À quoi ressemblerait l’Assemblée nationale avec un mode de scrutin plus représentatif?
Le mode de scrutin actuel au Québec produit des distorsions majeures entre le poids des voix et la représentation parlementaire, comme l’illustre la victoire du Parti québécois avec seulement 28 % des suffrages mais 46 % des sièges. Une simulation basée sur un projet de réforme du Mouvement démocratie nouvelle révèle que ces écarts pourraient être atténués, mais au prix d’un bouleversement des équilibres politiques traditionnels, où la CAQ, malgré un score faible, conserverait une présence significative.
Quels partis auraient été les principaux gagnants ou perdants avec une réforme du mode de scrutin selon la simulation ?
La Coalition avenir Québec (CAQ) aurait été le principal bénéficiaire indirect de la réforme, passant de zéro siège à 16 députés malgré seulement 13 % des voix. Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec auraient vu leur nombre de sièges diminuer, tandis que le Parti conservateur du Québec en aurait gagné quatre. Québec solidaire, en revanche, aurait conservé ses neuf sièges sans gain supplémentaire.
Quelles propositions concrètes de réforme du mode de scrutin ont été avancées ces dernières années, et pourquoi ont-elles échoué ?
En 2019, la CAQ avait déposé le projet de loi 39, prévoyant un parlement de 125 sièges avec 80 députés de circonscription et 45 sièges régionaux compensatoires, accessibles aux partis obtenant au moins 10 % des voix. En 2025, Québec solidaire a proposé le projet de loi 199, reprenant des principes similaires mais avec 49 sièges régionaux et un seuil abaissé à 4 %. Ces projets ont été abandonnés, faute de consensus politique.
Pourquoi la réforme du mode de scrutin est-elle présentée comme urgente par ses défenseurs ?
Selon Jean-Pierre Charbonneau, président du Mouvement démocratie nouvelle, la distorsion entre les votes obtenus et les sièges attribués décourage les électeurs et érode la confiance dans la démocratie représentative. Il souligne que des réformes pourraient être adoptées rapidement si un ministre porteur du dossier s’engage avec détermination, notamment en s’appuyant sur les travaux déjà réalisés.
Ce que ça pourrait changer
Une réforme du mode de scrutin pourrait réduire les écarts de représentation et renforcer la légitimité des institutions, mais elle risquerait aussi de fragiliser les partis traditionnels au profit de forces politiques marginalisées par le système actuel. La question de la faisabilité politique reste centrale, dans un contexte où les projets de réforme ont jusqu’ici échoué malgré leur apparente simplicité technique.

