Parcoursup : d'où vient la colère? / L’Arabie saoudite seule face aux Houthis? / Restitution des biens culturels spoliés
Un violon volé par l'occupant pendant la Seconde Guerre mondiale ; la statue du dieu Gou, réclamée par le Bénin à la France, qui la détient depuis la conquête du royaume du Dahomey ; et la loi du 9 mai 2026, facilitant la restitution des œuvres accaparées… Rendre, oui, mais à qui, quand et comment ?.
La plateforme Parcoursup, utilisée en France pour l'orientation post-bac, suscite une colère croissante parmi les lycéens depuis sa mise en place. Ce système, lancé en 2018, vise à simplifier l'accès aux études supérieures en centralisant les vœux des étudiants et les réponses des établissements. Cependant, ses détracteurs critiquent notamment son manque de transparence dans les critères de sélection, qui peuvent varier selon les filières ou les académies. Les lycéens dénoncent aussi des algorithmes opaques, perçus comme injustes, et un sentiment d'abandon face à des réponses parfois tardives ou incompréhensibles. Mathis d'Aquino, doctorant en science politique, souligne que cette colère reflète un malaise plus profond : celui d'une génération qui se sent exclue d'un système perçu comme élitiste et inégalitaire. Les débats portent également sur l'absence de recours effectifs pour contester les décisions, renforçant le sentiment d'impuissance des étudiants.
L'Arabie saoudite, dirigée par Mohammed ben Salmane (surnommé MBS), se retrouve isolée face aux Houthis, un mouvement armé yéménite soutenu par l'Iran. Ce conflit, qui dure depuis 2014, a débuté comme une guerre civile au Yémen avant de s'internationaliser. Les Houthis, issus d'une branche de l'islam chiite, ont pris le contrôle d'une partie du pays, dont la capitale Sanaa, en 2015. Depuis, l'Arabie saoudite, leader d'une coalition militaire arabe, mène une intervention directe au Yémen pour tenter de rétablir le gouvernement reconnu internationalement. Cependant, cette guerre s'enlise, avec des milliers de victimes civiles et une crise humanitaire majeure. Laurent Bonnefoy, politologue spécialiste de la région, explique que l'Arabie saoudite, malgré ses ressources financières et militaires, peine à l'emporter face à une guérilla adaptative et soutenue par des alliés régionaux. Le conflit illustre aussi les tensions géopolitiques entre l'Arabie saoudite et l'Iran, deux puissances régionales rivales.
La question de la restitution des biens culturels spoliés, notamment pendant les conflits ou les colonisations, revient régulièrement sur le devant de la scène. En France, une loi adoptée le 9 mai 2026 facilite désormais les procédures pour rendre ces œuvres à leurs pays d'origine. Parmi les exemples cités, on trouve un violon volé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore la statue du dieu *Gou*, réclamée par le Bénin à la France. Cette statue, symbole du royaume du Dahomey, avait été saisie lors de la conquête coloniale française en 1894. Bénédicte Savoy, historienne de l'art, rappelle que ces restitutions soulèvent des questions complexes : à qui rendre ces objets ? Comment déterminer leur légitime propriétaire ? Faut-il compenser financièrement les pays détenteurs ? Les débats portent aussi sur la préservation de ces œuvres, certaines institutions françaises craignant une perte pour le patrimoine mondial. Sonia Devillers, journaliste et autrice, interroge l'impact symbolique de ces restitutions : peuvent-elles réparer les injustices du passé ou ne sont-elles qu'un geste politique ?

