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GÉNÉRALISTE

Il est temps de passer des promesses en itinérance aux actes

Source unique·il y a 7 j

La lutte contre l’itinérance, érigée en priorité sociale par le gouvernement québécois, se heurte désormais à l’épreuve des actes. Alors que les promesses électorales — réductions ciblées, budgets colossaux et partenariats avec les acteurs de terrain — se multiplient, leur concrétisation dépendra moins des annonces que de leur articulation avec les réalités complexes d’un phénomène en expansion. L’urgence n’est plus seulement de définir des objectifs, mais de créer les conditions systémiques pour les atteindre, au risque de voir les vies humaines derrière les statistiques continuer de se heurter à des dispositifs cloisonnés et sous-financés.

Quels sont les engagements concrets pris par le gouvernement pour réduire l’itinérance d’ici 2030, et sur quels leviers financiers s’appuient-ils ?

Le gouvernement a promis un investissement d’un milliard de dollars sur quatre ans, dont 600 millions seraient dédiés aux programmes sociaux et à la prévention, tandis que 400 millions financeraient des logements adaptés. Parmi les mesures phares figurent également la construction de 2 000 logements pour les personnes sortant de l’itinérance et le renforcement des équipes spécialisées en santé mentale, sans que les modalités précises de déploiement ou les critères d’éligibilité ne soient détaillés.

Pourquoi les organismes communautaires sont-ils présentés comme les acteurs clés — et pourtant fragilisés — de cette lutte contre l’itinérance ?

Les organismes communautaires, qui interviennent quotidiennement auprès des personnes en situation d’itinérance, sont décrits comme le maillon indispensable à la concrétisation des promesses gouvernementales. Pourtant, leur financement repose principalement sur des projets ponctuels, les plaçant dans une logique de survie plutôt que de planification à long terme, ce qui limite leur capacité à coordonner des actions durables et à répondre aux besoins croissants.

Quel événement récent a rappelé l’urgence d’agir, et comment illustre-t-il les limites des réponses actuelles à l’itinérance ?

Le décès tragique d’une femme dans un campement de Montréal-Nord a mis en lumière l’ampleur de la crise, révélant à la fois la visibilité accrue de l’itinérance et l’insuffisance des solutions existantes. Cet incident souligne que les promesses politiques, aussi ambitieuses soient-elles, peinent à se traduire en mesures capables de prévenir des drames humains concrets, notamment dans les contextes les plus précaires.

Ce que ça pourrait changer

Si le gouvernement parvient à traduire ses engagements en actions coordonnées et à garantir un financement stable aux organismes communautaires, la cible de réduction de moitié de l’itinérance d’ici 2030 pourrait devenir réaliste. À l’inverse, un manque de collaboration transpartisane ou une approche fragmentée risquerait d’aggraver les inégalités d’accès aux services, tout en maintenant une partie de la population dans une marginalité durable, malgré les investissements consentis.

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