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La protection des routes côtières passe par celle des écosystèmes, estime le BAPE

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

Ces milieux naturels «sont la pierre d’assise de la résilience du littoral face aux changements climatiques»..

Protéger les routes autrement

Pour protéger les routes côtières du Québec, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) recommande une approche différente : plutôt que de lutter contre la nature, il faut s’allier à elle. Le BAPE, un organisme indépendant qui évalue les projets d’infrastructure sous l’angle environnemental, a rendu public un rapport le 25 septembre 2026. Ce rapport porte sur un programme de protection des routes nationales 132 et 199, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux îles de la Madeleine. Ces régions sont particulièrement exposées à des aléas côtiers comme l’érosion ou les inondations causées par les tempêtes. Le réchauffement climatique aggrave ces risques en faisant monter le niveau de la mer et en réduisant la couverture de glace en hiver, ce qui expose davantage les côtes aux vagues.

Écosystèmes, alliés naturels

Le BAPE souligne que les écosystèmes côtiers, comme les marais littoraux ou les battures (zones de vase et de sable découvertes à marée basse), jouent un rôle clé dans la protection des routes. Ces milieux naturels atténuent l’impact des vagues et des tempêtes grâce à leurs plantes, dont les racines stabilisent les sols. Pourtant, 43 % des écosystèmes côtiers de l’est du Québec n’ont aucune possibilité de migration vers l’intérieur des terres, car ils sont bloqués par des obstacles comme les routes. Le rapport de 89 pages, rédigé par Antoine Morissette et ses collègues, insiste sur le fait que ces écosystèmes sont la pierre d’assise de la résilience du littoral face aux changements climatiques. Il propose d’utiliser des techniques végétales, comme planter des espèces locales en bord de mer ou installer des clôtures en bois pour protéger les jeunes plants pendant leur enracinement.

Un programme coûteux et préventif

Le ministère des Transports du Québec a lancé un programme décennal (2027-2037) pour protéger une cinquantaine de tronçons des routes 132 et 199, vulnérables aux aléas côtiers. Ce programme, dont le coût est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, vise à éviter les réparations d’urgence après des catastrophes. Il marque une amélioration des pratiques du ministère, selon le BAPE, car il privilégie la prévention. Cependant, des groupes écologistes comme Nature Québec et le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent ont critiqué lors des audiences publiques du printemps 2026 un risque d’artificialisation massive du littoral, qui menacerait la biodiversité. Le BAPE rappelle que l’adaptation aux changements climatiques ne doit pas se limiter à protéger les infrastructures, mais aussi à préserver les processus écologiques naturels.

Ce que ça pourrait changer

Le BAPE formule plusieurs recommandations pour améliorer la transparence du ministère des Transports. Actuellement, le programme prévoit uniquement un *sondage d’opinion* pour consulter les citoyens, ce qui est jugé insuffisant. Le BAPE propose de *renforcer la participation* des municipalités et des habitants en créant des *comités de liaison* locaux. Ces comités permettraient de maintenir un dialogue constant entre le ministère et les communautés côtières, dont les réalités sont souvent différentes. Le rapport souligne que la participation citoyenne doit être élargie pour refléter les attentes et les préoccupations des résidents, notamment sur les interventions dans leur milieu de vie. Le ministère des Transports espère obtenir le décret gouvernemental nécessaire pour lancer le programme dès 2027.

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