NapseflowNapseflow
Généraliste

«Arrêtez de nous ignorer», intiment les Premières Nations aux partis

Le Devoir · mis à jour il y a 16 j

«Il n’y aura pas d’accès au territoire sans consentement libre et éclairé», a lancé le chef anishnabe Lucien Wabanonik..

Avertissement des Premières Nations

Plusieurs chefs des Premières Nations se sont réunis devant l’Assemblée nationale à Québec, le lundi 6 octobre 2025, pour exhorter les partis politiques en lice pour les élections de 2026 à ne plus ignorer leurs revendications. Le chef anishnabe Lucien Wabanonik a lancé un avertissement clair : « L’avenir du Québec ne se construira ni contre nous ni sans nous ». Il a insisté sur le fait que l’exploitation des ressources naturelles, comme le sous-sol, les forêts ou les rivières, ne peut se faire sans le consentement libre et éclairé des Premières Nations. Ce terme désigne un accord donné en pleine connaissance de cause, sans pression ni contrainte, après avoir reçu toutes les informations nécessaires. Les chefs ont rappelé que les territoires concernés ne sont pas des propriétés à disposition du gouvernement québécois, mais des espaces ancrés dans l’histoire et les droits autochtones.

Revendications territoriales ignorées

Les Premières Nations dénoncent un manque de respect total de la part des partis politiques, qui n’ont pas répondu à leurs invitations pour discuter de traités en cours. Par exemple, le chef Martin Dufour, du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit, déplore que 46 ans de négociations sur le traité Petapan avec le Québec et le Canada n’aient suscité aucun intérêt de la part des formations politiques. Ce traité, en cours depuis 1979, porte sur des questions territoriales et juridiques entre les Innus et les gouvernements. Les chefs soulignent que cette absence de dialogue est un choix politique et non un simple oubli, alors que plusieurs projets d’exploitation des ressources (barrages, mines, infrastructures) menacent directement leurs territoires.

Droits autochtones bafoués

Les représentants autochtones rappellent que leurs droits sont régulièrement bousculés, comme en témoigne la réforme du régime forestier ou un projet de constitution qui, selon eux, les marginalise. Le chef Francis Verreault-Paul, de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, critique le statu quo des huit dernières années, où leurs droits n’ont pas été respectés. Il souligne que la campagne électorale de 2026 doit marquer un tournant, avec une nouvelle relation basée sur la collaboration et non sur l’imposition de décisions unilatérales. Cette critique s’inscrit dans un contexte où les communautés autochtones subissent les conséquences de projets énergétiques ou miniers non concertés, comme l’entente controversée de Churchill Falls, qui affecte directement la communauté d’Unamen Shipu.

Crise sociale et racisme systémique

Six ans après la mort de Joyce Echaquan, une femme atikamekw décédée dans des circonstances controversées dans un hôpital de Joliette, les Premières Nations réitèrent leur demande de reconnaissance du racisme systémique au Québec. Ghislain Quitich, conseiller de la communauté atikamekw de Manawan, rappelle que malgré les enquêtes et rapports accumulés, le gouvernement refuse toujours de reconnaître ce phénomène. Les chefs dénoncent également une montée préoccupante de la violence, de l’insécurité, du crime organisé et de la crise du logement dans leurs communautés. Par exemple, la cheffe Chantal Kistabish, du Conseil de la Première Nation Abitibiwinni de Pikogan, évoque des problèmes comme l’itinérance, le manque de services en santé mentale et les violences envers les femmes et les enfants, qui fragilisent le tissu social autochtone.

Ce que ça pourrait changer

À une semaine des élections, les Premières Nations estiment qu’il n’est pas trop tard pour que les partis politiques changent de cap. Francis Verreault-Paul insiste sur la nécessité de poser la *« première pierre d’une nouvelle relation »* avec les Autochtones, en s’appuyant sur le thème du changement qui domine la campagne. Il rappelle que les huit dernières années ont été marquées par des décisions unilatérales qui ont affaibli leurs droits, comme la réforme forestière ou des projets constitutionnels contestés. Les chefs appellent donc les partis à s’engager concrètement avant le scrutin de 2026, sous peine de voir leurs communautés continuer à subir les conséquences de politiques qui les excluent des débats sur l’avenir du Québec.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.