Économie russe : l’Ukraine exporte désormais plus de céréales que la Russie
Les exportations russes de céréales ont chuté de 76 % sur la période du 11 au 20 septembre L’article Économie russe : l’Ukraine exporte désormais plus de céréales que la Russie est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Entre le 11 et le 20 septembre 2026, les exportations russes de céréales ont chuté de 76 % par rapport à la même période un an plus tôt. Cette baisse spectaculaire touche particulièrement le blé, dont les exportations sont passées de 1,3 million de tonnes à 347 000 tonnes, soit une diminution de 73 %. Les exportations d'orge ont reculé de 90 %, passant de 219 000 tonnes à seulement 21 900 tonnes, tandis que celles de maïs ont diminué de 70 %, tombant à 11 800 tonnes. Ces chiffres proviennent de l'Union céréalière russe, une organisation qui regroupe les acteurs du secteur des céréales dans le pays. Cette chute s'explique notamment par des frappes ukrainiennes ciblant les terminaux céréaliers russes en mer Noire, qui ont fortement perturbé les capacités d'exportation de Moscou.
Depuis le début du mois de septembre 2026, l'Ukraine exporte désormais plus de céréales que la Russie, une inversion de situation par rapport à l'année précédente où les exportations russes étaient plus de deux fois supérieures. Selon les douanes ukrainiennes, entre le 1er et le 21 septembre, Kiev a exporté 925 000 tonnes de blé, d'orge et de maïs. Pendant la même période, les exportations russes, reconstituées sur la base des données de l'Union céréalière, s'élevaient à 766 000 tonnes, soit 17 % de moins que l'Ukraine. Cette performance ukrainienne s'inscrit dans un contexte où les infrastructures portuaires de la Grande Odessa, un ensemble de ports majeurs situés sur la mer Noire, sont en grande partie paralysées depuis juillet 2026 en raison de frappes russes répétées.
Les exportations agricoles représentent traditionnellement plus de 10 % du PIB ukrainien, mais la guerre a lourdement impacté ce secteur. Les infrastructures portuaires ukrainiennes, essentielles pour exporter les céréales, subissent des frappes continues depuis l'invasion russe de février 2022. Ces attaques ont réduit la capacité de stockage des céréales en Ukraine à seulement deux ou quatre mois, ce qui menace d'empêcher l'exportation d'une partie importante de la récolte 2026. En Russie, le nombre de pays importateurs de blé russe a chuté de 29 à seulement 8 depuis un an, et le nombre d'entreprises exportatrices a été divisé par cinq, passant de 51 à 10. Ces chiffres illustrent l'isolement croissant du secteur céréalier russe sur la scène internationale.
L'Ukraine voit dans l'affaiblissement des exportations russes de céréales une opportunité pour négocier une trêve céréalière avec la Russie. Le vice-Premier ministre ukrainien chargé de l'intégration européenne, Vsevolod Chentsov, a déclaré le 22 septembre 2026 que le moment était propice pour « s'asseoir autour d'une table, discuter et trouver une solution ». Cette approche vise à exploiter les dégâts infligés aux infrastructures russes pour inciter Moscou à accepter un cessez-le-feu dans le secteur agricole. Historiquement, les céréales ukrainiennes étaient un enjeu majeur, notamment après l'invasion de 2022, lorsque la Russie avait attaqué les ports et les navires commerciaux ukrainiens en mer Noire pour perturber les exportations.

