie sur des travaux en neurosciences et en psychologie pour montrer que l’odorat est lié à la mémoire émotionnelle et à la reconnaissance des environnements. Il souligne aussi que cette compétence pourrait améliorer la conscience environnementale, en permettant aux individus de mieux identifier les polluants ou les produits naturels, par exemple.
Ce que ça pourrait changer
Si l’idée de Tullet était adoptée, cela pourrait entraîner une refonte des programmes scolaires, avec l’introduction de modules dédiés à l’éducation olfactive. À plus long terme, cela pourrait aussi modifier notre rapport aux odeurs dans la vie quotidienne, en valorisant une approche plus sensorielle et moins technocentrée de notre environnement. Cependant, cette proposition soulève des défis pratiques, notamment la formation des enseignants et l’élaboration de méthodes pédagogiques adaptées.

