NapseflowNapseflow
Généraliste

Haïti est confronté à une recrudescence des enlèvements à l’approche des élections

Le Devoir · mis à jour il y a 12 j

81 enlèvements auraient eu lieu entre avril et juin, un bond de 42% par rapport au 1ᵉʳ trimestre de 2026, selon l’ONU..

Crise des enlèvements

Haïti fait face à une augmentation alarmante des enlèvements, un phénomène qui s’est intensifié depuis 2020. Entre avril et juin 2026, au moins 81 personnes ont été enlevées, ce qui représente une hausse de 42 % par rapport au premier trimestre de la même année. Cette recrudescence touche des personnalités influentes comme James Boyard, inspecteur général de la police et directeur de cabinet du ministère de la Défense, enlevé en juin 2026 à Bourdon, un quartier de Port-au-Prince généralement considéré comme sûr. D’autres figures notables, comme l’avocat Caleb Jean-Baptiste et Stéphanie Paultre, directrice d’un organisme éducatif, ont également été victimes de ces actes. Ces enlèvements surviennent alors que le pays se prépare à organiser des élections générales, une première depuis plus de dix ans, après l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. La situation illustre l’incapacité de l’État haïtien à garantir la sécurité de ses citoyens, malgré le rôle central que jouent ces élections dans le paysage politique et social du pays.

Impact des élections

Les élections générales en Haïti, prévues après plus d’une décennie sans scrutin, agissent comme un accélérateur de tensions et de violences, selon Romain Le Cour, directeur de l’Observatoire d’Haïti. Ces événements attirent l’attention internationale et exercent une pression accrue sur les acteurs politiques locaux. Ils révèlent également les failles structurelles du pays, notamment l’incapacité des institutions à protéger leurs citoyens, y compris les hauts responsables. Les enlèvements ciblant des personnalités de premier plan, comme des policiers ou des avocats, visent à déstabiliser davantage un système déjà fragilisé. Cette stratégie des gangs, souvent liés au crime organisé, cherche à semer la peur et à influencer le processus électoral, tout en exposant les limites de l’État face à ces groupes armés.

Silence et rançons

La majorité des enlèvements en Haïti ne sont pas signalés aux autorités par crainte de représailles, d’une augmentation des rançons ou d’un blocage des négociations en cours avec les ravisseurs. Cette omerta s’explique par la puissance des gangs, qui contrôlent de vastes zones du pays et n’hésitent pas à recourir à la violence pour faire pression. Cependant, une initiative inhabituelle a été prise en septembre 2026 par l’avocat Dorime Boulos, qui a organisé une conférence de presse pour annoncer une collecte de fonds destinée à libérer Caleb Jean-Baptiste. Cette démarche, bien que rare, reflète l’urgence de la situation et la volonté de certains citoyens de briser le silence, malgré les risques encourus. Les rançons, souvent élevées, financent les activités criminelles des gangs et aggravent la crise économique du pays.

Évolution des enlèvements

Les enlèvements en Haïti ont connu une croissance exponentielle depuis 2020, passant de 234 cas cette année-là à 2 490 en 2023, soit une hausse de 83 % par rapport à 2022. En 2024, 2 058 enlèvements ont été recensés, marquant une légère baisse par rapport à 2023, mais une nouvelle escalade en 2025, avec 1 268 cas signalés, soit une diminution de près de 40 % par rapport à l’année précédente. Cependant, le nombre réel d’enlèvements serait bien plus élevé, car de nombreux cas ne sont pas déclarés. En 2020, l’enlèvement et le meurtre d’une lycéenne, Évelyne Sincère, avaient provoqué des manifestations massives, révélant l’ampleur de la crise. Les victimes de ces actes incluent des ouvriers, des commerçants, des chefs religieux, des médecins, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, montrant que aucun groupe social n’a été épargné.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, le premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a déclaré lors de l’Assemblée générale des Nations unies que le rétablissement de la sécurité était une priorité absolue. Pour y parvenir, 4 000 nouveaux policiers sont en formation en 2026, et 1 500 soldats supplémentaires ont déjà terminé leur entraînement, portant à 15 000 le nombre total de nouveaux militaires prévus d’ici trois ans. En septembre 2026, la Police nationale haïtienne a également formé une dizaine d’agents spécialisés dans la négociation avec les ravisseurs, une compétence cruciale pour désamorcer les crises. Par ailleurs, le mandat d’une *force de lutte contre les gangs* soutenue par l’ONU, comptant près de 1 600 membres, a été renouvelé, avec un objectif de doubler ce nombre prochainement. Ces mesures visent à restaurer l’autorité de l’État et à protéger la population, dans un contexte où les gangs étendent leur emprise sur le pays.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.