Le point sur les travaux du tramway de Québec
Alors que le chantier du tramway de Québec s’accélère, les critiques conservatrices menacent de faire dérailler un projet déjà bien engagé. Entre investissements colossaux, contrats signés et retombées économiques promises, l’abandon du réseau structurant apparaît de plus en plus coûteux, tant financièrement que stratégiquement. L’enjeu dépasse désormais la simple gestion des travaux : il interroge la crédibilité des engagements politiques face à des infrastructures dont les coûts d’arrêt pourraient dépasser les économies escomptées.
Quel est l’état actuel des dépenses engagées pour le tramway de Québec et qui en assume la charge ?
Les dépenses cumulées par la Ville de Québec, le gouvernement du Québec et CDPQ Infra s’élèvent à 1,09 milliard de dollars, dont 726,8 millions déjà déboursés au 30 mars 2026. Ces investissements couvrent notamment les travaux préparatoires, l’acquisition de terrains et les infrastructures souterraines, bien au-delà d’une simple maintenance du réseau existant.
Pourquoi l’arrêt du tramway serait-il particulièrement problématique à ce stade des travaux ?
L’interruption des travaux entraînerait des pertes bien plus lourdes que les seuls coûts déjà engagés. Les contrats signés avec des consortiums pour la conception et la fabrication des rames, ainsi que les pénalités financières prévues en cas d’annulation, pourraient coûter des centaines de millions supplémentaires. De plus, des infrastructures comme le tunnel sous le boulevard René-Lévesque ou la montée Mendel, déjà en cours, seraient inutilisables sans le tramway.
Quels sont les risques politiques et économiques liés à l’abandon du projet ?
Un arrêt du tramway exposerait la Ville de Québec à des pénalités d’au moins 150 millions de dollars, tandis que le gouvernement devrait compenser CDPQ Infra et les autres partenaires. Sur le plan économique, le projet est censé générer plus de 44 000 emplois et 1,2 milliard de dollars de retombées fiscales, dont 940 millions au Québec. Son abandon pourrait aussi fragiliser le boum immobilier attendu le long du tracé, avec 15 500 logements d’une valeur totale frôlant 5,9 milliards de dollars prévus d’ici 2045.
Comment les opposants au tramway justifient-ils leur position malgré les coûts d’arrêt ?
Éric Duhaime, figure du Parti conservateur du Québec, argue que les travaux préparatoires (comme le remplacement des conduites souterraines) pourraient être réutilisés pour d’autres projets, limitant ainsi les pertes. Il suggère aussi que le tunnel prévu sous le Grand Théâtre pourrait servir à d’autres usages, comme une voie pour automobiles ou autobus, bien que la Ville de Québec conteste cette vision.
Ce que ça pourrait changer
L’abandon du tramway de Québec pourrait s’avérer un pari perdant pour ses détracteurs, tant les coûts d’arrêt dépassent largement les économies immédiates. Ce dossier illustre les tensions entre gestion de court terme et vision stratégique, où les promesses politiques se heurtent à des réalités économiques et techniques difficiles à démêler. À l’approche des élections, la question du tramway pourrait devenir un marqueur des priorités locales, entre modernisation des infrastructures et maîtrise des dépenses publiques.

