En Éthiopie, une nouvelle coalition de groupes armés s’est formée contre Abiy Ahmed
Ce 20 septembre, sept mouvements et groupes rebelles éthiopiens ont annoncé s’allier dans le cadre d’une coalition politico-militaire visant à renverser le gouvernement d’Abiy Ahmed. Cette alliance hétéroclite, qui ressemble parfois d’anciens adversaires, fait craindre une reprise de la guerre à l’échelle du pays..
Sept groupes armés et mouvements politiques éthiopiens ont annoncé le 20 septembre 2026 la création d’une coalition appelée Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie. Parmi eux figurent des groupes aux origines et aux objectifs variés, comme le Fano (mouvement national de la région Amhara), l’Armée de libération oromo (OLA) (région Oromia), le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) (région du Tigré), ainsi que quatre autres groupes plus petits : le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), le Front uni démocratique révolutionnaire d’Afar (Arduf), le Mouvement de libération du peuple benishangul (BPLM) et le Mouvement démocratique du peuple gumuz (GPDM). Leur objectif commun est de renverser le gouvernement du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qu’ils accusent de graves manquements : insécurité généralisée, conflits armés, déplacements massifs de populations, pauvreté et atteinte aux droits démocratiques et humains.
La formation de cette coalition s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes en Éthiopie. Le TPLF, qui a dominé la politique du pays pendant près de 30 ans avant l’arrivée d’Abiy Ahmed en 2018, a longtemps été en conflit avec le gouvernement central. Le Fano, quant à lui, combat les forces fédérales depuis 2023, tandis que l’OLA mène une lutte armée en Oromia depuis 2018. Ces groupes, autrefois ennemis, ont progressivement surmonté leurs rivalités régionales et ethniques pour s’unir contre un adversaire commun. Par exemple, le Fano avait combattu aux côtés des forces fédérales contre le TPLF lors de la guerre du Tigré (2020-2022), mais les désaccords territoriaux, notamment sur le contrôle du Tigré occidental, persistent. Leur alliance vise à instaurer un gouvernement de transition inclusif, basé sur une charte commune.
Cette coalition survient dans un pays déjà fragilisé par des conflits persistants. Malgré l’accord de paix signé en novembre 2022 sous l’égide de l’Union africaine pour mettre fin à la guerre du Tigré, des tensions resurgissent dans cette région. Par ailleurs, les combats se poursuivent dans l’ouest de l’Oromia, où les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales restent fréquents. Les observateurs, comme la BBC Africa, estiment qu’une reprise à grande échelle du conflit est désormais probable. La Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie représente ainsi un défi majeur pour Abiy Ahmed, dont le parti a remporté en 2026 des élections jugées ni libres ni équitables par plusieurs observateurs internationaux.
La coalition propose un gouvernement de transition pour remplacer Abiy Ahmed, avec pour mission de rétablir la sécurité, de protéger les droits humains et de lutter contre la pauvreté. Leur charte de transition insiste sur l’inclusivité, cherchant à rassembler des groupes aux identités et revendications parfois opposées. Cependant, leur alliance reste fragile en raison de leurs divergences historiques. Par exemple, les tensions entre le *Fano* et le *TPLF* sur le contrôle du Tigré occidental pourraient compliquer leur collaboration. Malgré ces défis, la coordination entre ces groupes s’est intensifiée depuis un an, avec des discussions menées par des figures comme **Zemene Kassie**, président du *Mouvement national amhara Fano (AFNM)*, qui a annoncé publiquement ces accords en août 2026. Leur capacité à maintenir cette unité déterminera l’issue de leur opposition au gouvernement.

