Au Sénégal, le lait de chamelle se vend à prix d’or
Les éleveurs nomades maures du Ferlo, région semi-désertique au Sénégal, vendent leur lait de chamelle pour s’assurer une source de revenus indispensables. Mais, souligne “Le Soleil”, ce produit rare souffre des contraintes de conservation, exacerbées par le dérèglement climatique..
Le reportage se déroule dans le Ferlo, une région pastorale située au nord-est du Sénégal, connue pour son climat sahélien aride. La zone est marquée par des températures extrêmes et une végétation rare, composée principalement d'acacias et de buissons épineux. Le paysage est dominé par des plaines arides où le tapis herbacé a presque entièrement disparu, forçant les troupeaux à parcourir de longues distances à la recherche de pâturages. La ville de Linguère, chef-lieu du département du même nom, sert de point de départ à cette exploration. Les conditions climatiques y sont particulièrement rudes, avec des températures pouvant atteindre des niveaux élevés et une sécheresse persistante. Ce contexte géographique explique en partie la dépendance des populations locales à l'élevage de dromadaires, mieux adaptés à ces environnements hostiles que d'autres animaux.
Les troupeaux observés dans le Ferlo sont composés de dromadaires, souvent appelés chameaux au Sénégal, bien qu'ils n'aient qu'une seule bosse (contrairement aux chameaux d'Asie ou d'Afrique du Nord qui en ont deux). Ces animaux sont essentiels à la survie des communautés pastorales locales, car ils résistent mieux à la sécheresse et aux températures extrêmes que d'autres espèces. Leur démarche majestueuse et leur résistance en font des compagnons indispensables pour les éleveurs maures, qui les guident à travers les plaines arides. Les clochettes accrochées à leur cou servent à les localiser et à rythmer leur marche, créant une ambiance sonore caractéristique des paysages pastoraux sahéliens. Les éleveurs, vêtus de boubous amples et de rubans, connaissent parfaitement le territoire et les ressources disponibles, comme les points d'eau cachés ou les rares pâturages.
Les femmes jouent un rôle central dans la gestion des troupeaux de dromadaires, notamment pour la collecte du lait. Dans le village de Nguith, elles s'affairent autour de calebasses, des récipients traditionnels en bois ou en calebasse séchée, pour recueillir le lait des femelles. Ce lait est ensuite transformé ou vendu, contribuant aux revenus des familles. Les femmes, souvent vêtues de tenues colorées, travaillent en collaboration avec les hommes, qui s'occupent principalement du guidage et de la protection des troupeaux. Leur participation est essentielle dans une économie locale où l'élevage représente une source majeure de subsistance. Le lait de dromadaire, en particulier, est de plus en plus recherché pour ses propriétés nutritionnelles et médicinales, ce qui en fait une ressource économique clé dans la région.
Le lait de dromadaire est devenu une denrée précieuse au Sénégal, se vendant à un prix d'or en raison de sa rareté et de ses bienfaits supposés pour la santé. Bien que l'article ne précise pas de chiffre exact, il souligne que ce produit se négocie à des tarifs bien supérieurs à ceux du lait de vache ou de chèvre, traditionnellement consommés dans la région. Le lait de dromadaire est réputé pour ses propriétés nutritionnelles, comme une teneur élevée en vitamines C et B, ainsi que pour ses effets bénéfiques sur la digestion et l'immunité. Cette demande croissante a transformé l'élevage de dromadaires en une activité économique lucrative, attirant l'attention des investisseurs et des consommateurs urbains. Les éleveurs locaux, comme Abdouulaye Sadio mentionné dans l'article, en tirent des revenus substantiels, bien que les conditions de vie dans le Ferlo restent difficiles.
L'élevage de dromadaires dans le Ferlo s'inscrit dans un contexte économique marqué par la recherche de solutions durables face à la désertification et à la sécheresse. Le Sénégal, comme d'autres pays du Sahel, fait face à des défis climatiques majeurs, avec des précipitations de plus en plus irrégulières et des terres de moins en moins fertiles. Dans ce cadre, les dromadaires représentent une adaptation intelligente des populations locales, car ils nécessitent moins d'eau et de nourriture que d'autres animaux d'élevage. Leur lait, de plus en plus prisé, devient un produit d'exportation potentiel, notamment vers les villes sénégalaises où la demande pour des produits naturels et sains est en hausse. Cette dynamique économique pourrait, à terme, renforcer la résilience des communautés pastorales face aux changements climatiques.

