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Généraliste

«Canceller» ou porter plainte

Le Devoir · mis à jour il y a 20 j

Reconnaître la légitimité des désaccords est l’un des fondements de la démocratie..

Démocratie et liberté d'expression

L'article souligne que reconnaître la légitimité des désaccords est un pilier essentiel de la démocratie. En démocratie, les limites à la liberté d'expression ne peuvent être fixées que par le législateur ou les tribunaux, ou par des instances déléguées comme les ordres professionnels. Par exemple, si une personne tient des propos jugés illégaux ou contraires aux règles d'un ordre professionnel, la démarche appropriée est de déposer une plainte officielle. Cela permet d'éviter que des individus ou des groupes s'arrogent ce pouvoir de censure, ce qui serait antidémocratique. Dans ce cadre, la personne visée par la plainte a toujours le droit de se défendre devant les tribunaux ou les instances disciplinaires, garantissant ainsi un équilibre entre les droits des uns et des autres.

Cancel culture vs justice

L'auteur distingue clairement deux approches face à des propos controversés : la cancel culture et le dépôt de plainte. La cancel culture (ou culture de l'annulation) consiste à exclure ou censurer une personne sans passer par les voies légales, souvent sous la pression des réseaux sociaux ou de groupes militants. Par exemple, des administrateurs peuvent annuler une conférence ou un spectacle par crainte de manifestations, ou des médias peuvent censurer des opinions jugées controversées. Cette pratique est critiquée car elle s'arroge un pouvoir de jugement qui, en démocratie, revient uniquement aux tribunaux ou au législateur. À l'inverse, porter plainte permet une procédure équitable où la personne visée peut se défendre. L'auteur note que la cancel culture est souvent utilisée pour des propos qui ne seraient pas illégaux devant un tribunal, mais qui sont jugés inacceptables par certains groupes.

Plainte et défense légale

Lorsque des plaintes sont déposées, que ce soit devant un tribunal ou un ordre professionnel comme le Collège des médecins, la personne visée a toujours le droit de se défendre. Par exemple, si une plainte est déposée contre une psychiatre pour des propos jugés problématiques, celle-ci peut plaider que les poursuites sont injustifiées ou malveillantes. De même, si une plainte est jugée abusive par un ordre professionnel, la personne concernée peut contester cette décision. Cette procédure garantit un équilibre entre la protection des droits individuels et le respect des règles collectives. L'auteur souligne que cette approche est conforme aux principes démocratiques, contrairement à la cancel culture, qui prive les individus de tout recours équitable.

Rôle des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la propagation de la cancel culture. Lorsqu'une personne est accusée de propos haineux, racistes ou transphobes sur ces plateformes, ces accusations sont souvent amplifiées sans preuve ni vérification. Par exemple, des termes comme haineux ou raciste sont utilisés de manière outrancière, sans que ces propos ne soient nécessairement illégaux au sens de la loi. L'auteur explique que ces accusations, bien que souvent infondées, peuvent nuire à la réputation d'une personne, car elles sont relayées massivement et perçues comme crédibles par une partie du public. Cette dynamique alimente la polarisation et nuit au débat démocratique.

Trumpisme et polarisation

L'auteur associe le trumpisme à une attitude antidémocratique, caractérisée par le refus de reconnaître la légitimité des adversaires politiques et par l'utilisation d'insultes et de mensonges. Cette posture transforme l'adversaire en ennemi et mine les fondements du débat démocratique. Par exemple, le trumpisme se manifeste par des attaques personnelles, des exagérations rhétoriques et une polarisation systématique de la société. L'auteur cite Platon, qui soulignait que sans pudeur (respect des règles communes) et justice (reconnaissance de l'autre), les sociétés ne peuvent exister. Il appelle à renouer avec ces valeurs pour éviter la dégradation du débat public.

Ce que ça pourrait changer

L'article mentionne deux exemples concrets au Québec pour illustrer ses propos. Le premier concerne le Parti québécois (PQ), dont le chef, Paul St-Pierre Plamondon, a été critiqué pour avoir déposé des plaintes contre une psychiatre tout en défendant un candidat accusé de propos provocateurs. L'auteur explique que cette attitude n'est pas contradictoire : elle reflète simplement le recours aux voies légales pour régler un désaccord. Le second exemple concerne Amnistie internationale Canada francophone, dont la directrice générale, France-Isabelle Langlois, s'est inquiétée d'une prétendue *dérive autoritaire* liée à ces plaintes. L'auteur rejette cette critique, soulignant que ces procédures relèvent du cadre démocratique.

Sujets complémentaires

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