Le troisième lien du PCQ financé à grâce à des gains de productivité
Le Parti conservateur croit pouvoir épargner «entre 16 et 24 milliards de dollars»..
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose de construire un troisième lien routier entre l’île d’Orléans et la rive sud du fleuve Saint-Laurent, pour un coût estimé à 3 milliards de dollars. Contrairement aux projets traditionnels, ce financement ne proviendrait pas directement des impôts ou de la dette publique. Le PCQ mise plutôt sur des économies futures, estimées entre 16 et 24 milliards de dollars, générées par une hausse de productivité de 10 à 15 % dans le secteur de la construction. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large d’infrastructures, où le parti promet de prioriser l’entretien des infrastructures existantes plutôt que la construction de nouvelles structures. Le chef du PCQ, Éric Duhaime, a présenté ce plan lors d’un événement à Victoriaville, soulignant l’urgence de réparer les infrastructures vieillissantes au Québec.
Le PCQ justifie le financement du troisième lien par des gains de productivité dans le secteur de la construction, estimés entre 16 et 24 milliards de dollars sur une période de 10 ans. Ces économies découleraient de trois mesures principales : la révision des lois sur la construction, la simplification du Code de construction et l’augmentation des partenariats public-privé (PPP). Les PPP permettraient de réduire les coûts et de transférer les risques de dépassement de budget aux entreprises privées. Adrien Pouliot, porte-parole conservateur en économie, a expliqué que ces gains de productivité permettraient de combler le déficit de maintien des actifs, actuellement chiffré à 45 milliards de dollars, deux fois plus vite que le plan actuel du gouvernement, sans nécessiter de nouvelles dépenses dans le Plan québécois des infrastructures (PQI).
Le PCQ propose de réorienter une partie des 167 milliards de dollars prévus dans le PQI pour les 10 prochaines années vers l’entretien et la réparation des infrastructures existantes. Actuellement, 63 % de ce budget est consacré à la construction de nouvelles infrastructures, mais le parti souhaite augmenter cette part à 75 ou 80 %. Cette approche s’inspire du principe selon lequel il est plus urgent de réparer une infrastructure endommagée que d’en construire une nouvelle. Adrien Pouliot a comparé cette logique à celle d’un propriétaire qui, face à un trou dans sa chaloupe, privilégierait de boucher le trou plutôt que d’acheter un nouveau moteur. Le PCQ insiste sur la nécessité de réduire le syndrome de la coupure de rubans, c’est-à-dire l’habitude de célébrer l’inauguration de nouveaux projets sans assurer leur entretien futur.
Pour améliorer l’efficacité des chantiers et éviter les dépassements de budget, le PCQ propose d’implanter des jumeaux numériques pour toutes les infrastructures publiques. Un jumeau numérique est une réplique virtuelle d’un projet, permettant de simuler et d’optimiser chaque étape de sa construction avant le début des travaux. Selon Adrien Pouliot, cette technologie éliminerait les informations manquantes et les mauvaises surprises sur les chantiers, générant des économies substantielles. Les coûts initiaux d’implantation seraient rapidement compensés par les gains d’efficacité. Le parti estime que cette mesure contribuerait à réduire les pertes financières liées aux projets mal planifiés.
Éric Duhaime, chef du PCQ, se dit favorable au principe de l’*utilisateur-payeur* en général, mais s’oppose à son application au Québec dans le contexte actuel. L’*utilisateur-payeur* est un modèle économique où l’utilisateur d’un service public paie directement pour son utilisation, comme c’est le cas pour les péages routiers. Duhaime craint que cette approche ne devienne un moyen facile pour l’État d’augmenter ses revenus, alors que les Québécois sont déjà fortement taxés. Bien que le parti propose de réduire les impôts pour faire du Québec une des régions les moins taxées en Amérique du Nord, il n’a pas précisé si les péages deviendraient une norme une fois cet objectif atteint.

