L’intelligence artificielle est présente dans «à peu près tous les livres», assure Éric Duhaime
Le chef conservateur a défendu son recours à l’IA dans l’écriture de son plus récent ouvrage, «Destination Autonomie» ..
Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, a publié un livre intitulé Destination Autonomie en 2026, dont 62 % du contenu aurait été généré ou assisté par l’intelligence artificielle (IA), selon l’outil Pangram, spécialisé dans la détection de l’IA. Duhaime affirme que l’IA n’a été qu’un outil parmi d’autres pour structurer et publier son ouvrage, sans remplacer sa pensée ou ses idées. Il précise que l’IA a notamment servi à rédiger des graphiques, une mise en page et une table des matières pour des documents politiques, comme le cadre financier présenté lors de sa campagne électorale. Aucun des livres publiés par Duhaime, y compris celui-ci, ne mentionne l’utilisation de l’IA, une omission qu’il juge normale en 2026, comparant l’IA à d’autres outils comme la révision ou la recherche.
Les adversaires politiques d’Éric Duhaime ont critiqué son utilisation de l’IA dans son livre. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a ironisé en suggérant que le programme politique de Duhaime aurait pu être entièrement généré par ChatGPT, une plateforme d’IA conversationnelle. Ruba Ghazal, co-porte-parole du Parti solidaire, a exprimé des inquiétudes quant à l’impact de l’IA sur les métiers, la culture et les médias, soulignant que son utilisation nécessite un encadrement collectif. Le chef du Parti québécois, quant à lui, a moqué une proposition de Duhaime, le troisième lien sur l’île d’Orléans, en demandant à Grok (un autre outil d’IA) si ce projet était réalisable, obtenant une réponse négative. Ces réactions illustrent les débats autour de l’IA dans la sphère politique québécoise.
L’outil Pangram est mentionné à plusieurs reprises dans l’article. Il s’agit d’un logiciel capable de détecter la présence d’intelligence artificielle dans des textes écrits. Pangram a été rendu célèbre après l’affaire Thélyson Orélien, un candidat au prix Goncourt dont le roman C’était ça ou mourir contenait 94 % de contenu généré par IA, selon l’outil. Cette révélation avait conduit à son exclusion du prix littéraire. Dans le cas d’Éric Duhaime, Pangram a estimé que 62 % de son livre Destination Autonomie provenait de l’IA, bien que Duhaime conteste cette évaluation en affirmant que l’IA n’a fait qu’aider à structurer ses idées.
L’article souligne que l’utilisation de l’IA dans la création et la communication politique est devenue une réalité incontournable en 2026. Éric Duhaime défend cette pratique en la présentant comme une avancée sociale, comparant l’IA à d’autres outils technologiques déjà intégrés dans la vie quotidienne. Cependant, ses détracteurs y voient un manque de transparence et une dévalorisation du travail humain, notamment dans les milieux artistiques et médiatiques. Le débat porte également sur la nécessité d’encadrer l’IA pour éviter les abus, comme l’a souligné Ruba Ghazal, qui insiste sur l’importance de considérer l’IA comme un enjeu collectif plutôt qu’individuel.

