Il est temps de passer des promesses en itinérance aux actes
On demande aux organisations de travailler de pair, je vous demande la même chose, M. St-Pierre Plamondon..
L’itinérance est devenue une crise sociale majeure au Québec, occupant une place centrale dans le débat politique. Le Premier ministre a fait de sa réduction une priorité lors de sa campagne électorale, avec un objectif ambitieux : diminuer de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance d’ici 2030. Cette promesse s’inscrit dans un contexte de hausse marquée de ce phénomène au cours des dernières années. Par exemple, le décès tragique d’une femme dans un campement à Montréal-Nord a illustré l’urgence de la situation. Derrière les statistiques, il y a des vies humaines, des parcours complexes et des besoins immédiats en stabilité, en soins et en logement. La crise dépasse le simple concept pour toucher directement des concitoyens, souvent invisibilisés malgré leur proximité géographique ou sociale.
Le gouvernement a pris plusieurs engagements chiffrés pour lutter contre l’itinérance. Il prévoit un investissement total d’un milliard de dollars sur quatre ans, dont 600 millions seront dédiés aux programmes sociaux et à la prévention, tandis que 400 millions serviront à financer des logements adaptés. Parmi les mesures phares, on note la construction de 2 000 logements destinés aux personnes sortant de l’itinérance, ainsi qu’une bonification des équipes de professionnels spécialisés en santé mentale. Ces promesses visent à répondre à des besoins variés, allant du logement stable à l’accompagnement psychologique, en passant par des interventions sociales ciblées. Leur mise en œuvre est désormais attendue par la population et les acteurs du terrain.
Les organismes communautaires jouent un rôle central dans la lutte contre l’itinérance, car ils interviennent quotidiennement auprès des personnes concernées. Ces organisations offrent des services d’intervention de crise, de soutien à la toxicomanie, d’aide au logement et d’accompagnement social. Pour être efficaces, elles doivent disposer de moyens financiers stables et prévisibles. Actuellement, elles sont principalement financées par projet, ce qui les oblige à chercher constamment des ressources pour maintenir leurs activités. Le gouvernement a promis de leur offrir un soutien accru, une mesure considérée comme essentielle pour concrétiser les autres engagements. Sans un financement durable, les promesses gouvernementales risquent de rester lettre morte.
Un enjeu moins visible mais fondamental est le financement à la mission des organismes communautaires. Aujourd’hui, ces structures dépendent de subventions accordées pour des projets spécifiques et ponctuels, ce qui limite leur capacité à planifier sur le long terme. Pour agir efficacement, elles ont besoin d’un financement stable et prévisible, leur permettant de couvrir leurs coûts de base et de développer des projets durables. Sans cette stabilité, elles ne peuvent pas garantir la continuité des services ni collaborer de manière optimale avec d’autres acteurs. Le gouvernement est donc appelé à revoir le mode de financement pour offrir cette prévisibilité, essentielle à la réussite des politiques publiques.
Pour atteindre l’objectif de réduction de l’itinérance, le Premier ministre est invité à travailler de manière transpartisane avec les acteurs de terrain. Cela implique de réunir les organismes communautaires, les professionnels de santé, les élus et les autres parties prenantes pour coordonner les actions. Le texte souligne que les organismes sont déjà tenus de collaborer entre eux, et que les décideurs politiques doivent adopter la même approche. Cette coordination est cruciale, car les parcours vers l’itinérance sont complexes et nécessitent des réponses intégrées. La crise dépasse le cadre politique : des vies humaines sont en jeu, et la solution passe par une action collective et concertée.
Le Premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, est désormais attendu sur la mise en œuvre concrète des promesses électorales. La population québécoise, les organismes communautaires et l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre l’itinérance comptent sur lui pour mobiliser les ressources nécessaires et coordonner les efforts. Le texte insiste sur la nécessité d’agir rapidement, car la situation est urgente et les besoins sont immédiats. La volonté d’agir est présente, mais elle doit se traduire par des actes concrets et durables. Le défi est de taille, mais les outils et les partenaires existent pour y répondre.

