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GÉNÉRALISTE

«Arrêtez de nous ignorer», intiment les Premières Nations aux partis

Source unique·il y a 16 j

Alors que la campagne électorale québécoise de 2026 s’engage dans une dynamique de changement revendiqué par les partis, les Premières Nations dénoncent une invisibilisation persistante de leurs enjeux. Leur mobilisation devant l’Assemblée nationale, six ans après la mort de Joyce Echaquan, révèle une fracture entre le discours politique et la réalité des droits autochtones, notamment sur l’exploitation des ressources et la reconnaissance systémique du racisme. Cette tension interroge la capacité des institutions à intégrer une relation de nation à nation dans les politiques publiques québécoises.

Quels sont les principaux griefs exprimés par les Premières Nations envers les partis politiques québécois en cette campagne électorale ?

Les représentants autochtones dénoncent une exclusion systématique des discussions sur l’avenir du Québec, malgré l’impact direct des projets d’exploitation des ressources (mines, forêts, énergie) sur leurs territoires. Ils critiquent aussi l’absence de réponse à leurs revendications, comme l’invitation ignorée à discuter du traité Petapan, et l’absence de consultation sur des projets comme celui de Churchill Falls. Enfin, ils exigent la reconnaissance du racisme systémique et l’adoption du principe de Joyce pour garantir des soins respectueux.

Comment les Premières Nations justifient-elles leur refus de voir leurs territoires exploités sans leur consentement ?

Les chefs autochtones rappellent que leurs terres ne sont pas terra nullius et que leur consentement est un droit constitutionnel et ancestral. Lucien Wabanonik a martelé que « il n’y aura pas d’accès au territoire sans le consentement libre et éclairé de nos nations », soulignant que les ressources (sous-sol, forêts, rivières) ne relèvent pas du « bon vouloir des membres du gouvernement ». Cette position s’appuie sur des traités non cédés et une vision collective de la souveraineté territoriale.

Quels événements récents rappellent les luttes autochtones et renforcent leur mobilisation actuelle ?

La mort de Joyce Echaquan en 2018, dans un contexte de racisme médical, sert de symbole à la colère des Premières Nations. Ghislain Quitich a rappelé que « malgré les enquêtes et les rapports », le gouvernement refuse toujours de reconnaître le racisme systémique. Par ailleurs, des projets comme celui de Churchill Falls ou la réforme du régime forestier illustrent des décisions unilatérales qui ont bousculé leurs droits, alimentant leur détermination à être entendus.

Quel rôle joue le contexte politique québécois dans l’émergence de ces revendications ?

La campagne électorale de 2026 est marquée par un discours de changement, mais les Premières Nations y voient une continuité du statu quo des huit dernières années. Francis Verreault-Paul, chef de l’APNQL, souligne que les partis promettent des relations de nation à nation sans traduire cela en actes, notamment sur des réformes comme celle du régime forestier ou des projets constitutionnels. Leur prise de parole vise à rappeler que l’avenir du Québec ne peut s’écrire sans ou contre eux.

Ce que ça pourrait changer

Cette mobilisation pourrait forcer les partis à intégrer des enjeux autochtones dans leurs programmes, sous peine de perdre une légitimité électorale. Si les revendications sur le consentement territorial ou la reconnaissance du racisme systémique ne sont pas prises au sérieux, le risque est une radicalisation des positions autochtones, avec des conséquences sur la stabilité sociale et les projets économiques québécois. À l’inverse, une réponse concrète pourrait marquer un tournant dans la relation entre le Québec et ses Premières Nations.

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