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Géopolitique

La vague de chaleur en Europe provoque des pertes massives de récoltes de céréales

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

À cause des épisodes répétés de canicule en juin, les moissons devraient rapporter deux milliards d’euros de moins aux céréaliers européens. La France et la Hongrie figurent en tête des pays les plus touchés..

Pertes financières majeures

La vague de chaleur qui a frappé l'Europe en juin 2024 a provoqué des pertes estimées à 2,1 milliards d'euros sur les récoltes de céréales, selon les calculs de l'association européenne des grains Coceral. Ce montant correspond à la baisse des rendements pour le blé, l'orge, le maïs et d'autres céréales, évaluée en fonction des prix nationaux à la production. Par exemple, en France, la récolte de grains a été revue à la baisse de 4,1 millions de tonnes, représentant une perte d'environ 891 millions d'euros aux prix actuels. Ces chiffres illustrent l'impact économique direct des conditions climatiques extrêmes sur un secteur déjà fragilisé par des années de perturbations.

Baisse des rendements agricoles

Les prévisions de production de céréales en Europe et au Royaume-Uni ont été révisées à la baisse de 9 millions de tonnes en l'espace de quatre semaines, après la canicule de juin. Cette diminution concerne particulièrement les pays du sud de la France, du sud de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Pologne et de la Hongrie, où les températures ont dépassé les 40°C localement. Les céréales, comme le blé ou le maïs, sont très sensibles à la chaleur pendant leur phase de croissance. Un épisode de canicule à ce stade peut réduire significativement leur rendement, voire les rendre impropres à la récolte. Par exemple, un céréalier français, Benoît Merlo, anticipe une baisse de 50 à 70% pour certaines cultures comme le soja.

Contexte climatique exceptionnel

Le mois de juin 2024 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, avec une hausse des températures de 3°C par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. Cette anomalie climatique s'inscrit dans une tendance plus large de réchauffement global, où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses. En France, des records de température ont été battus, avec des pointes à 43°C dans certaines régions. Ces conditions extrêmes aggravent les stress hydriques et thermiques subis par les cultures, limitant leur capacité à produire des grains viables. Les scientifiques associent ces phénomènes au dérèglement climatique, un terme désignant les modifications durables du climat causées par les activités humaines.

Pays les plus touchés

Parmi les pays européens, la France et la Hongrie subissent les pertes les plus importantes. En France, la baisse des rendements est estimée à 4,1 millions de tonnes, soit près de 900 millions d'euros de pertes. En Hongrie, les températures ont également dépassé les 40°C, affectant gravement les récoltes locales. Ces deux pays, situés dans des zones déjà vulnérables aux aléas climatiques, illustrent les disparités géographiques des impacts. Les régions du sud de l'Europe, comme l'Espagne ou l'Italie, pourraient également être concernées par des baisses de production, bien que les données précises ne soient pas encore disponibles pour 2024.

Réactions des acteurs du secteur

Les professionnels du secteur agricole, comme Benoît Merlo, un céréalier de l'Ain, tirent la sonnette d'alarme. Merlo décrit une situation critique où « tout finit par lâcher » après plusieurs semaines de températures dépassant 38°C. Il évoque des rendements en chute libre, avec des pertes pouvant atteindre 70% pour certaines cultures. Ces témoignages soulignent l'urgence d'adapter les pratiques agricoles aux nouvelles conditions climatiques, notamment en diversifiant les cultures ou en investissant dans des variétés plus résistantes à la chaleur. Cependant, ces solutions nécessitent des moyens financiers et techniques que tous les agriculteurs ne possèdent pas.

Ce que ça pourrait changer

Les pertes de récoltes en Europe ont des répercussions bien au-delà des frontières nationales. L'Europe est l'un des principaux exportateurs mondiaux de céréales, et une baisse de sa production peut perturber les marchés internationaux. Par exemple, une réduction des exportations de blé européen pourrait faire monter les prix mondiaux, affectant la sécurité alimentaire de pays dépendants de ces importations. Cette situation rappelle l'importance des *réserves de céréales*, que de nombreux pays constituent pour faire face aux crises. En période d'instabilité géopolitique, ces stocks deviennent un outil stratégique pour éviter les pénuries.

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