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Généraliste

Les tarifs douaniers sur l’auto seront-ils un obstacle permanent à un accord commercial?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

L'automobile fut au cœur de l'échec des négociations Canada-É.-U. et reste un obstacle majeur à leur reprise..

Contexte des tensions

Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, centrées sur le secteur automobile, sont au point mort depuis l'échec des pourparlers la semaine dernière. Les États-Unis, sous l'administration Trump, souhaitent rapatrier les chaînes de production automobile au sud de la frontière, ce qui crée une tension majeure. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les États-Unis veulent une réindustrialisation globale, notamment pour relancer les emplois manufacturiers dans des États comme le Michigan ou l'Ohio. Il a précisé que l'objectif n'est pas d'éliminer totalement l'industrie automobile canadienne, mais de renforcer la production américaine. Les propos de M. Greer interviennent dans un contexte où les États-Unis accusent un déficit important dans leurs emplois manufacturiers, dont une partie est liée à l'automobile. Les négociations butent notamment sur la question des tarifs douaniers, que les États-Unis menacent de doubler dès le début de 2027 sur les véhicules fabriqués au Canada et les pièces automobiles non conformes à l'ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique).

Tarifs douaniers en jeu

Les tarifs douaniers américains sur les véhicules finis et les pièces automobiles canadiennes sont un point de blocage central dans les négociations. Les États-Unis imposent actuellement un taux de 25 % sur les véhicules importés, y compris ceux fabriqués au Canada. Les négociateurs canadiens ont tenté de faire réduire ce taux, mais les États-Unis ont exclu les camions lourds et moyens de cet allègement. Ces camions, comme les Ford F-Series ou les Chevrolet Silverado, sont assemblés en Ontario et emploient environ 20 000 travailleurs. Les États-Unis justifient cette exclusion en distinguant les tarifs sur les véhicules légers de ceux sur les camions. M. Greer a confirmé que les droits de douane sur les camions moyens et lourds restent distincts des tarifs automobiles. Le Canada craint que ces mesures n'affaiblissent l'ensemble de l'industrie nord-américaine, déjà très intégrée, où une voiture ou ses composants peuvent traverser la frontière jusqu'à huit fois au cours de sa fabrication.

Industrie automobile intégrée

L'industrie automobile nord-américaine est profondément interconnectée entre le Canada et les États-Unis. Par exemple, des usines comme celle de Honda à Alliston, en Ontario, produisent des véhicules dont les composants proviennent des deux côtés de la frontière. Cette intégration rend difficile un rapatriement complet des chaînes de production aux États-Unis, comme le souhaite l'administration Trump. Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile, souligne que les industries des deux pays forment un tout indissociable : Les pays ne fabriquent pas de voitures. Ce sont les industries de ces pays qui fabriquent des voitures. Brian Kingston, président de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, ajoute que si les tarifs douaniers ne sont pas réduits, l'industrie nord-américaine perdra en compétitivité face à d'autres régions du monde, comme l'Europe ou l'Asie. Il estime qu'un accord reste possible, mais que les représailles commerciales menacent l'ensemble du secteur.

Réactions canadiennes

Au Canada, les réactions sont contrastées face aux pressions américaines. Flavio Volpe et Brian Kingston, représentants des industries automobiles canadiennes, se disent encouragés par les propos de M. Greer, qui a accordé une entrevue à des médias canadiens, signe selon eux d'une volonté de dialogue. M. Volpe met en garde : si le Canada cède aux exigences américaines en sacrifiant son industrie automobile, les conséquences seront portées par les Canadiens eux-mêmes. Il rappelle que l'industrie automobile canadienne emploie des dizaines de milliers de travailleurs et que toute décision doit être prise avec prudence. De son côté, M. Kingston espère que la rhétorique accrue des dernières semaines ne mènera pas à une rupture définitive. Il insiste sur la nécessité de reprendre les discussions pour éviter un cycle de représailles qui affaiblirait les deux économies. Les deux représentants soulignent que l'industrie automobile nord-américaine doit rester unie pour faire face à la concurrence mondiale.

Ce que ça pourrait changer

Les tensions commerciales s'inscrivent dans un contexte politique tendu. Donald Trump, lors de son second mandat, a multiplié les déclarations hostiles envers le Canada, allant jusqu'à renommer symboliquement le lac Ontario en *lac d'Amérique*. Les États-Unis, qui accusent le Canada de profiter de l'*ACEUM* sans réciprocité, menacent de doubler les tarifs douaniers dès le début de 2027. Cette mesure toucherait directement les constructeurs automobiles canadiens, comme General Motors ou Honda, qui emploient des milliers de personnes en Ontario. Les négociations, déjà fragiles, risquent de s'envenimer si aucun compromis n'est trouvé. Les acteurs industriels canadiens appellent à la prudence, rappelant que toute décision aura des répercussions économiques majeures. Le Canada doit ainsi trouver un équilibre entre la défense de ses intérêts et la préservation de sa relation commerciale avec son principal partenaire.

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