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Géopolitique

En Iran, la police des mœurs a disparu du paysage

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Les patrouilles qui surveillaient minutieusement le port du voile ont pratiquement disparu des rues de Téhéran et des grandes villes du pays, raconte le média iranien en exil “Radio Farda”. Un relâchement tactique accéléré par la guerre, mais la loi est toujours là et certaines restrictions subsistent..

Disparition des patrouilles

En Iran, les patrouilles de la police des mœurs (appelée aussi Gasht-e Ershad, ou patrouille de guidance) ont presque disparu des rues des grandes villes comme Téhéran. Ces unités étaient auparavant chargées de faire respecter les règles strictes de tenue vestimentaire, notamment le port obligatoire du hidjab (voile couvrant les cheveux et le corps, sauf le visage et les mains). Leur absence est particulièrement visible dans des lieux comme la rue Valiasr, un quartier central de Téhéran, où les femmes circulent désormais sans foulard ou avec des vêtements plus décontractés, comme des robes à manches courtes ou des pantalons ajustés. Selon une Téhéranaise de près de 40 ans interrogée sous anonymat, ces patrouilles n’ont pas été aperçues depuis « très longtemps ». Cette disparition marque un changement notable dans l’application des lois, bien que celles-ci restent officiellement en vigueur.

Liberté vestimentaire accrue

Les femmes en Iran semblent désormais libres de choisir leur tenue vestimentaire dans les grandes villes, un changement radical par rapport aux années précédentes où le non-respect du hidjab pouvait entraîner des sanctions, des amendes ou même des arrestations. La rue Valiasr à Téhéran illustre cette évolution : des femmes marchent sans foulard, certaines par choix, d’autres par défi, sans que cela ne suscite de réaction apparente. Les cafés et les rues sont animés, et l’ambiance générale reflète une normalité retrouvée. Cependant, cette liberté reste informelle : les lois sur le port du voile ne sont pas officiellement abrogées et pourraient théoriquement être réappliquées. Les autorités n’ont pas officiellement annoncé la fin des patrouilles, mais leur retrait de la vie quotidienne est constaté par les habitants.

Contexte politique récent

Cette évolution s’inscrit dans un contexte politique marqué par des changements récents en Iran. En juillet 2026, des observateurs notent une réduction significative de la présence des forces de l’ordre dans les rues, notamment celles chargées de faire respecter les règles morales et vestimentaires. Bien que l’article ne mentionne pas explicitement de nouvelle loi ou de réforme officielle, la disparition des patrouilles suggère un assouplissement des pratiques répressives. Les règles sur le hidjab restent en vigueur sur le papier, mais leur application semble avoir été abandonnée dans les faits. Cette situation pourrait refléter une stratégie politique visant à apaiser les tensions sociales, notamment après des années de protestations et de répression, comme celles liées au mouvement Femme, Vie, Liberté en 2022.

Ce que ça pourrait changer

Malgré cette apparente liberté, les habitants restent prudents. Une Téhéranaise interrogée sous anonymat explique que les femmes s’habillent désormais « comme elles l’entendent », mais cette déclaration est faite sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité. Cela indique que, même si les patrouilles ont disparu, la peur des représailles ou des changements politiques brutaux persiste. Les autorités n’ont pas confirmé officiellement la fin de la *police des mœurs*, et les lois restent en place. Cette situation crée une zone grise où la liberté vestimentaire est tolérée en pratique, mais sans garantie légale. Les habitants doivent donc naviguer avec prudence, en attendant une éventuelle réapplication des règles.

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