Des automobilistes favorables aux pistes cyclables dans Hochelaga
Les résidents de l’arrondissement se déplacent en voiture, à vélo, à pied et en transport en commun..
Les Montréalais utilisent en moyenne 3,6 modes de transport différents de manière régulière ou occasionnelle, selon une consultation menée dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM). Parmi ces usagers, 75 % des propriétaires d'une voiture se déclarent favorables au développement des pistes cyclables. Cette ouverture s'explique par le fait que beaucoup de conducteurs sont aussi des cyclistes, piétons ou utilisateurs des transports en commun à d'autres moments. Les déplacements se répartissent ainsi : 30 % en voiture, 25 % à pied, 24 % en bus ou métro, et 21 % à vélo. L'objectif de ces aménagements est de permettre à chacun de choisir le mode de transport le plus adapté à ses besoins, tout en garantissant la sécurité de tous.
Une consultation en ligne et deux ateliers de mobilité ont été organisés en juin 2026 par Sarah V. Doyon, conseillère municipale de l'arrondissement MHM et membre du parti Projet Montréal. Cette démarche visait à compléter une autre consultation menée par la mairesse Chantal Gagnon, d'Ensemble Montréal, pour mettre à jour le Plan local de mobilité. Parmi les 410 répondants en ligne et une vingtaine de participants aux ateliers, 46 % possédaient une voiture, mais seulement la moitié l'utilisait comme principal mode de transport. Malgré cela, 77 % des propriétaires de voiture soutenaient le développement du réseau cyclable. La consultation a aussi révélé que les citoyens souhaitaient des aménagements sécuritaires comme les pistes cyclables, les dos d'âne ou les saillies de trottoir, sans pour autant remettre en cause l'usage de la voiture.
La consultation menée par l'arrondissement MHM a été critiquée pour des questions jugées surprenantes, comme l'ajout de cendriers près des trottoirs ou la possibilité de démanteler une piste cyclable, bien que la mairesse Soraya Martinez Ferrada ait exclu cette option. Sarah V. Doyon a souligné le manque d'informations complètes pour élaborer un plan de mobilité adapté aux besoins réels des habitants. Elle a donc lancé sa propre consultation pour combler ces lacunes. Ses conclusions devraient être intégrées au nouveau Plan de mobilité de l'arrondissement, attendu à l'automne 2026. L'élue a également défendu l'idée que les aménagements cyclables ou piétonniers ne visent pas à nuire aux automobilistes, mais à offrir plus d'options de déplacement sûres.
La rue Hochelaga, artère majeure de l'arrondissement MHM, était auparavant dangereuse avec trois voies dans chaque direction. Entre 2015 et 2021, 1 128 collisions impliquant des véhicules motorisés y ont été recensées sur 6,5 kilomètres, causant trois morts et 348 blessés, principalement des piétons et des cyclistes. Pour améliorer la sécurité, un projet de réaménagement prévoyait l'ajout de pistes cyclables protégées dans les deux sens et des passages pour piétons. Cependant, la longueur du projet a été réduite d'un tiers, ce qui a suscité des interrogations de la part de Sarah V. Doyon, qui ne comprend pas cette décision.
Sarah V. Doyon, élue de Projet Montréal, rejette l'image d'une militante cycliste dogmatique. Elle utilise elle-même la voiture pour conduire ses filles à leurs activités, tout en privilégiant les transports en commun pour ses autres déplacements. Elle insiste sur la nécessité de ne pas diaboliser l'automobile, car elle reste essentielle pour certains usagers. Son approche vise à équilibrer les aménagements pour tous les modes de transport, sans supprimer de choix existants. Elle rappelle que les pistes cyclables et les infrastructures piétonnes ne privent personne, mais élargissent les possibilités de déplacement de manière sécuritaire.

