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Israël veut déplacer les Palestiniens hors de Gaza, dit son ministre de la Défense

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 h

Le déplacement forcé d'une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international..

Proposition israélienne

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que son gouvernement était prêt à organiser le déplacement des habitants de la bande de Gaza hors du territoire, si les États-Unis donnaient leur accord. Selon lui, cette migration pourrait se faire par la mer et par les airs. Katz a affirmé qu'il n'existait pas de solution durable pour Gaza sans cette émigration, évoquant des transferts vers des pays comme l'Égypte ou la Jordanie. Il a également soutenu que 80 % des Gazaouis souhaitaient quitter le territoire, mais seraient empêchés par le Hamas. Cette proposition s'inscrit dans un contexte où Israël maintient un contrôle militaire sur 60 % de Gaza et vise à éliminer le Hamas, classé comme organisation terroriste par plusieurs pays, dont les États-Unis et l'Union européenne.

Contexte historique

L'idée de déplacer les habitants de Gaza n'est pas nouvelle. En 2025, le président américain Donald Trump avait proposé un plan similaire, visant à transférer environ 2 millions de Palestiniens vers d'autres pays arabes. Cependant, ce projet avait été abandonné sous la pression des pays concernés. Katz a indiqué que ce plan restait à l'étude, malgré son report temporaire. En février 2026, un autre ministre israélien, Bezalel Smotrich (ministre des Finances et membre d'un parti d'extrême droite), avait élargi cette proposition aux Palestiniens de Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Crime de guerre

Le déplacement forcé d'une population civile est considéré comme un crime de guerre selon le droit international, notamment la Quatrième Convention de Genève de 1949. Cette convention interdit les transferts forcés de civils, même en temps de guerre. Israël justifie sa proposition en affirmant que l'émigration serait volontaire, bien que cette notion soit contestée par de nombreux observateurs. Depuis le début de la guerre en octobre 2023, plus de 73 000 personnes ont été tuées à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza (sous l'autorité du Hamas), un chiffre jugé fiable par les Nations unies. La majorité des habitants ont déjà été déplacés par les combats.

Position de Nétanyahou

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a réaffirmé qu'Israël ne se retirerait pas de Gaza, contrôlant désormais 60 % du territoire. Il a déclaré que l'armée israélienne resterait en place jusqu'à ce que le Hamas soit désarmé et que Gaza ne représente plus une menace pour Israël. Nétanyahou a effectué une rare visite à Gaza en septembre 2026, après un cessez-le-feu très fragile entré en vigueur en octobre 2025. Il a également rejeté la dernière étape d'un plan de paix proposé par les États-Unis, car il exigeait un retrait israélien avant le désarmement complet du Hamas. Les négociations pour un accord définitif restent bloquées.

Enjeux électoraux

Ces déclarations surviennent à quelques semaines des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026, où la question du devenir de Gaza est un thème central. Nétanyahou, en difficulté dans les sondages, a refusé une proposition de paix américaine en août 2026, car elle conditionnait le retrait israélien au désarmement du Hamas. Le Hamas, de son côté, avait accepté ce plan. Depuis le cessez-le-feu, l'armée israélienne continue de mener des opérations à Gaza, faisant au moins 1 334 morts supplémentaires selon le ministère de la Santé de Gaza, tandis qu'Israël dénombre 5 soldats et 1 civil tués dans ses rangs.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit à Gaza, déclenché par les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 (plus de 1 200 morts en Israël), s'inscrit dans un contexte de tensions prolongées entre Israël et les Palestiniens. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza depuis 2007, est considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays. La guerre a provoqué une crise humanitaire majeure, avec des milliers de déplacés et des destructions massives. Les chiffres des victimes sont régulièrement contestés, mais les Nations unies et des ONG indépendantes tentent d'en vérifier l'exactitude. Le droit international humanitaire impose des règles strictes pour protéger les civils en temps de guerre.

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