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Société

États-Unis: les diarrhées sexuellement transmissibles explosent et elles résistent toujours plus aux médicaments

Slate FR · mis à jour il y a 2 j

Transmise notamment lors de rapports sexuels, la bactérie Shigella développe des résistances qui compliquent son traitement. La prévention, le dépistage et une meilleure sensibilisation sont essentiels pour limiter sa propagation..

Une diarrhée sexuellement transmissible

Une infection appelée shigellose se transmet désormais lors de rapports sexuels, en plus de ses modes de transmission classiques comme l’eau ou les aliments contaminés. Cette maladie, causée par des bactéries Shigella, provoque une inflammation du côlon appelée dysenterie, entraînant des diarrhées sévères et douloureuses. Historiquement, la shigellose touchait surtout les voyageurs ou les jeunes enfants dans les garderies. Cependant, depuis le début du XXIe siècle, elle est devenue une infection sexuellement transmissible (IST) endémique dans certaines communautés, notamment gays et bisexuelles aux États-Unis. Les symptômes incluent des diarrhées intenses, parfois accompagnées de fièvre, de crampes abdominales et de sang dans les selles. La transmission par voie sexuelle s’explique par le contact direct avec des matières fécales infectées, notamment lors de rapports oraux ou anaux.

Résistance croissante aux antibiotiques

Les bactéries Shigella développent une résistance inquiétante aux antibiotiques, rendant les traitements de plus en plus inefficaces. En 2011, aucune souche résistante n’avait été détectée aux États-Unis, mais en 2023, 8,5 % des échantillons testés ne répondaient plus à cinq antibiotiques majeurs. Selon Shangxin Yang, biologiste moléculaire à l’université de Californie, un nouveau cas de Shigella résistante est identifié chaque mois. Cette résistance s’étend également au Royaume-Uni, où une étude publiée en juillet 2026 dans The Lancet Infectious Diseases alerte sur l’émergence de variantes quasi incurables. La chercheuse Kate Baker souligne que les traitements doivent désormais être adaptés en fonction du mode de contamination, car les souches sexuellement transmises réagissent différemment de celles contractées lors de voyages.

Propagation mondiale du phénomène

L’épidémie de shigellose résistante aux antibiotiques ne se limite pas aux États-Unis. Au Royaume-Uni, l’Agence britannique de sécurité sanitaire a enregistré une hausse similaire des infections résistantes en mars 2026. Kate Baker, généticienne à l’université de Cambridge, explique que la maladie évolue en multiples variantes qui deviennent rapidement résistantes aux médicaments disponibles. Elle précise que si une personne contracte la shigellose par voie sexuelle, elle nécessitera probablement un traitement différent de celui d’une personne ayant été infectée lors d’un voyage. Cette propagation mondiale souligne l’urgence d’une réponse coordonnée pour limiter la diffusion de ces superbactéries.

Recommandations pour limiter les risques

Pour réduire les risques de transmission de la shigellose, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures préventives. L’utilisation de préservatifs lors des rapports oraux et anaux est fortement conseillée, car elle limite le contact avec des matières fécales potentiellement infectées. Il est également essentiel de se laver soigneusement les mains avant et après un rapport sexuel. Les personnes souffrant de diarrhée au cours des deux dernières semaines doivent éviter les relations sexuelles pour ne pas transmettre l’infection. En cas de symptômes évocateurs (diarrhées sévères, fièvre, sang dans les selles), un dépistage est recommandé pour confirmer l’infection et adapter le traitement. Ces précautions visent à limiter la propagation de cette infection de plus en plus difficile à traiter.

Ce que ça pourrait changer

Les *Centers for Disease Control and Prevention* (CDC), principaux centres américains de contrôle et de prévention des maladies, surveillent activement l’épidémie de shigellose résistante. Leurs données montrent une augmentation alarmante de la résistance aux antibiotiques, passant de 0 % en 2011 à 8,5 % en 2023. Ces institutions jouent un rôle clé dans la collecte de données, l’identification des souches résistantes et la sensibilisation du public. Leur travail est crucial pour comprendre l’évolution de l’épidémie et adapter les stratégies de prévention et de traitement. Au Royaume-Uni, l’Agence britannique de sécurité sanitaire remplit une fonction similaire, en collaboration avec des chercheurs comme Kate Baker, pour analyser les tendances et alerter sur les risques.

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