“If This Be Magic” : Traduire Shakespeare, une tâche moins impossible qu’il n’y paraît
C’est un ouvrage, encore inédit en français, qui a été remarqué par la presse britannique. Dans “If This Be Magic”, paru en anglais au printemps, l’auteur et traducteur Daniel Hahn s’intéresse à l’art délicat de la traduction de William Shakespeare.
William Shakespeare, dramaturge anglais né en 1564 et mort en 1616, est considéré comme l’un des plus grands auteurs de la littérature mondiale. Son œuvre, composée de pièces de théâtre, de poèmes et de sonnets, est étudiée et célébrée dans le monde entier. En 2016, le 400e anniversaire de sa mort a été marqué par des festivités à Stratford-upon-Avon, sa ville natale située dans le centre de l’Angleterre. Shakespeare a souvent évoqué des lieux variés dans ses pièces, comme les forêts écossaises ou l’Alexandrie de Cléopâtre, ce qui témoigne de son ambition à représenter le monde entier sur scène. Selon le journal britannique The Observer, Shakespeare aurait probablement apprécié d’être devenu un dramaturge joué non seulement dans les endroits qu’il mentionnait, mais aussi dans des régions qu’il ne connaissait pas de son temps.
Traduire les œuvres de Shakespeare représente un défi majeur pour les traducteurs, car son style poétique, ses jeux de mots et ses références culturelles sont profondément ancrés dans la langue anglaise du XVIIe siècle. Pourtant, certains traducteurs sont devenus des figures littéraires à part entière, comme François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo, qui a traduit plusieurs pièces de Shakespeare en français. Dans sa traduction de Henry V, Victor Hugo illustre cette difficulté en écrivant : « Mais pardonnez, gentils auditeurs, au plat et impuissant esprit qui a osé sur cet indigne tréteau produire un si grand sujet ! Ce trou à coqs peut-il contenir les vastes champs de la France ? ». Ce passage montre comment un traducteur peut rendre accessible l’ambition et la grandeur d’une œuvre tout en respectant les contraintes linguistiques et culturelles.
Le livre If This Be Magic (L’art improbable de traduire Shakespeare), écrit par Daniel Hahn, explore la complexité de la traduction des œuvres shakespeariennes. Selon The Observer, Shakespeare aurait probablement approuvé le sous-titre de l’ouvrage, qui souligne que la traduction est un art à part entière, difficile et souvent sous-estimé. La traduction ne se limite pas à une simple transposition de mots d’une langue à une autre : elle nécessite une maîtrise des nuances, des rythmes et des émotions pour préserver l’essence de l’œuvre originale. Hahn, traducteur et auteur, met en lumière les défis spécifiques liés à la traduction de Shakespeare, notamment la richesse de son vocabulaire, ses métaphores et ses références historiques ou mythologiques.
Les traductions des œuvres de Shakespeare ont permis à ses pièces d’être jouées dans le monde entier, bien au-delà des frontières de l’Angleterre. Grâce à ces traductions, des publics de langues et de cultures différentes peuvent découvrir ses histoires, ses personnages et ses thèmes universels, comme l’amour, la trahison, la vengeance ou le pouvoir. Le journal *The Observer* souligne que Shakespeare est devenu un dramaturge « mondial », joué dans des pays qu’il n’avait jamais mentionnés dans ses œuvres. Cette diffusion internationale témoigne de l’importance de la traduction comme vecteur de culture et de partage artistique à travers les siècles.

