L'Instant poésie de Séphora Pondi : "Moi, Tituba sorcière… noire de Salem" de Maryse Condé
Le rapport qu’entretient Séphora Pondi avec le vivant et la sensualité, elle le retrouve dans l’œuvre d’une illustre écrivaine Maryse Condé. Son roman "Moi, Tituba sorcière … noire de Salem" l’inspire et la questionne sur le rapport à la joie des peuples opprimés..
L’article présente un épisode de la série L’Instant poésie de Séphora Pondi, diffusée sur France Culture. Cette série met en lumière des œuvres littéraires francophones, souvent méconnues du grand public, en explorant leur capacité à transformer la douleur en beauté artistique. Le podcast du 2 septembre 2026 est consacré au roman Moi, Tituba sorcière… noire de Salem de Maryse Condé, publié en 1986 aux éditions Gallimard. L’épisode dure 6 minutes et propose une lecture immersive de l’œuvre, accompagnée d’une illustration graphique signée Annick Kamgang. Le podcast est disponible en écoute avec un casque pour une expérience sonore optimale.
Tituba est une figure historique réelle, une esclave d’origine barbadienne aux pouvoirs mystiques, jugée lors du célèbre procès des Sorcières de Salem en 1692 aux États-Unis. Ce procès, qui a abouti à l’exécution de 20 personnes pour sorcellerie, est un épisode sombre de l’histoire américaine. Dans son roman, Maryse Condé réinvente la vie de Tituba, lui donnant une voix et une profondeur psychologique absentes des archives historiques. L’autrice utilise cette figure pour explorer des thèmes comme l’oppression, la résistance et la sensualité, en s’appuyant sur une narration riche en détails sensoriels et visuels.
Maryse Condé (1934-2024) était une écrivaine guadeloupéenne, figure majeure de la littérature francophone. Après des études à Paris dans les années 1950, elle s’engage dans des mouvements anti-colonialistes avant de s’installer en Afrique de l’Ouest comme enseignante. Elle publie son premier roman, Hérémakhonon, en 1976, puis connaît un succès international avec Ségou en 1984. Son œuvre, composée de plus de vingt romans, est marquée par une réflexion sur la créolité et une écriture personnelle qu’elle qualifie de « en Maryse Condé ». Elle a enseigné dans des universités américaines dans les années 1990 et est décédée en 2024. Moi, Tituba sorcière… noire de Salem est l’un de ses romans les plus célèbres.
Séphora Pondi, comédienne et écrivaine à la Comédie-Française, explique dans le podcast comment le roman de Maryse Condé lui a permis de découvrir une sensualité liée à la joie des peuples opprimés. Le texte de Condé, par son style sensoriel et immersif, dépeint un monde où la nature et les émotions humaines se mêlent étroitement. Pondi souligne que cette œuvre offre une vision libératrice de l’histoire, en redonnant une dignité et une agency à Tituba, souvent réduite à un personnage marginal dans les récits historiques. La sensualité évoquée n’est pas seulement physique, mais aussi une célébration de la vie face à l’oppression.
L’article inclut un extrait du roman lu par Julie Hega, illustrant le style immersif de Maryse Condé. Dans ce passage, Tituba, après un moment de doute, se tourne vers la nature et utilise des rituels ancestraux pour se reconnecter à elle-même et au monde. L’extrait montre comment Condé mêle réalisme historique et éléments fantastiques, en décrivant des paysages luxuriants et des pratiques spirituelles. Le podcast propose une expérience sonore immersive, conçue pour transporter l’auditeur dans l’univers du roman, avec une illustration graphique d’Annick Kamgang pour renforcer l’immersion.
Depuis septembre 2025, la série *L’Instant poésie* est adaptée en un livre de 300 pages, publié aux Éditions Radio France. Cette adaptation permet de prolonger l’expérience poétique et sensorielle proposée par les podcasts, en offrant un support visuel et textuel plus durable. Le livre rassemble les poèmes et les créations graphiques des épisodes, permettant aux lecteurs de découvrir ou de redécouvrir ces œuvres littéraires de manière autonome. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de rendre la poésie et la littérature francophones plus accessibles au grand public.

