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Environnement

«On a peur de ne plus avoir la même Camargue» : à Arles, 2 500 personnes réunies contre le projet de ligne à très haute tension

Vert.eco · mis à jour il y a 3 h

Samedi, environ 2 500 personnes se sont réunies au théâtre antique d’Arles pour s’opposer à un projet de ligne à très haute tension qui traverse des milieux naturels protégés. Le mouvement affiche une unité assez rare entre associations écologistes et milieu agricole..

Mobilisation massive

Samedi 20 septembre 2026, environ 2 500 personnes se sont rassemblées au théâtre antique d’Arles (Bouches-du-Rhône) pour manifester contre un projet de ligne à très haute tension (THT) devant relier le Gard aux Bouches-du-Rhône. Cet événement marque l’apogée de deux ans et demi de mobilisation portée par le collectif THT 13/30, qui regroupe 36 associations locales. Les manifestants, vêtus de foulards roses symbolisant les flamants de Camargue, ont exprimé leur crainte de voir disparaître le paysage et l’écosystème de cette région protégée. Parmi eux figuraient des représentants d’associations environnementales, d’agriculteurs et de responsables politiques de tous bords, unis par une opposition transpartisane au projet.

Projet controversé

Le projet prévoit la construction de près de 150 pylônes pouvant atteindre 60 mètres de haut, traversant des espaces naturels protégés comme le parc naturel de Camargue, les vignobles des Costières de Nîmes (AOC) et le site Natura 2000 de la plaine de la Crau. Les opposants dénoncent les risques pour l’agriculture locale, notamment la riziculture, dont certaines parcelles pourraient être inondées et donc incompatibles avec la présence des pylônes. L’autorité environnementale a rendu un avis le 27 août 2026 soulignant des incidences probables sur les zones humides et des risques de collision pour les oiseaux, comme le Ganga cata, une espèce protégée en danger critique d’extinction. Le gestionnaire du réseau électrique RTE, promoteur du projet, défend la solution aérienne, arguant de sa robustesse technique et de son coût moindre.

Alternatives proposées

Face aux critiques, le collectif THT 13/30 propose une solution alternative : l’enfouissement de la ligne. Selon Jean-Laurent Lucchesi, porte-parole du collectif, cette option repose sur des techniques maîtrisées par RTE. Cependant, l’entreprise rejette cette solution, estimant qu’elle serait trop coûteuse. L’autorité environnementale regrette dans son avis que le dossier ne compare pas suffisamment les impacts environnementaux et sanitaires des différentes options, notamment celles étudiées par une expertise indépendante mandatée par le collectif. Les opposants dénoncent une logique de déconnexion entre l’État central et les réalités locales, où les décisions seraient prises sans concertation suffisante.

Enjeux politiques

Le projet s’inscrit dans le plan de réindustrialisation verte porté par Emmanuel Macron, visant à électrifier davantage la zone industrielle de Fos-sur-Mer, l’une des plus polluantes de France. Clément Lajoux, porte-parole des organisations agricoles des Bouches-du-Rhône, accuse l’État d’utiliser RTE comme un bras armé pour imposer des solutions rapides, au détriment de l’environnement. Jean Jalbert, gestionnaire des espaces naturels protégés, critique une politique qui oppose transition écologique et transition énergétique, qualifiant cette approche de non-sens absolu. Le gouvernement a évoqué une procédure accélérée, qualifiant le projet d’éligible à la méthode Notre-Dame, une simplification administrative réduisant les recours juridiques.

Ce que ça pourrait changer

En fin de manifestation, six maires des communes concernées par le tracé ont signé un serment en faveur d’une solution alternative, qui sera transmis au président de la République. Cependant, en cas d’échec du dialogue, les opposants envisagent des actions de blocage, voire la création d’une *zone à défendre* (ZAD), sur le modèle de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Carole Guintoli, rizicultrice, a averti que la détermination des manifestants pourrait mener à des conflits radicaux si le projet était imposé. Les responsables politiques présents, comme le maire d’Arles Patrick de Carolis, ont évité de prendre position sur le fond, se contentant de rappeler l’unité du mouvement. Jean Jalbert a quant à lui prévenu que la déclaration d’utilité publique serait perçue comme une *déclaration de guerre*.

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