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« Un robot conçu comme poupée sexuelle n’a rien à faire dans nos salles de classe »

Next.ink · mis à jour il y a 26 j

Un robot humanoïde pour enseigner dans une salle de classe, ce n’est pas banal. Mais quand ce robot est issu d’une entreprise de poupées sexuelles rachetée par un ancien banquier d’affaires spécialisé dans le minage de bitcoins et le métavers, qui pensait pouvoir s’en servir pour faire entrer l’intelligence artificielle à l’école… on pouvait craindre […].

Contexte et polémique

En juillet 2026, Melinda Person, présidente du syndicat new-yorkais des enseignants (NYSUT), a vivement critiqué l’introduction d’un robot humanoïde conçu comme une poupée sexuelle dans une école rurale de l’État de New York. Ce robot, nommé Optio, a été développé par Realbotix, une entreprise spécialisée initialement dans les poupées sexuelles hyperréalistes. L’objectif affiché était de l’utiliser comme assistant pédagogique pour des cours de sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM), avec un programme conçu par Steve Wozniak, cofondateur d’Apple. La polémique repose sur l’inadéquation entre l’origine du robot et son usage éducatif, ainsi que sur l’absence de débat public préalable. Le district scolaire concerné, Salamanca, compte 6 000 habitants, dont 20 % d’Amérindiens de la tribu sénéca, et est situé dans une région rurale éloignée des grands centres technologiques.

Origine et évolution du projet

Realbotix, fondée par Andrew Kiguel, ancien banquier reconverti dans les cryptoactifs et le métavers, a annoncé en juin 2026 le déploiement d’Optio dans le district scolaire de Salamanca. Ce robot humanoïde féminin, doté d’une peau en silicone et de cheveux longs, est présenté comme une innovation majeure pour l’éducation. Kiguel qualifie ce projet de « nouvelle ère » et de « tournant historique » pour l’IA et la robotique humanoïde, affirmant que le robot permettra de soutenir les enseignants et de motiver les élèves. Le programme pilote cible initialement 500 lycéens pour le semestre d’automne 2026, avec une extension prévue en fonction des retours. Cependant, les visuels promotionnels montrent des enfants de 5 à 6 ans, alors que Realbotix précise que le robot n’interagira qu’avec des lycéens.

Fonctionnement et objectifs pédagogiques

Optio est conçu pour fonctionner comme un assistant pédagogique basé sur l’IA, intégré aux cours de STEM. Contrairement à des outils d’IA classiques qui fournissent des réponses directes, ce robot vise à encourager la réflexion critique en guidant les élèves dans leur processus d’apprentissage. Le district scolaire de Salamanca insiste sur le fait que le robot utilise exclusivement des programmes scolaires approuvés et des données historiques locales pour éviter toute dérive. L’objectif est de familiariser les jeunes avec les technologies émergentes tout en soutenant les enseignants. Le robot est présenté comme une solution concrète pour rendre l’apprentissage plus interactif et captivant, notamment dans des environnements éducatifs réels et non limités à des laboratoires.

Acteurs et enjeux économiques

Realbotix se présente comme un acteur clé du développement des robots humanoïdes et des systèmes d’IA avancés aux États-Unis. L’entreprise a diversifié ses activités en se tournant vers l’éducation, après s’être fait connaître pour des investissements dans le métavers et les NFT, comme l’achat de terrains numériques pour 2,4 millions de dollars. Le projet Optio s’inscrit dans une stratégie de pivotement vers de nouveaux marchés, avec un modèle économique encore incertain. Le district scolaire de Salamanca, dirigé par des enseignants et des responsables locaux, met en avant l’aspect pédagogique et culturel du projet, soulignant son ancrage dans la communauté sénéca. Cependant, le manque de transparence sur les coûts et les bénéfices attendus pour l’entreprise soulève des questions sur la viabilité à long terme de cette initiative.

Ce que ça pourrait changer

La polémique autour du projet Optio a été amplifiée par la révélation de son origine controversée, liée à l’industrie des poupées sexuelles. Melinda Person, présidente du syndicat des enseignants, a exprimé son indignation, qualifiant cette initiative de totalement inappropriée pour un environnement éducatif. Les critiques portent également sur l’absence de débat public et sur l’utilisation d’images générées par IA pour illustrer le projet, montrant des enfants plus jeunes que la tranche d’âge cible. Ces éléments ont nourri les craintes d’une commercialisation de l’éducation par des technologies conçues pour d’autres usages, ainsi que des questions éthiques sur l’impact des robots humanoïdes sur les jeunes publics.

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