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Environnement

Canicule : près de 700 000 poules pondeuses sont mortes en France

Reporterre · mis à jour il y a 17 j

Jusqu'à 700 000 poules pondeuses sont mortes en France à cause de la canicule. Voici le macabre décompte réalisé par le Comité national pour la promotion de l'œuf.

Bilan canicule 2022

La canicule de l'été 2022 a causé la mort de près de 700 000 poules pondeuses en France, selon les données de la filière avicole. Ce chiffre représente une perte significative pour les éleveurs, qui subissent des pertes économiques directes liées à la mortalité accrue des animaux. Les températures extrêmes, dépassant parfois 40°C, ont mis en difficulté les systèmes de ventilation et de refroidissement des bâtiments d'élevage, souvent mal adaptés à de telles conditions. Les poules pondeuses, élevées pour leur production d'œufs, sont particulièrement vulnérables aux coups de chaleur en raison de leur métabolisme élevé et de leur incapacité à réguler leur température corporelle aussi efficacement que d'autres animaux. Les pertes enregistrées en 2022 sont parmi les plus élevées jamais observées en France, dépassant largement les moyennes habituelles de mortalité annuelle, estimées entre 2 % et 5 % des effectifs.

Impact économique

Les pertes de 700 000 poules pondeuses en 2022 représentent un coût estimé à plusieurs millions d'euros pour la filière avicole française. Chaque poule pondeuse a une valeur économique d'environ 20 à 30 €, ce qui porte le préjudice financier à environ 14 à 21 millions d'euros pour les éleveurs. En plus des pertes directes liées à la mortalité, les éleveurs doivent faire face à une baisse de production d'œufs pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, le temps de reconstituer leurs troupeaux. La filière avicole, déjà fragilisée par la hausse des coûts de l'alimentation animale et de l'énergie, voit ainsi ses marges se réduire davantage. Les associations de défense des animaux et les syndicats agricoles alertent sur les risques de concentration du secteur, où les petits éleveurs pourraient être les plus touchés par ces pertes.

Responsables politiques

Face à cette crise, le gouvernement français a été interpellé par les représentants de la filière avicole et les associations de protection animale. En 2022, le ministre de l'Agriculture de l'époque, Julien Denormandie, a reconnu la nécessité d'adapter les infrastructures d'élevage aux nouvelles conditions climatiques. Des aides financières exceptionnelles ont été promises pour soutenir les éleveurs, notamment sous forme de subventions pour l'achat de systèmes de ventilation ou de climatisation. Cependant, les critiques soulignent que ces mesures restent insuffisantes face à l'ampleur des dégâts. Certains élus écologistes et associations demandent une réforme plus structurelle des normes d'élevage, incluant des obligations de rénovation des bâtiments pour les rendre plus résistants aux canicules.

Adaptation des élevages

Les éleveurs de poules pondeuses sont désormais confrontés à un défi majeur : adapter leurs infrastructures pour faire face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Les bâtiments d'élevage, souvent construits sans isolation thermique spécifique, deviennent des pièges à chaleur en période de canicule. Les solutions envisagées incluent l'installation de systèmes de ventilation forcée, de brumisateurs ou de panneaux solaires pour alimenter des climatiseurs. Cependant, ces équipements représentent un investissement coûteux, difficile à amortir pour les petits éleveurs. Certains professionnels explorent également des alternatives comme l'élevage en plein air avec des zones ombragées, mais cette pratique reste minoritaire en France en raison des risques sanitaires et de la prédation.

Ce que ça pourrait changer

La **Fédération nationale avicole (FNA)** et les syndicats agricoles ont réagi rapidement après l'annonce des pertes. Ils ont demandé une reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour les éleveurs touchés, afin de faciliter l'accès à des indemnisations. La FNA a également alerté sur les risques de pénurie d'œufs en France, la production ayant chuté de 5 à 10 % dans certaines régions. Les distributeurs et les transformateurs, comme les grandes surfaces ou les industries agroalimentaires, ont été invités à soutenir les éleveurs en achetant des œufs à des prix rémunérateurs. Cependant, la volatilité des prix et la concurrence internationale rendent cette solution complexe à mettre en œuvre.

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