Classement PISA : comment penser l'école de demain ?
Alors que l'étude Pisa confirme un recul de la France dans l'apprentissage en compréhension de l’écrit et en mathématiques, comment penser l'école de demain, à l'heure où l'IA est au cœur des préoccupations..
Les résultats du classement PISA 2025, publiés en septembre 2026, révèlent une baisse significative des performances des élèves français en compréhension de l’écrit et en mathématiques. Ce programme international, mené par l’OCDE, évalue tous les trois ans les systèmes éducatifs de 79 pays membres. En France, les scores enregistrés confirment un recul déjà observé dans les éditions précédentes, plaçant le pays en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. Ces résultats soulèvent des questions sur l’efficacité du système éducatif actuel et sur les facteurs expliquant cette tendance. Les experts cités dans l’article évoquent plusieurs pistes, comme l’impact des réseaux sociaux, les conséquences de la pandémie de Covid-19 ou encore l’adaptation nécessaire face à l’intelligence artificielle (IA).
L’émergence de l’intelligence artificielle (IA) est présentée comme un élément central dans la réflexion sur l’école de demain. L’IA transforme en effet la manière dont les connaissances sont acquises, partagées et évaluées. Denis Kambouchner, professeur émérite à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, souligne que cette mutation technologique oblige à repenser les méthodes d’enseignement traditionnelles. L’IA peut, par exemple, automatiser certaines tâches répétitives, mais elle pose aussi des défis éthiques et pédagogiques. Elle interroge notamment sur la place de l’humain dans l’apprentissage et sur la nécessité de former les enseignants à ces nouveaux outils. L’objectif n’est pas de remplacer l’enseignant, mais de l’accompagner dans sa mission éducative.
Le classement PISA met également en lumière les inégalités persistantes au sein du système éducatif français. Ces disparités concernent à la fois les résultats scolaires et les conditions d’enseignement. Emma Carenini, agrégée de philosophie et cofondatrice de l’agence Phronimos, souligne que ces inégalités sont renforcées par des facteurs socio-économiques, comme l’origine sociale des élèves ou la localisation géographique des établissements. Par ailleurs, la condition des enseignants est évoquée comme un enjeu majeur. Leur charge de travail, leur rémunération et leur formation continue sont des éléments qui influencent directement la qualité de l’enseignement dispensé. Ces problèmes structurels nécessitent une réflexion approfondie pour envisager une école plus équitable et performante.
Face aux défis identifiés, les intervenants dans l’article proposent de repenser les méthodes pédagogiques pour adapter l’école aux réalités du XXIe siècle. Denis Kambouchner insiste sur la nécessité de redonner du sens aux apprentissages fondamentaux, comme les mathématiques, en les rendant plus concrets et attractifs pour les élèves. Emma Carenini évoque quant à elle l’importance de développer des compétences transversales, telles que la pensée critique, la créativité ou la collaboration, qui sont de plus en plus valorisées dans un monde en mutation. L’école de demain devra donc intégrer des approches innovantes, comme l’apprentissage par projets ou l’utilisation d’outils numériques, tout en préservant les savoirs traditionnels.
Les réflexions sur l’école de demain s’inscrivent dans une perspective à long terme, avec un horizon fixé autour des années 2050. Les intervenants soulignent que cette vision doit être à la fois ambitieuse et réaliste. Elle implique de préparer les élèves à évoluer dans un monde où les métiers et les compétences seront profondément transformés par les avancées technologiques. L’école devra donc former des citoyens capables de s’adapter, de comprendre les enjeux sociétaux et de contribuer à un avenir durable. Pour y parvenir, une collaboration étroite entre les acteurs de l’éducation, les pouvoirs publics, les chercheurs et les entreprises sera indispensable. L’objectif est de construire un système éducatif qui ne se contente pas de transmettre des savoirs, mais qui prépare activement les jeunes générations à relever les défis de leur temps.

