Des automobilistes favorables aux pistes cyclables dans Hochelaga
La consultation menée dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM) révèle un paradoxe montréalais : malgré les tensions récurrentes autour de la cohabitation entre modes de transport, une majorité d'automobilistes se déclarent favorables au développement des pistes cyclables. Cette acceptation pragmatique, portée par une utilisation polymodale des déplacements, interroge les fondements des discours opposant cyclistes et automobilistes, tout en soulignant l'urgence d'une planification urbaine intégrée.
Quelle proportion des propriétaires de voiture à MHM soutiennent le développement du réseau cyclable, et comment expliquer cette position ?
77 % des propriétaires de voiture dans l'arrondissement de MHM sont favorables au développement du réseau cyclable. Cette position s'explique par l'usage polymodal des Montréalais, qui combinent en moyenne 3,6 modes de transport, dont la marche (25 %), les transports en commun (24 %), le vélo (21 %) et la voiture (30 %). Les automobilistes, souvent aussi cyclistes ou piétons, perçoivent ces aménagements comme des leviers de sécurité collective plutôt que comme une menace pour leur mobilité.
Quels éléments de la consultation menée par Sarah V. Doyon contrastent avec celle de l'arrondissement, dirigée par Chantal Gagnon ?
La consultation de Sarah V. Doyon, élue de Projet Montréal, s'est concentrée sur les besoins réels des usagers en matière de mobilité sécuritaire, tandis que celle de l'arrondissement, dirigée par Chantal Gagnon (Ensemble Montréal), a été critiquée pour ses questions jugées incongrues, comme l'ajout de cendriers ou la possibilité de démanteler une piste cyclable — une option pourtant explicitement exclue par la mairesse Soraya Martinez Ferrada.
Pourquoi la rue Hochelaga cristallise-t-elle les enjeux de cohabitation entre modes de transport ?
La rue Hochelaga, auparavant dangereuse avec 1 128 collisions en six ans et trois morts, illustre les tensions entre automobilistes, cyclistes et piétons. Son réaménagement, initialement prévu avec des pistes cyclables protégées et des passages pour piétons, a été réduit d'un tiers, suscitant des interrogations sur la priorité accordée à la sécurité des usagers vulnérables. Cette artère symbolise ainsi l'arbitrage entre fluidité automobile et aménagement urbain inclusif.
Ce que ça pourrait changer
Cette consultation pourrait influencer le nouveau Plan local de mobilité de MHM, attendu à l'automne 2026, en intégrant une vision multimodale et sécuritaire des déplacements. Elle met en lumière la nécessité d'éviter les clivages stériles entre modes de transport, tout en rappelant que les aménagements cyclables et piétonniers ne se substituent pas à l'usage automobile, mais en élargissent les alternatives. La réduction de projets comme celui de la rue Hochelaga pourrait, à l'inverse, aggraver les risques de conflits d'usage et de sécurité.

