L'Instant poésie de Séphora Pondi : "Moi, Tituba sorcière… noire de Salem" de Maryse Condé, un instant sensualité
Dans son Instant poésie, Séphora Pondi explore comment l’œuvre de Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière… noire de Salem, transcende la réécriture historique pour incarner une sensualité subversive, révélant une résistance poétique face à l’oppression. À travers une lecture sensorielle et immersive, ce podcast interroge la manière dont la littérature antillaise, en redonnant voix aux figures marginalisées, transforme la douleur en puissance créatrice, tout en interrogeant les limites entre fiction et mémoire collective.
Pourquoi Séphora Pondi choisit-elle d’analyser Moi, Tituba sorcière… noire de Salem dans son podcast ?
Séphora Pondi y voit une œuvre où la sensualité devient un langage de résistance, capable de restituer la complexité des émotions d’une figure historique comme Tituba, esclave accusée de sorcellerie lors des procès de Salem. Elle y trouve également une langue sensorielle et immersive, où la description des paysages et des corps devient un outil de réhabilitation des invisibles, souvent effacés par l’histoire coloniale.
Quels éléments biographiques de Maryse Condé éclairent son approche littéraire dans ce roman ?
Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne née en 1934, a construit une œuvre marquée par son engagement anti-colonial et sa quête d’une expression littéraire autonome. Après des années passées en Afrique et aux États-Unis, elle choisit d’écrire « en Maryse Condé », refusant les catégories linguistiques ou géographiques traditionnelles, comme le français ou le créole, pour affirmer une voix littéraire unique, à l’image de son roman de 1986.
Comment le podcast L’Instant poésie rend-il hommage à cette œuvre ?
Le podcast propose une lecture immersive de passages du roman, accompagnée de créations graphiques d’Annick Kamgang, diffusées sur le site et les réseaux sociaux de France Culture. Cette approche visuelle et sonore vise à recréer une expérience sensorielle proche de celle que propose le texte de Condé, tout en soulignant son ancrage dans une tradition littéraire antillaise et diasporique.
Quel extrait du roman est mis en avant dans l’article, et pourquoi cet exemple est-il significatif ?
L’article cite un passage où Tituba, après une rencontre amoureuse, observe son environnement avec un regard neuf, mêlant sensualité et violence symbolique. Cet extrait illustre la capacité de Condé à transformer une scène intime en acte de réappropriation de l’espace et du corps, tout en ancrant son récit dans une dimension mystique et historique, caractéristique de son style.
Ce que ça pourrait changer
Ce podcast pourrait contribuer à une réévaluation de la place des femmes noires dans la littérature francophone, en mettant en lumière des œuvres longtemps reléguées aux marges. Il souligne aussi l’importance des formats hybrides (audio, visuel, littéraire) pour démocratiser l’accès à des récits complexes, tout en interrogeant la manière dont la sensualité peut devenir un outil de subversion politique et esthétique.

