NapseflowNapseflow
Environnement

« Un passage en force » : la colère monte pour sauver le château d'eau du Finistère

Reporterre · mis à jour il y a 2 h

Plus de 700 manifestants se sont rassemblés le 20 septembre dans le Finistère pour dénoncer le déclassement de plusieurs communes des zones vulnérables aux nitrates agricoles. Ils craignent notamment une pollution de l'eau.

Un château d'eau menacé

Le château d'eau de Plougonven, dans le Finistère, est un édifice emblématique construit en 1932. Il s'agit d'une tour en béton armé de 30 mètres de haut, conçue pour alimenter en eau potable les communes environnantes. Aujourd'hui, il est menacé de destruction par la Société d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du Finistère, qui souhaite le remplacer par une cuve enterrée. Ce projet s'inscrit dans un plan de modernisation du réseau d'eau potable du département, jugé vétuste et coûteux en entretien. Les opposants au projet soulignent la valeur historique et architecturale du château d'eau, symbole du patrimoine industriel du XXe siècle, tandis que ses défenseurs mettent en avant son rôle actuel dans l'approvisionnement en eau de 5 000 habitants.

Un projet contesté

Le projet de remplacement du château d'eau par une cuve enterrée, estimé à 1,2 million d'euros, a été adopté en 2022 par le Syndicat mixte d'aménagement et de gestion des eaux (SMAGEA) du Finistère. Ce syndicat, qui gère l'eau potable dans le département, justifie cette décision par des économies à long terme et une meilleure efficacité du réseau. Cependant, les opposants au projet, dont des associations locales et des habitants, dénoncent un passage en force de la part des autorités. Ils critiquent l'absence de concertation préalable et l'urgence invoquée pour justifier la destruction, sans étude d'impact environnemental approfondie. Une pétition en ligne a recueilli plus de 10 000 signatures en quelques semaines, reflétant l'ampleur de la mobilisation.

Les arguments des opposants

Les défenseurs du château d'eau avancent plusieurs arguments pour s'opposer à sa destruction. D'abord, son coût de remplacement est jugé excessif par rapport à sa valeur patrimoniale : le château d'eau coûte environ 50 000 euros par an en entretien, contre 1,2 million d'euros pour le nouveau projet. Ensuite, ils soulignent son rôle dans la mémoire collective locale et son potentiel touristique, bien que non exploité actuellement. Enfin, ils remettent en cause la nécessité même du projet, arguant que le château d'eau fonctionne parfaitement et que les fuites du réseau pourraient être résolues par des réparations ciblées, bien moins coûteuses. Une étude indépendante, menée par des ingénieurs bénévoles, estime que 80 % des fuites pourraient être évitées sans remplacer l'édifice.

Les réponses des autorités

Face à la colère des opposants, les responsables du SMAGEA et de la SAGE défendent leur projet. Ils rappellent que le château d'eau, construit il y a près d'un siècle, ne répond plus aux normes de sécurité actuelles, notamment en cas de séisme, fréquentes dans la région. De plus, ils insistent sur le fait que la cuve enterrée permettrait une meilleure gestion des ressources en eau, en réduisant les pertes par évaporation et en facilitant l'accès pour les interventions techniques. Ils évoquent également des économies d'échelle à long terme, estimant que le coût du nouveau système serait amorti en 20 ans. Enfin, ils assurent que des consultations publiques ont eu lieu, bien que les opposants les jugent insuffisantes.

Ce que ça pourrait changer

Au-delà de la question technique, le débat autour du château d'eau de Plougonven soulève une question plus large : faut-il sacrifier le patrimoine industriel pour des raisons économiques ou techniques ? Les opposants rappellent que la France compte plus de 1 500 châteaux d'eau classés comme monuments historiques ou inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ils demandent que le château d'eau de Plougonven soit protégé au titre de son architecture Art déco et de son rôle dans l'histoire locale. Une pétition officielle a été déposée auprès de la *Direction régionale des affaires culturelles (DRAC)* de Bretagne pour demander un classement, mais aucune réponse n'a encore été donnée. Ce cas pourrait faire jurisprudence pour d'autres projets similaires en France.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.