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Environnement

«Nous nous sommes auto-saisis» : l’Assemblée citoyenne de Jean-Marc Jancovici est lancée et compte peser sur la présidentielle

Vert.eco · mis à jour il y a 3 h

156 citoyen·nes tiré·es au sort se sont retrouvé·es à Paris les 19 et 20 septembre pour la première session de l’assemblée citoyenne lancée par l’ingénieur Jean-Marc Jancovici. Leur mission d’ici février ? Résoudre des dilemmes concrets de notre société face au changement climatique et tenter d’imposer leurs préconisations aux politiques..

Une assemblée citoyenne inédite

Le 19 septembre 2026, une assemblée citoyenne nommée «Un commun accord» a été lancée à Paris, initiée par l’ingénieur et expert en climat Jean-Marc Jancovici. Composée de 156 citoyen·nes tiré·es au sort parmi 200 000 noms, cette assemblée vise à réfléchir aux grands défis climatiques, économiques et énergétiques de la France. Les participant·es ont été sélectionné·es pour représenter une «mini-France», en tenant compte de critères comme l’âge, le genre, la catégorie sociale, le niveau d’études ou l’origine géographique. Le plus jeune membre a 17 ans, tandis que le plus éloigné vient de Nouvelle-Calédonie. Chaque participant·e reçoit une indemnité de 102,16 € par jour, et l’ensemble de l’opération coûte 3 millions d’euros. Cette initiative se distingue des autres consultations citoyennes par son indépendance vis-à-vis du gouvernement et son approche centrée sur des dilemmes concrets plutôt que sur des questions fermées.

Objectif et méthode

L’objectif principal de «Un commun accord» est de répondre à la question centrale : «Au 21ème siècle, pouvons-nous encore espérer tout avoir ?». Contrairement à d’autres assemblées citoyennes, comme la Convention citoyenne pour le climat de 2019, cette initiative ne part pas d’une question prédéfinie par un commanditaire institutionnel. Les participant·es sont invité·es à partir de leurs rêves et désirs pour définir une direction collective. Jean-Marc Jancovici, bien que figure centrale de l’initiative, a promis de se retirer après la première session pour éviter toute influence sur les travaux. Les conclusions de l’assemblée seront rendues publiques les 6 et 7 février 2027, soit deux mois avant l’élection présidentielle, afin d’influencer le débat politique. L’assemblée ne plaquera pas les idées de Jancovici, mais portera les préconisations choisies par les citoyen·nes dans le débat public.

Financement et soutien

Le financement de «Un commun accord» repose sur deux sources principales. Une campagne de financement participatif a permis de récolter 2,6 millions d’euros auprès de 200 000 contributeur·ices, dont la plupart ont donné 1 € symbolique. Une seconde source de financement, d’un montant de 2 millions d’euros, provient de donateurs privés proches de Jean-Marc Jancovici, sous réserve d’une charte de non-ingérence. Cette initiative bénéficie également du soutien de personnalités variées, allant d’humoristes comme McFly et Carlito à des scientifiques comme le prix Nobel de physique Alain Aspect ou la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Une plateforme en ligne accompagne les travaux des citoyen·nes, avec plus de 50 000 commentaires déjà publiés. L’enjeu est de mobiliser largement le public pour légitimer les conclusions de l’assemblée.

Comparaison avec la Convention citoyenne

«Un commun accord» se distingue de la Convention citoyenne pour le climat, lancée en 2019 par le gouvernement français après le mouvement des Gilets jaunes. Cette dernière avait été critiquée pour son manque de suivi des propositions par le président Emmanuel Macron, malgré l’adoption de 78 des 146 préconisations dans la loi Climat et Résilience de 2021. «Un commun accord», en revanche, n’est pas commanditée par l’État mais par la société civile, ce qui explique son nom d’assemblée plutôt que de convention. De plus, elle aborde des dilemmes concrets comme la limitation de la pollution urbaine sans nuire à la liberté de circulation, ou la production française sans artificialisation des sols. Les participant·es ne répondent pas à une question fermée, mais proposent des compromis adaptés à des situations complexes.

Ce que ça pourrait changer

Lors du premier week-end de travail, les 156 citoyen·nes ont reçu des éclairages d’expert·es en géopolitique, économie, finances et climat, comme Pascal Ausseur, Patrice Geoffron, Selma Mahfouz ou Valérie Masson-Delmotte. Ces interventions visaient à leur fournir les connaissances nécessaires pour aborder les enjeux physiques et financiers du pays. Les participant·es ont exprimé des réactions variées : certains ont trouvé les interventions trop scolaires, tandis que d’autres ont découvert des sujets complexes comme le rôle de Jean-Marc Jancovici, connu pour ses prises de position tranchées sur le climat et le nucléaire. L’objectif à terme est de produire des recommandations qui s’imposeront aux candidat·es à la présidentielle de 2027, en misant sur une large mobilisation populaire pour légitimer leurs propositions.

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