Sur le Tour de France Femmes, le suivi crucial du cycle menstruel des athlètes
Pour les sportives de haut niveau, le cycle des règles est un indicateur de santé majeur. Les équipes s’efforcent de plus en plus de prévenir les conséquences d’un éventuel dérèglement.
Le cycle menstruel est un phénomène biologique naturel chez les femmes, se déroulant généralement sur 28 jours et marqué par des variations hormonales importantes. Ces fluctuations influencent la température corporelle, l’énergie et les performances physiques. Dans le sport de haut niveau, comme le cyclisme, ces variations sont prises au sérieux car elles peuvent impacter directement les résultats. Les équipes médicales et techniques surveillent donc ce cycle pour adapter l’entraînement et la récupération des athlètes. Par exemple, sept à dix jours avant les règles, la température centrale peut augmenter d’un ou deux degrés, ce qui représente un défi supplémentaire lors d’efforts intenses sous forte chaleur.
Le Tour de France Femmes 2026 se déroule sous des températures dépassant régulièrement les 30°C, ce qui met à l’épreuve les organismes des coureuses. Les femmes, en raison de leur physiologie et de leur système hormonal, sont particulièrement vulnérables à ces conditions extrêmes. Leur température corporelle varie en effet au fil du cycle menstruel, ce qui aggrave les risques de coup de chaleur ou de fatigue prématurée. Les équipes doivent donc adapter leurs stratégies pour limiter ces effets, notamment en ajustant les moments de refroidissement et les entraînements d’acclimatation à la chaleur.
Pour atténuer les effets de la chaleur, chaque coureuse suit un protocole personnalisé de thermorégulation, établi en fonction de son cycle menstruel. Ce protocole détermine les périodes où privilégier le refroidissement, comme l’utilisation de gilets rafraîchissants ou de boissons glacées, et celles où des entraînements spécifiques sont nécessaires pour s’adapter à la chaleur. À l’inverse, il identifie aussi les moments où ces entraînements pourraient être contre-productifs. Cette approche sur mesure vise à optimiser les performances tout en préservant la santé des athlètes.
Les entraîneurs, comme Martijn Kusters de l’équipe belge AG Insurance-Soudal, jouent un rôle clé dans la gestion de ces enjeux. Ils collaborent avec les coureuses et les équipes médicales pour analyser les données du cycle menstruel et ajuster les protocoles en conséquence. Leur objectif est de prévenir les dérèglements qui pourraient nuire aux performances ou à la santé des athlètes. Cette approche intégrée reflète une prise de conscience croissante de l’importance de la santé féminine dans le sport de haut niveau.
Le Tour de France Femmes 2026, qui s’est déroulé en août, a mis en lumière ces défis avec des températures caniculaires pendant quatre jours consécutifs. Les équipes ont dû redoubler d’efforts pour protéger leurs athlètes, notamment en utilisant des techniques de refroidissement et en adaptant les horaires d’entraînement. Cet événement illustre comment les conditions environnementales extrêmes peuvent exacerber les vulnérabilités physiologiques liées au cycle menstruel, soulignant l’importance d’une préparation minutieuse.

