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Près de 30 000 Canadiens réclament l’expulsion de l’ambassadeur américain à Ottawa

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 21 j

La pétition accuse Pete Hoekstra d’avoir tenu des propos qui nuisent aux relations diplomatiques..

Pétition contre l'ambassadeur

Près de 30 000 Canadiens ont signé une pétition en ligne exigeant l'expulsion de Pete Hoekstra, l'ambassadeur des États-Unis au Canada. Cette pétition, lancée par une femme de Calgary, sera présentée à la Chambre des communes à l'automne 2026 par Elizabeth May, présidente du Parti vert. Elle demande que Hoekstra soit déclaré persona non grata, un terme latin signifiant qu'une personne n'est plus la bienvenue dans un pays. Cette mesure, prévue par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques des Nations unies, permet au Canada de retirer l'immunité diplomatique à Hoekstra et de l'obliger à quitter le pays. La pétition reproche à l'ambassadeur d'avoir tenu des propos nuisant aux relations entre le Canada et les États-Unis et d'être intervenu dans le débat politique canadien de manière incompatible avec le protocole diplomatique.

Accusations contre Hoekstra

La pétition accuse Pete Hoekstra d'avoir banalisé les menaces de l'administration Trump visant à annexer le Canada. En effet, Hoekstra a déclaré publiquement que l'annexion du Canada par les États-Unis pourrait être un sujet de discussion entre le premier ministre Mark Carney et le président Trump. Il a également critiqué le ton anti-américain de la dernière campagne électorale fédérale canadienne, qualifiant de dangereuse la qualification de la politique commerciale de Trump comme une guerre commerciale. Hoekstra a aussi exprimé sa frustration face aux mesures canadiennes, comme le retrait de l'alcool américain des rayons ou la dissuasion des voyages aux États-Unis. Il affirme agir ainsi pour défendre le point de vue du président américain, malgré les contestations des journalistes canadiens.

Contexte diplomatique

Pete Hoekstra est l'ambassadeur des États-Unis au Canada depuis une date non précisée dans l'article, mais il a été choisi par le président Donald Trump. Son rôle est de représenter les intérêts américains auprès du gouvernement canadien et de faciliter les relations entre les deux pays. Cependant, ses déclarations récentes ont suscité des tensions, notamment sur la question de l'annexion du Canada, un sujet historiquement sensible en raison de l'histoire coloniale et des relations bilatérales. Le Canada a déjà utilisé la mesure persona non grata par le passé, notamment en expulsant des diplomates chinois et indiens pour des raisons d'ingérence étrangère. En 2023, le diplomate chinois Zhao Wei a été expulsé après des allégations d'espionnage, et en 2024, six diplomates indiens ont été renvoyés après des accusations liées au meurtre d'un militant sikh au Canada.

Réactions et procédures

Un porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Ottawa a indiqué que l'institution avait pris connaissance de la pétition, sans fournir de commentaire supplémentaire. Au Canada, les députés peuvent déposer des pétitions à la Chambre des communes sans pour autant en approuver le contenu. La pétition demande également que le gouvernement libéral, dirigé par le premier ministre Mark Carney, exige une enquête parlementaire sur les ingérences diplomatiques des États-Unis dans les affaires canadiennes. Cette demande s'inscrit dans un contexte où le Canada cherche à améliorer ses relations avec d'autres pays, comme la Chine et l'Inde, malgré les tensions récentes.

Ce que ça pourrait changer

La *Convention de Vienne sur les relations diplomatiques*, adoptée en 1961, encadre les relations entre États et définit les droits et obligations des diplomates. Le Canada a déjà appliqué la mesure *persona non grata* à plusieurs reprises. Par exemple, en 2023, Zhao Wei, un diplomate chinois, a été expulsé après qu'un rapport des services de renseignement l'a accusé d'avoir ciblé le député conservateur Michael Chong. En 2024, six diplomates et agents consulaires indiens ont été expulsés après des accusations selon lesquelles des agents du gouvernement indien étaient impliqués dans une campagne visant des citoyens canadiens, liée au meurtre du militant sikh Hardeep Singh Nijjar. Ces expulsions illustrent la volonté du Canada de protéger sa souveraineté et ses intérêts nationaux.

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