Syrie : le président déchu Bachar Al-Assad condamné à la peine de mort par contumace
Bachar Al-Assad a été reconnu coupable de « crimes contre l'humanité et de crimes de guerre »..
Un tribunal syrien a condamné à mort par contumace l'ancien président Bachar Al-Assad et plusieurs de ses proches collaborateurs, dont son frère Maher, pour des crimes commis pendant la guerre civile syrienne. Cette décision, rendue le 11 août 2026, marque une étape symbolique dans la recherche de justice pour les victimes. Le procès, qui s'est tenu à Damas, a reconnu Bachar Al-Assad coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, incluant des assassinats ciblés, des meurtres d'enfants de moins de 15 ans, des actes de torture ayant entraîné la mort et des privations de liberté. La peine de mort par contumace signifie que la condamnation est prononcée en l'absence de l'accusé, qui s'est réfugié à Moscou en décembre 2024 lorsque les forces rebelles se rapprochaient de la capitale syrienne.
Les accusations portées contre Bachar Al-Assad et les autres responsables incluent des actes graves tels que l'assassinat avec préméditation, le meurtre intentionnel de civils et d'enfants, ainsi que des pratiques de torture systématique ayant causé des milliers de morts. Parmi les condamnés figurent également l'ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, responsable des services de renseignement militaire dans la province de Deraa, berceau du soulèvement de 2011. Seul Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique à Deraa, était présent lors du procès. Il a été condamné pour avoir ordonné la répression violente de manifestations pacifiques. Le tribunal a souligné que Najib n'a montré aucun remords, ce qui renforce la gravité de sa condamnation. Ces verdicts constituent un premier pas vers la reconnaissance des exactions commises par le régime.
L'annonce des condamnations a provoqué des scènes de joie devant le palais de justice de Damas, où des familles de victimes brandissaient des photos de leurs proches disparus ou tués pendant la guerre. Ramzi Abou Naboud, venu de Deraa, a exprimé sa satisfaction en déclarant que ce jugement, bien qu'il ne puisse pas ressusciter les victimes, a réchauffé le cœur des familles. Les autorités de transition syriennes, qui ont renversé Bachar Al-Assad en décembre 2024 après 13 ans de guerre civile, se sont engagées à rendre justice pour les crimes commis sous son régime. Les condamnés disposent de 30 jours pour faire appel. La commission nationale syrienne pour la justice de transition a salué cette décision comme un jalon important, tandis que l'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé à des procès conformes aux standards internationaux, incluant l'abolition de la peine de mort.
La guerre civile syrienne, déclenchée en 2011 par la répression sanglante de manifestations pro-démocratie dans le sillage des Printemps arabes, a duré 13 ans et causé la mort de plus de 528 500 personnes. Elle a également provoqué le déplacement de millions de Syriens et la disparition de dizaines de milliers d'autres, souvent victimes d'exactions dans les prisons du régime. La chute de Bachar Al-Assad en décembre 2024 a mis fin à plus d'un demi-siècle de domination de sa famille sur la Syrie. Les condamnations récentes visent à établir une forme de responsabilité pour les crimes commis pendant ce conflit dévastateur, qui a profondément marqué le pays et sa population.
Ces premiers jugements représentent un test pour les autorités syriennes en matière de justice transitionnelle. Human Rights Watch a souligné que le processus doit respecter les standards internationaux, notamment en garantissant des procès équitables et en abolissant la peine de mort. Le tribunal a utilisé des témoignages, des documents classifiés et des images pour établir les faits, et certaines audiences ont été retransmises à la télévision. Les condamnés par contumace, comme Bachar Al-Assad et son frère Maher, restent en exil, principalement en Russie. Leur exécution effective de la peine de mort dépendra des accords internationaux et de leur éventuelle extradition ou arrestation. Cette décision judiciaire pourrait aussi influencer la reconstruction de la confiance dans les institutions syriennes après des décennies de répression.

