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Généraliste

À quoi ressemblerait l’Assemblée nationale avec un mode de scrutin plus représentatif?

Le Devoir · mis à jour il y a 8 j

La CAQ aurait été la principale gagnante d’une réforme, montre une simulation du Mouvement démocratie nouvelle..

Scrutin actuel et distorsions

Lors des élections québécoises de 2026, le mode de scrutin actuel a produit des résultats où le nombre de sièges obtenus par les partis ne reflète pas proportionnellement leur part des voix. Par exemple, avec seulement 28% des suffrages, le Parti québécois a remporté 46% des sièges à l’Assemblée nationale, soit 46 sièges sur 125. Cette distorsion s’explique par le système majoritaire uninominal à un tour, utilisé au Québec, qui favorise les partis arrivant en tête dans les circonscriptions, même avec une faible avance. Ce mécanisme peut donner l’impression que certains votes ne comptent pas, ce qui risque de décourager la participation électorale. Le président du Mouvement démocratie nouvelle, Jean-Pierre Charbonneau, souligne que cette situation affaiblit la confiance des citoyens envers la démocratie représentative.

Propositions de réforme

Plusieurs partis politiques au Québec ont proposé de modifier le mode de scrutin pour le rendre plus représentatif. En 2019, la Coalition avenir Québec (CAQ) a déposé le projet de loi 39, prévoyant un parlement de 125 sièges avec 80 députés élus dans des circonscriptions locales et 45 sièges répartis selon les régions administratives en fonction des votes obtenus. Pour accéder à ces sièges régionaux, un parti devait obtenir au moins 10% des suffrages à l’échelle provinciale. En 2025, Québec solidaire (QS) a proposé une version ajustée avec le projet de loi 199, augmentant les sièges régionaux à 49 et abaissant le seuil d’accès à 4% des voix. Ces réformes visent à réduire l’écart entre les votes et les sièges attribués.

Simulation des résultats

Le Mouvement démocratie nouvelle a simulé la répartition des sièges si le projet de loi 199 de QS avait été appliqué lors des élections de 2026. Selon cette simulation, la CAQ, avec 13% des voix, aurait obtenu 16 sièges au lieu d’être rayée de la carte. Le Parti québécois (28% des voix) et le Parti libéral du Québec (24% des voix) auraient chacun perdu des sièges, tandis que le Parti conservateur du Québec (21% des voix) en aurait gagné quatre. Québec solidaire, avec 9 sièges, aurait conservé sa représentation actuelle. Cette simulation montre que même avec une réforme, les résultats électoraux peuvent varier significativement par rapport au scrutin actuel.

Ce que ça pourrait changer

Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement démocratie nouvelle, insiste sur l’urgence de réformer le mode de scrutin avant les prochaines élections, qui pourraient survenir plus tôt que prévu. Il estime qu’une réforme bien menée pourrait être adoptée en quelques mois, en s’appuyant sur les travaux déjà réalisés. Charbonneau espère que Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois et favorable à une réforme, prendra le dossier en main avec détermination. L’objectif est de restaurer la confiance des citoyens dans le système démocratique en alignant mieux les sièges obtenus sur la volonté des électeurs, tout en évitant des distorsions trop importantes comme celles observées en 2026.

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