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Géopolitique

Indignation au Pérou après l’agression sexuelle filmée d’une chanteuse de cumbia

Courrier International · mis à jour il y a 27 j

Ce n’est qu’après la dénonciation publique des faits que l’orchestre La Bella Luz a écarté le directeur musical, responsable d’attouchements sur sa chanteuse principale. L’affaire survient dans un contexte sensible concernant les droits des femmes au Pérou, dont la nouvelle présidente, Keiko Fujimori, est connue pour ses positions hostiles au droit à l’avortement et à ses relations tendues avec les mouvements féministes..

Affaire de harcèlement filmé

Une vidéo diffusée dans les médias péruviens montre Naldy Saldaña, chanteuse principale de l’orchestre de cumbia La Bella Luz, subir des attouchements et des baisers forcés de la part de César Sánchez Chavesta, alors directeur musical du groupe. Malgré les tentatives de la victime pour se dégager, l’homme persiste dans ses gestes. Les images, devenues virales, ont provoqué une vague d’indignation au Pérou. Les faits remontent au mois de juin 2026, mais l’affaire n’a été révélée que le 4 août 2026 lors d’une émission de télévision, Magaly TV, après le départ de la chanteuse du groupe.

Silence et complicité

Naldy Saldaña affirme avoir subi ce harcèlement sexuel pendant des mois sans obtenir de soutien de la part des dirigeants ou du fondateur du groupe, qui est le cousin de l’ex-directeur musical. Selon ses déclarations, aucune mesure n’a été prise pour garantir un environnement professionnel sûr, malgré les plaintes répétées. Ce n’est qu’après la diffusion publique des images et la pression médiatique que l’orchestre a écarté César Sánchez Chavesta de ses fonctions. L’affaire révèle un climat de tolérance envers les violences faites aux femmes dans le milieu artistique péruvien.

Contexte péruvien tendu

Cette affaire survient dans un contexte où les droits des femmes au Pérou sont particulièrement fragiles. En 2024, plus d’une femme sur deux (52 %) déclarait avoir subi des violences de la part de son conjoint ou ex-conjoint, contre près de 77 % en 2009. Le Pérou est dirigé depuis 2026 par Keiko Fujimori, dont les positions politiques sont hostiles au droit à l’avortement et tendues avec les mouvements féministes. Ces éléments expliquent en partie la sensibilité accrue de l’opinion publique face à ce type d’affaires.

Réactions et mobilisation

La diffusion des images a provoqué un scandale national et déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Les Péruviens ont exprimé leur colère face à cette agression filmée, qui illustre la persistance des violences sexuelles dans le pays. L’affaire a également mis en lumière l’absence de protection pour les victimes dans certains milieux professionnels, notamment artistique. Les réactions montrent une prise de conscience croissante, bien que les mécanismes de soutien aux victimes restent insuffisants.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire soulève des questions sur l’impunité des agresseurs dans certains secteurs et sur l’efficacité des lois péruviennes pour protéger les victimes de violences sexuelles. Elle met aussi en évidence les difficultés rencontrées par les femmes pour faire entendre leur voix, même dans des milieux où leur notoriété devrait les protéger. Les autorités et les associations féministes pourraient être amenées à renforcer les mesures de prévention et de sanction contre les violences faites aux femmes, dans un pays où ces problèmes restent profondément ancrés.

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