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Environnement

Le retour de l'acétamipride à nouveau contesté devant le Conseil Constitutionnel

Reporterre · mis à jour il y a 13 j

Les députés écologistes et insoumis contestent la loi d'urgence agricole devant le Conseil constitutionnel, et en particulier le retour du pesticide interdit acétamipride. Ils s'appuient notamment sur la Charte de l'environnement.

Loi d'urgence agricole

Le 18 juillet 2023, le Parlement français a adopté une loi d'urgence agricole afin de répondre aux difficultés rencontrées par le secteur agricole. Cette loi vise notamment à faciliter l'utilisation de certains pesticides, dont l'acétamipride, un insecticide controversé. L'objectif affiché est de soutenir les agriculteurs face à des défis économiques et climatiques croissants. Cependant, cette mesure a suscité une vive opposition de la part d'associations écologistes et de partis politiques, qui y voient une régression pour la santé publique et l'environnement. La loi a été promulguée malgré les critiques, mais son application reste suspendue en attendant une décision du Conseil Constitutionnel.

Saisine du Conseil Constitutionnel

Le 20 juillet 2023, plusieurs groupes politiques, dont les écologistes et les Insoumis, ont saisi le Conseil Constitutionnel pour contester la constitutionnalité de cette loi. Leur argument principal repose sur le fait que la loi porte atteinte au principe de précaution, inscrit dans la Constitution française. Ce principe impose à l'État de protéger la santé et l'environnement, même en l'absence de certitudes scientifiques absolues. Les requérants estiment que l'autorisation de l'acétamipride, classé comme perturbateur endocrinien par certaines études, va à l'encontre de ce principe. Le Conseil Constitutionnel doit maintenant se prononcer sur la conformité de la loi avec la Constitution.

Rôle de l'acétamipride

L'acétamipride est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, des substances chimiques utilisées pour protéger les cultures contre les insectes ravageurs. Ces produits agissent en ciblant le système nerveux des insectes, mais ils sont également suspectés d'avoir des effets néfastes sur les abeilles et d'autres pollinisateurs. En France, l'acétamipride avait été interdit en 2018 en raison de ses risques pour la biodiversité, mais il a été réautorisé temporairement en 2020 dans le cadre de la lutte contre la jaunisse de la betterave. Son retour dans la loi d'urgence agricole de 2023 a relancé le débat sur son utilisation, notamment en raison de ses propriétés de perturbateur endocrinien, qui pourraient affecter la santé humaine.

Arguments des opposants

Les opposants à la loi d'urgence agricole, parmi lesquels figurent des associations comme Générations Futures ou Les Amis de la Terre, ainsi que des partis politiques comme Europe Écologie Les Verts et La France Insoumise, s'appuient sur plusieurs arguments pour contester la légalité de la mesure. Ils soulignent que l'acétamipride est déjà interdit dans plusieurs pays européens, comme l'Allemagne ou l'Italie, en raison de ses risques avérés pour l'environnement et la santé. De plus, ils rappellent que la France s'est engagée, via la Stratégie nationale pour la biodiversité et le Plan Écophyto, à réduire de 50 % l'usage des pesticides d'ici 2030. Pour eux, cette loi représente un recul inacceptable face aux enjeux climatiques et sanitaires actuels.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement français, représenté par le ministre de l'Agriculture, a défendu la loi en arguant qu'elle répond à une situation d'urgence pour les agriculteurs, notamment face à la pression des maladies des plantes et des conditions climatiques difficiles. Il a souligné que l'autorisation de l'acétamipride est temporaire et encadrée, et qu'elle s'inscrit dans une logique de *souveraineté alimentaire*. Le ministre a également rappelé que des études scientifiques sont en cours pour évaluer les risques réels de cette substance, et que la France respecte les normes européennes en matière de pesticides. Cependant, ces arguments n'ont pas convaincu les opposants, qui continuent de dénoncer un manque de transparence et une priorité donnée à l'économie plutôt qu'à la santé publique.

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