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Géopolitique

L’Union est toujours à la recherche d’une politique extérieure

Le Grand Continent · mis à jour il y a 1 h

Un groupe de pays plaide pour réformer le processus décisionnel de la politique étrangère du bloc. L’article L’Union est toujours à la recherche d’une politique extérieure est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Réunion des ministres

Hier, le 2 septembre 2026, les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne se sont réunis pour leur Conseil mensuel. L’objectif principal de cette réunion était d’évaluer l’avenir du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), une structure créée pour coordonner la politique étrangère de l’UE. Ce service, mis en place par le Traité de Lisbonne en 2009, n’a pas permis de renforcer significativement la cohérence des actions extérieures de l’Union. La réunion s’est déroulée dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a révélé les limites de la politique de défense commune européenne.

Règle de l’unanimité

L’un des principaux obstacles à une politique étrangère européenne efficace reste la règle de l’unanimité. Pour qu’une décision soit adoptée, tous les États membres doivent être d’accord. Cette règle, prévue par les traités de l’UE, paralyse souvent les actions extérieures, car un seul pays peut bloquer une décision. Par exemple, les divisions entre les États membres sur la guerre en Ukraine, le conflit à Gaza ou les crises au Moyen-Orient ont empêché l’Union de parler d’une seule voix. Malgré ces blocages, la politique de défense commune n’a pas progressé, et le soutien militaire à l’Ukraine a principalement été assuré par l’OTAN et des coalitions de pays volontaires, plutôt que par l’UE elle-même.

Tensions institutionnelles

Les tensions entre les institutions européennes compliquent davantage la situation. Selon les traités, la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, actuellement Kaja Kallas, est chargée de coordonner la politique étrangère de l’UE. Cependant, son rôle est affaibli par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui cherche à étendre son influence dans ce domaine. Von der Leyen dispose d’un avantage clé : le contrôle du budget de l’UE et des services de la Commission, qui interviennent dans des domaines liés à la politique étrangère comme le commerce, les migrations ou l’aide au développement. Cette rivalité institutionnelle rappelle celle qui existait sous le mandat précédent de Josep Borrell, entre 2019 et 2024.

Lettre des onze États

Onze États membres ont envoyé une lettre à Kaja Kallas pour proposer des réformes visant à améliorer le processus décisionnel en matière de politique étrangère. Ces pays, dont les noms ne sont pas précisés dans l’article, insistent sur trois principes. D’abord, ils demandent que les États membres respectent le principe de «coopération sincère», c’est-à-dire qu’aucun pays ne doit défendre une politique allant à l’encontre des intérêts collectifs de l’UE. Ensuite, ils proposent que les États minoritaires sur un sujet donné utilisent «l’abstention constructive» plutôt que le veto, afin de ne pas bloquer les décisions. Enfin, ils veulent interdire de lier des «questions sans rapport» aux débats sur la politique extérieure, une pratique souvent utilisée par des pays comme la Hongrie sous Viktor Orbán pour obtenir des concessions financières.

Réformes institutionnelles

Les onze États proposent également des réformes structurelles pour clarifier les responsabilités en matière de politique étrangère. Ils suggèrent de faire de la Haute représentante une Vice-présidente exécutive de la Commission européenne, avec une autorité hiérarchique claire sur les services de la Commission impliqués dans les affaires étrangères et la sécurité. Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) serait réintégré à la Commission, sauf pour les services liés à la politique de défense et de sécurité commune, qui reste une compétence intergouvernementale. La Haute représentante rendrait compte chaque mois au Conseil européen, composé des chefs d’État et de gouvernement, qui lui donnerait des orientations. Ces propositions visent à rendre l’architecture institutionnelle plus lisible, mais elles pourraient se heurter à la volonté d’Ursula von der Leyen de réduire le rôle de la Haute représentante.

Ce que ça pourrait changer

Même si les propositions des onze États étaient adoptées, elles ne suffiraient probablement pas à transformer radicalement la politique étrangère de l’UE. En effet, sans modification des traités pour supprimer la règle de l’unanimité, les blocages persisteraient. Les réformes institutionnelles pourraient cependant avoir un impact plus significatif en clarifiant les responsabilités. L’article souligne que le principal défi reste la volonté des États membres de renoncer à leur droit de veto, une décision qui nécessiterait un consensus politique difficile à obtenir, surtout dans un contexte électoral clé pour l’Europe en 2026.

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