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Géopolitique

L’école doit-elle changer sa façon de noter les élèves ?

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

À l’approche de la rentrée, la rédaction du quotidien allemand “Süddeutsche Zeitung” s’est emparée du débat portant sur les notes scolaires. Faudrait-il les supprimer ? Les réformer ? Dans quel but ? Deux journalistes argumentent..

Débat en Allemagne

En Allemagne, à l'approche de la rentrée scolaire 2026, le quotidien Süddeutsche Zeitung relance un débat sur la pertinence des notes scolaires traditionnelles. Deux journalistes du journal s'interrogent sur la nécessité de les supprimer ou de les réformer, en s'appuyant sur des initiatives locales allemandes qui tentent d'expérimenter d'autres formes d'évaluation. L'objectif est d'éviter les situations de stress extrême chez les élèves, notamment lors de la remise des bulletins trimestriels, où certains enfants développent des peurs profondes et des angoisses familiales disproportionnées. Le journal souligne que cette pression autour des notes peut avoir des conséquences psychologiques graves, comme des troubles anxieux ou des crises de confiance en soi, sans pour autant garantir une amélioration des apprentissages.

Exemple de Churchill

L'article cite l'exemple historique de Winston Churchill, qui était considéré comme un cancre à l'école. Lors d'un cours de latin, il avait questionné son professeur sur l'utilité pratique de décliner le mot mensa (qui signifie table en latin) au vocatif, un cas grammatical utilisé pour s'adresser à quelqu'un. Churchill avait fait remarquer qu'il ne parlait jamais aux tables, ce qui montrait une réflexion logique et une compréhension du sujet. Pourtant, cette remarque avait été perçue comme de l'impertinence et sévèrement sanctionnée. Cet exemple illustre, selon les auteurs, l'absurdité potentielle d'un système de notation qui ne valorise pas la réflexion critique ou la compréhension profonde, mais plutôt la mémorisation mécanique de règles parfois déconnectées de la réalité.

Limites des notes

Les auteurs de l'article critiquent le système traditionnel de notation, qui repose sur un étalon unique pour évaluer tous les élèves. Ce système, selon eux, ne permet pas de mesurer la diversité des talents, des aptitudes ou des progrès individuels. Ils reconnaissent que les indicateurs de performance restent importants pour évaluer les compétences, mais soulignent que les notes sous forme de chiffres ou de lettres (comme en France, où la notation va de 0 à 20) peuvent être réductrices. Elles ne reflètent pas toujours la progression réelle d'un élève, ni ses efforts, et peuvent même décourager ceux qui rencontrent des difficultés. L'article mentionne que certaines initiatives locales en Allemagne expérimentent des évaluations plus qualitatives, comme des commentaires détaillés ou des grilles d'évaluation par compétences, pour éviter les drames liés aux mauvaises notes.

Réforme possible

Face aux limites du système actuel, l'article évoque la possibilité de réformer les méthodes d'évaluation en Allemagne, sans pour autant supprimer toute forme de notation. Les auteurs rejettent l'idée d'une école safe space (un espace protégé où les élèves seraient dispensés de toute évaluation), comme le réclament certains mouvements woke dans les universités. Ils insistent sur la nécessité de maintenir des indicateurs de performance, mais sous une forme différente. Par exemple, des évaluations plus régulières et moins stressantes, des commentaires personnalisés ou des systèmes de notation par compétences pourraient être mis en place. L'objectif serait de réduire la pression liée aux bulletins tout en continuant à encourager la progression des élèves. Cependant, l'article ne détaille pas de réformes concrètes déjà appliquées ou en discussion.

Ce que ça pourrait changer

L'Allemagne sert de cadre à ce débat, avec un système éducatif fédéralisé où chaque Land (région) peut adapter ses méthodes d'évaluation. Le quotidien *Süddeutsche Zeitung*, basé à Munich, est un média de référence en Allemagne, connu pour son libéralisme et son attachement aux valeurs démocratiques. L'article souligne que ce débat s'inscrit dans une réflexion plus large sur la pression scolaire et ses conséquences sur la santé mentale des jeunes. En Allemagne comme dans d'autres pays, les cas de dépression ou d'anxiété liés à l'école sont de plus en plus documentés, poussant certains à repenser les méthodes traditionnelles d'évaluation pour les rendre moins anxiogènes.

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