Le point sur les travaux du tramway de Québec
Alors que le PCQ veut arrêter la construction de ce réseau structurant, son interruption serait coûteuse..
Le tramway de Québec, un projet de transport structurant, fait face à une opposition politique croissante. Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, cherche à freiner ou à annuler ce mégachantier, malgré son avancée significative. Cette opposition s’ajoute à celle du Parti conservateur fédéral (PCC) et soulève la question de la possibilité d’arrêter le projet. Cependant, les pertes financières et logistiques d’un arrêt seraient majeures, selon les acteurs impliqués. La Ville de Québec, le gouvernement du Québec et CDPQ Infra ont déjà investi 726,8 millions de dollars sur un engagement total de 1,09 milliard de dollars, selon un rapport de Mobilité Infra Québec daté du 30 mars 2026.
Les travaux préparatoires du tramway, actuellement en cours, ne se limitent pas à des réparations de surface. Ils incluent le remplacement et le déplacement des conduites souterraines (aqueducs, égouts, fils d’énergie et de télécommunication) le long du tracé prévu pour le tramway. Ces travaux visent à doubler les infrastructures existantes afin d’assurer la fiabilité du réseau et éviter les pannes qui pourraient paralyser le tramway. Ces interventions sont nécessaires pour préparer le terrain avant l’installation des rails et des systèmes de transport. Selon Éric Duhaime, ces travaux pourraient être « repatchés » en cas d’arrêt, mais les coûts et les perturbations resteraient importants.
Plusieurs infrastructures majeures sont en construction pour accompagner le tramway. À l’ouest du tracé, la montée Mendel, une nouvelle voie réservée au tramway et aux transports actifs, est en cours de réalisation. Ce projet nécessite la construction d’un pont d’étagement au-dessus d’une voie ferrée, avec une fin prévue en 2027. Par ailleurs, une trémie du tunnel est en cours de creusement entre la Haute-Ville et la Basse-Ville de Québec. Ce chantier a déjà entraîné la fermeture d’une portion du boulevard René-Lévesque, l’abattage d’arbres et l’utilisation du parc de l’Amérique-Française pour l’entreposage de matériaux. Le maire de Québec, Bruno Marchand, a souligné que ces travaux n’auraient pas été nécessaires sans le tramway.
La Ville de Québec a déjà acquis plusieurs centaines de parcelles de terrain pour accueillir le tramway, pour un coût total de 120,7 millions de dollars au 31 décembre 2025. Ces acquisitions visent à sécuriser l’emprise du tramway et à faciliter son intégration dans le paysage urbain. L’achat de ces terrains est une étape clé pour éviter les retards futurs liés à des expropriations ou des négociations complexes. Ces investissements reflètent l’engagement de la Ville à long terme pour ce projet, malgré les incertitudes politiques.
Le tramway est censé stimuler un boum immobilier autour de son tracé. Une étude d’Aviseo publiée en octobre 2025 estime que 15 500 logements, d’une valeur totale de 5,9 milliards de dollars, devraient être construits d’ici 2045 grâce à ce projet. Cependant, certains projets immobiliers, comme le complexe Humaniti porté par Cogir, ont déjà été annulés en raison des tergiversations autour du tramway. Mathieu Duguay, PDG de Cogir, avait expliqué en 2024 que l’absence de confirmation avait freiné l’enthousiasme des investisseurs. Le tramway est donc perçu comme un levier économique majeur pour la région.
L’arrêt du tramway entraînerait des pénalités financières importantes pour les partenaires du projet : la Ville de Québec, le gouvernement du Québec et CDPQ Infra. Si la Ville abandonnait le projet, elle devrait payer au moins 150 millions de dollars de pénalités. Si le gouvernement le faisait, il devrait compenser la Ville et CDPQ Infra pour les investissements déjà réalisés. CDPQ Infra a signé des contrats avec plusieurs consortiums pour la conception et la fabrication du tramway. Par exemple, le contrat avec Alstom pour la fabrication de 34 rames à La Pocatière représente à lui seul 569 millions de dollars. Ces contrats assurent des emplois et des retombées économiques locales.
Le tramway de Québec est présenté comme un moteur économique majeur. Selon l’étude d’Aviseo, son achèvement générerait plus de 44 000 emplois directs, indirects et induits, ainsi que des retombées fiscales et parafiscales estimées à 1,2 milliard de dollars, dont 940 millions pour le Québec uniquement. Ces chiffres illustrent l’impact potentiel du projet sur l’emploi et les finances publiques. CDPQ Infra et ses partenaires ont déjà commencé à collaborer pour concevoir les détails du réseau, ce qui montre l’avancement concret du projet malgré les oppositions politiques.

