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Géopolitique

Trouble de la personnalité borderline : des liens avec la génétique révélés par une étude

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Onze emplacements sur le génome humain seraient associés à ce trouble qui touche environ 2 % de la population, révèle une méta-analyse de grande ampleur..

Étude génétique majeure

Une méta-analyse publiée le 20 juillet dans la revue Nature Genetics a révélé les premiers indices de facteurs de risques génétiques liés au trouble de la personnalité borderline (TPB). Cette étude, menée à grande échelle, a analysé le génome complet de nombreux individus, qu’ils soient en bonne santé ou atteints de ce trouble. Les chercheurs ont identifié onze emplacements spécifiques dans le génome humain, appelés locus, ainsi que neuf gènes potentiellement associés au TPB. Cette découverte marque une avancée significative, car elle suggère que la génétique joue un rôle important dans le développement de ce trouble, bien qu’elle n’en explique pas la totalité. Fabian Streit, premier auteur de l’étude et chercheur cité par Nature, souligne que ces résultats ouvrent de nouvelles pistes pour comprendre les mécanismes sous-jacents du TPB.

Rôle de l'hérédité

Parmi les onze locus identifiés, cinq d’entre eux expliquent environ 17 % du risque héréditaire lié au trouble de la personnalité borderline. Cela signifie que la génétique contribue de manière notable à ce trouble, mais ne suffit pas à elle seule à le déclencher. Fabian Streit précise que ces chiffres indiquent une prédisposition génétique importante, sans pour autant permettre de prédire avec certitude si un individu développera ce trouble. Le TPB touche environ 2 % de la population dans les pays occidentaux, avec une prévalence plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Ces données soulignent la complexité du trouble, qui ne peut être réduit à un simple facteur génétique.

Liens avec d'autres troubles

Les gènes associés au risque de trouble de la personnalité borderline sont également liés à d’autres troubles psychiatriques, notamment la dépression et le trouble du déficit de l’attention (TDA). Une corrélation génétique forte a également été observée avec le trouble de stress post-traumatique. Ces résultats suggèrent que certains mécanismes biologiques pourraient être communs à plusieurs troubles mentaux. Ted Schwaba, psychologue à l’université d’État du Michigan et non impliqué dans l’étude, rappelle cependant qu’une prédisposition génétique ne peut en aucun cas servir de prédiction individuelle. Ces découvertes ouvrent la voie à des recherches complémentaires pour mieux comprendre les interactions entre génétique et environnement dans le développement de ces troubles.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude s’inscrit dans le cadre de travaux plus larges visant à explorer les liens entre génétique et troubles psychiatriques. Les chercheurs soulignent l’importance de poursuivre les investigations pour identifier les mécanismes précis par lesquels ces gènes influencent le développement du trouble borderline. Les résultats publiés dans *Nature Genetics* pourraient, à terme, contribuer à améliorer les diagnostics ou les approches thérapeutiques. Cependant, les auteurs insistent sur le fait que ces découvertes ne remettent pas en cause l’importance des facteurs environnementaux, comme les traumatismes ou les conditions de vie, dans l’apparition du TPB. La recherche en génétique psychiatrique reste donc un domaine en constante évolution.

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